Livre. OFCE. L’économie européenne 2021

30 juin 2021

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Livre. OFCE. L’économie européenne 2021

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Quel est l’état de l’économie européenne au sortir de la crise du covid et du confinement ? Une étude de l’OFCE permet d’élaborer quelques pistes.

La pandémie du Covid – 19  a  frappé  l’ économie européenne comme jamais elle ne l’avait été  depuis la crise  de 1929  ou la   Seconde Guerre mondiale, et a impacté de manière inégale chacun des pays européens. Ainsi le PIB a reculé au cours du 1er  semestre 2020  “uniquement”   de 3,7% en  Finlande, mais  de 13,7% en Espagne et  12,4% en France. Au-delà de ces chiffres bruts c’est la répartition sectorielle qui  importe,  car si l’hébergement-restauration qui a le plus souffert, représente  7% de la valeur ajoutée en Espagne, en Allemagne il ne représente  que  1,5%. 

Fidèle à son image, l’UE  a réagi  avec retard, mais a fini par  faire preuve de solidarité en adaptant la facilité pour la reprise  et la résilience. Dotée de 750 milliards d’euros, une manne  significative, mais qui fait pâle figure aux côtés de quelque 3000 milliards de dollars envisagés par les divers plans  Biden. De son côté la BCE n’a pas ménagé ses efforts en octroyant un  refinancement aux banques,  en procédant à des achats d’actifs. Ces différentes mesures ont ainsi fait passer le bilan de l’Eurosystème  de 4700 milliards  d’euros en février 2020 à 6900 milliards  en décembre 2020, soit une hausse de 18% de PIB de zone euro de l’année 2019,  ce qui correspond à peu près à la hausse de l’endettement de la  France avec un bond de 5,8% en 2021. Mais l’économie française resterait l’une des plus impactées, sondéficit public pourrait atteindre 9,4% du PIB en 2021, contre 8,5% prévu initialement. Quelle trace laissera la pandémie sur la croissance économique française ? 

Si l’on prend la période qui s’étend du quatrième trimestre 2019 à la fin 2021, on constate que sa performance devrait se situer dans une position intermédiaire. Alors que l’Espagne et l’Italie accuserait une chute du PIB de 2%, la France limiterait la casse avec -0,9%. Mais le Royaume-Uni ferait désormais mieux avec une baisse de seulement 0,2%, quand l’Allemagne parviendrait à progresser de 0,6%. Loin devant, les États-Unis afficheraient  + 4, 8%. 

Pour mieux appréhender l’impact direct de la pandémie, l’OCDE a également comparé sa projection actuelle du niveau du PIB au quatrième trimestre 2022 à celle qu’elle escomptait avant le début de la crise sanitaire. C’est l’Espagne qui accuse la révision la plus marquée avec -3,3%. La France subit, quant à elle, une baisse de 1,5%, contre 1,1% pour le Royaume-Uni et l’ensemble de la zone euro en moyenne. L’Italie, qui connaissait déjà une croissance molle, affiche une baisse limitée à 0,5%. L’Allemagne et les États-Unis s’en sortent le mieux, avec de légères hausses respectives de 0,1% et 0,3%. Malgré le quoi qu’il en coûte, l’économie française aura donc été durement éprouvée par la pandémie. Dans  ce volume, concis et documenté divers sujets clés sont abordés, comme le marché du travail malade de la Covid 19, télétravail, impact sur les travailleurs non-salariés, différents modules de  chômage partiel qui ont préservé la relation d’emploi. On trouvera également un bel article sur le Green Deal. 

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Par ailleurs on sait que le vieillissement de l’Europe l’a rendu particulièrement vulnérable, puisque 95% des personnes décédées avaient plus  de 60 ans. Toutes ces données sont relativement bien connues, par contre ce qui l’est moins  et qui prend du temps  est de mesurer  les conséquences sociales  (faillites  d’entreprises, pertes d’emploi,  entrée en pauvreté, etc.) qui pourraient être lourdes à moyen terme, appelant à un véritable bilan approfondi. On retiendra enfin la proposition  avancée par l’OFCE de fusionner le Centre européen  de prévention et de contrôle  des maladies ( ECDC)  et l’ Agence européenne  des médicaments (EMA), en une agence européenne unique. Finalement la crise a permis à la gouvernance européenne de progresser, ce qu’elle n’était pas parvenue à faire lors de la crise financière  et de  l’euro de 2008–2010. Il reste à savoir si ce sursaut sera maintenu et enrichi.

À propos de l’auteur
Eugène Berg

Eugène Berg

Eugène Berg est diplomate et essayiste. Il a été ambassadeur de France aux îles Fidji et dans le Pacifique et il a occupé de nombreuses représentations diplomatiques.
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