Le gouvernement israélien a approuvé le plan de construction dans la zone E1. Un plan controversé, vu par les Palestiniens comme un moyen d’empêcher toute création d’État.
Qu’est-ce que la zone E1 ?
La zone dite E1 (pour East-1) est un triangle de collines d’environ 12 km² à l’est de Jérusalem, en Cisjordanie, situé à l’ouest de la colonie israélienne de Ma’ale Adumim. Elle abrite des communautés bédouines — dont Khan al-Ahmar — et un quartier général de la police israélienne. Son aménagement est controversé depuis les années 1990, car il créerait une continuité urbaine juive entre Jérusalem et Ma’ale Adumim.
Ce que prévoit le plan
Le projet E1 vise la construction de 3 400 à 3 412 logements et des infrastructures (voirie, équipements publics) destinés à rattacher de facto Ma’ale Adumim à Jérusalem. Fin août 2025, des étapes clés ont été franchies : le ministre des Finances Bezalel Smotrich — qui supervise aussi la planification civile en Cisjordanie — a annoncé l’approbation du schéma par des instances de Défense/planification, en le présentant comme un moyen de « mettre fin à l’idée d’un État palestinien ». Des médias israéliens évoquent 3 412 unités approuvées par le comité supérieur de planification de l’Administration civile.
Pourquoi Israël le défend
Côté israélien, E1 est présenté comme un maillon sécuritaire. Il s’agit de consolider la « ceinture » orientale de Jérusalem et la profondeur stratégique entre la capitale et le désert de Judée. C’est aussi un lien de continuité entre une grande ville israélienne (Ma’ale Adumim, 40 000 hab.) et Jérusalem. Enfin, c’est un aménagement sur des terres d’État avec des espaces verts réservés, accompagné de routes de contournement permettant — selon ses promoteurs — la circulation palestinienne nord-sud.
Les critiques : fragmentation territoriale et droit international
Pour les Palestiniens et la plupart des capitales étrangères, bâtir à E1 couperait la Cisjordanie en deux, isolerait Jérusalem-Est du reste du territoire palestinien et porterait un coup majeur à toute solution à deux États. L’UE, le Royaume-Uni, l’ONU et de nombreux États ont dénoncé l’avancée du projet en août 2025, rappelant que les colonies en Cisjordanie sont considérées comme illégales au regard du droit international.
Concrètement, E1 créerait un verrou entre les bassins de Ramallah (au nord) et Bethléem / Hébron (au sud). Même avec des « routes de contournement », urbaniser E1 rigidifierait les flux palestiniens et compliquerait le tracé d’une frontière négociée autour de Jérusalem.
Les communautés bédouines en première ligne
Le plan mettrait aussi sous pression des hameaux bédouins (Jahalin) comme Khan al-Ahmar, déjà visés par des ordres de démolition / relocation. Cela engendrera des déplacements forcés.
Où en est-on exactement ?
Après des décennies de gel et de relances, l’été 2025 a marqué une accélération : annonces ministérielles, réunions du comité de planification, et (selon les sources) approbations finales ou quasi-finales pour 3 400 k logements. Certaines procédures techniques peuvent encore s’échelonner (traitement d’objections, appels, appels d’offres), mais le cap politique est clairement fixé par le gouvernement actuel.