En France, la police municipale dispose d’un armement varié, dont l’usage est strictement encadré par la loi. Contrairement aux forces de sécurité de l’État, les policiers municipaux n’ont pas vocation à intervenir en premier sur des situations de criminalité lourde, mais à assurer une mission de sécurité de proximité, de prévention et de maintien de l’ordre local. L’équipement qui leur est autorisé reflète cette logique graduée de l’usage de la force.
Les revolvers et pistolets constituent l’armement létal le plus élevé auquel un policier municipal peut être autorisé. Ils sont destinés à faire face à des situations de danger grave et imminent, lorsque la vie de l’agent ou d’autrui est menacée. Leur port est soumis à une décision du maire, à une autorisation préfectorale, ainsi qu’à une formation initiale et continue obligatoire. Ces armes sont rarement utilisées, leur simple présence relevant aussi d’un effet dissuasif dans certains contextes urbains sensibles.
Les pistolets à impulsions électriques (communément appelés tasers) appartiennent à la catégorie des armes à létalité réduite. Ils permettent de neutraliser temporairement une personne en provoquant une contraction musculaire par impulsion électrique. Leur objectif est d’immobiliser un individu violent ou dangereux sans recourir à une arme à feu. Leur usage est très encadré, car ils peuvent présenter des risques médicaux, notamment sur des personnes fragiles. Ils sont principalement utilisés lors d’interpellations complexes ou de situations de refus d’obtempérer.
Les lanceurs de balles de défense (LBD) tirent un ou deux projectiles non métalliques à une distance intermédiaire. Ils visent à neutraliser un individu à distance lorsqu’un contact physique serait trop risqué pour les agents. Présentés comme une alternative à l’arme à feu, les LBD font l’objet de nombreuses controverses, en raison des blessures graves qu’ils peuvent provoquer en cas de tir mal maîtrisé ou de non-respect des règles d’engagement. Leur usage impose une formation spécifique et une traçabilité stricte.
Les matraques, qu’elles soient fixes ou télescopiques, et notamment le tonfa, sont des armes de contact. Elles servent à la défense rapprochée, à la dissuasion et au contrôle physique lors d’interpellations. Le tonfa, par sa forme particulière, permet à la fois de bloquer des coups, de maintenir une personne au sol et de protéger l’agent. C’est l’un des équipements les plus répandus, car il correspond bien aux missions quotidiennes de police de proximité.
Les bombes lacrymogènes sont des armes chimiques incapacitantes. Elles diffusent un agent irritant provoquant une gêne respiratoire, des larmoiements et une désorientation temporaire. Leur rôle est de neutraliser ou disperser sans contact direct, notamment face à des individus agressifs ou à de petits attroupements. Elles sont considérées comme des armes de dernier recours intermédiaire, avant un engagement physique ou l’usage d’armes plus puissantes.
Enfin, les projecteurs hypodermiques occupent une place très particulière dans l’arsenal municipal. Ils ne sont pas destinés aux interventions sur des personnes, mais à la capture d’animaux, souvent errants ou dangereux. Ils permettent de projeter un sédatif à distance afin d’endormir un animal sans le blesser, notamment en milieu urbain ou périurbain. Leur usage est strictement limité à ce cadre spécifique.
L’ensemble de ces équipements illustre une logique de gradualité dans l’usage de la force. La police municipale est appelée à intervenir sur des situations très diverses, allant de la simple surveillance à des contextes plus tendus, sans pour autant se substituer aux forces nationales. L’armement autorisé traduit donc un équilibre délicat entre protection des agents, sécurité du public et respect des libertés, équilibre qui continue d’alimenter le débat politique et sociétal sur le rôle exact de la police municipale en France.











