Cuba peine à rétablir son réseau électrique faute de carburant

12 juillet 2026

Temps de lecture : 3 minutes

Photo : Cuba (c) Conflits

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Cuba peine à rétablir son réseau électrique faute de carburant

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Le rétablissement du réseau électrique avance lentement à Cuba après une nouvelle panne générale, la deuxième en moins d’une semaine, faute de carburant.

Il s’agit de la quatrième coupure générale en moins de six mois et la neuvième depuis fin 2024, sur une île qui dépend à 90 % des hydrocarbures importés pour son électricité.

La Havane impute la crise au « blocus pétrolier » imposé par Washington depuis janvier, sur fond de tensions ravivées par la capture de Nicolás Maduro.

Par Jordane Bertrand, La Havane, Cuba

Le rétablissement du réseau électrique avance lentement samedi à Cuba après une nouvelle panne générale, la deuxième en moins d’une semaine, en raison notamment du manque de carburant dû au blocus pétrolier américain.

Plus de 24 h après la panne qui a conduit à une déconnexion totale du réseau vendredi, à peine 12 % des foyers de La Havane (1,7 million d’habitants) ont retrouvé du courant en début de soirée samedi, a indiqué la compagnie nationale d’électricité (UNE) sur X. À la mi-journée, ils étaient 7 %.

Félix Estrada, dirigeant de l’UNE, a déclaré à la télévision cubaine qu’une « chute partielle du système » survenue dans la nuit de samedi avait obligé les équipes à recommencer les travaux de rétablissement. « Le rétablissement se fait progressivement dans la mesure où les conditions le permettent », a précisé la compagnie.

Il s’agit de la quatrième coupure électrique générale en moins de six mois et la neuvième depuis fin 2024 sur l’île qui compte 9,6 millions d’habitants.

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Alors que la chaleur de l’été tropical s’abat sur le pays, les habitants ne cachent pas leur lassitude et leur impuissance.

« Que puis-je faire ? Je ne peux rien faire, m’adapter pour continuer à vivre dans ce pays, malheureusement. Je ne peux plus rien faire », se lamente auprès de l’AFP Eneyda Gomez, une retraitée de 71 ans.

« On a déjà atteint un niveau de stress insupportable, intenable, la population n’en peut plus », renchérit Pedro Martinez, 63 ans, qui ne voit pas de « solutions à moyen et à court terme ».

Pour autant, il ne pense pas que les pressions américaines vont provoquer un soulèvement sur l’île où des manifestations antigouvernementales, historiques par leur ampleur, avaient eu lieu il y a tout juste cinq ans, le 11 juillet 2021.

« Il est peu probable qu’il y ait une explosion sociale à Cuba », dit-il. « Ce peuple qui aujourd’hui, dans chaque foyer, cherche à résoudre son problème comme il peut. Je doute vraiment qu’il se soulève pour de bon », ajoute-t-il.

La déconnexion du réseau s’est produite vendredi après-midi en raison d’une panne dans le centre de l’île, deux jours après que la compagnie électrique avait réussi à reconnecter le réseau à la suite d’une précédente coupure générale, lundi.

Cette nouvelle panne « survenue à quelques jours d’intervalle seulement (de la précédente) aggrave les tensions dans le processus de rétablissement », a reconnu samedi sur X le président Miguel Diaz-Canel, qui a qualifié la situation de « très complexe en raison du blocus pétrolier génocidaire » qu’impose Washington depuis janvier.

Plus vulnérable aux pannes

Selon la compagnie électrique, la pénurie de carburant rend non seulement le réseau électrique plus vulnérable aux pannes, mais ralentit également les travaux de rétablissement en empêchant l’utilisation de générateurs de secours qui fonctionnent avec du diesel importé.

Depuis janvier, Washington n’a autorisé l’arrivée en mars que d’un seul pétrolier russe chargé de 100 000 tonnes de pétrole brut. Ces réserves sont depuis épuisées.

Le réseau électrique cubain subit régulièrement des coupures générales ou partielles en raison de la vétusté des infrastructures et de la pénurie de carburant, aggravée par les sanctions américaines.

Cette situation provoque des délestages incessants qui atteignent désormais plus de 30 heures d’affilée à La Havane et plusieurs jours en province, malgré un vaste programme de construction de parcs solaires lancé il y a deux ans dans l’île en proie à une grave crise économique.

Les habitants expriment régulièrement leur exaspération en manifestant de façon sporadique dans les quartiers les plus affectés, en mettant le feu à des tas d’ordures ou en tapant sur des casseroles.

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Les relations entre les États-Unis et Cuba se sont considérablement tendues depuis le début de l’année, notamment après la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro, un allié du gouvernement cubain.

Outre le blocus pétrolier, Washington a édicté une batterie de sanctions contre des entreprises et des dirigeants cubains, asséchant les rentrées de devises et mettant en péril le secteur touristique.

Donald Trump estime que l’île communiste, située à 150 kilomètres des côtes de Floride, constitue « une menace extraordinaire » pour la sécurité nationale des États-Unis. Il a plusieurs fois averti qu’il pourrait en « prendre le contrôle ».

Les deux pays sont en difficiles pourparlers. Fin juin, le chef de la diplomatie cubaine, Bruno Rodriguez, a reconnu qu’il n’y avait « aucun progrès » dans les négociations en cours.

© Agence France-Presse

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