Forum de Bamako : préparer la paix, préparer l’avenir

13 janvier 2020

Temps de lecture : 11 minutes
Photo : Abdoullah Coulibaly, Point presse du Medef et Medef International consacré à l'Afrique, COP 22 la réunion France-Afrique, 09/11/2016, Paris, sommet Bamako © Romuald MEIGNEUX/SIPA
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Forum de Bamako : préparer la paix, préparer l’avenir

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Dépasser les guerres et les conflits, préparer la paix et l’avenir, déceler les pistes de développement possibles au Mali et dans la bande sahélienne. Telles sont les objectifs développés par le forum de Bamako, qui fête ses vingt ans en 2020. Entretien avec son fondateur, Abdoullah Coulibaly.


 

Abdoullah Coulibaly est Président fondateur de l’Institut des Hautes Études en Management du Mali (IHEM) et du Forum de Bamako.

Le forum a été créé il y a dix-neuf ans. Notre objectif était de faire de la recherche sur les perspectives du continent. La clef de tout dans la vie, c’est la connaissance, et pour connaître les choses, il faut la recherche. D’où l’idée de réunir régulièrement, des acteurs du monde et de l’Afrique pour réfléchir sur des sujets d’intérêts communs à l’Afrique et au reste du monde. Et ce qui est le plus important de proposer des solutions. Ainsi, faire du Forum de Bamako, une force de proposition. Pour se positionner dans le monde, il faut savoir comment le monde évolue et quelles sont les grandes tendances.

Ainsi, entre autres, le Forum a déjà traité de sujets importants pour le continent, comme l’agriculture, l’industrialisation, la démographie, l’urbanisation, l’éducation, la gouvernance, les privatisations etc … Donc beaucoup de sujets qui intéressent les perspectives de développement de l’Afrique. Pour la 20e édition prévue du 20 au 22 Février 2020, le thème choisi est : « Quelle Afrique à l’horizon de 2040 ? ». À cette occasion, nous allons nous projeter dans le futur pour préparer l’Afrique à l’évolution du monde.

Notre Vision à l’horizon 2040, est une Afrique apaisée et intégrée, une Afrique devenue, un espace d’échanges, un haut lieu de métissage culturel et de métissage de compétences, où il fera bon vivre. Mais aussi, une Afrique où des millions de femmes et de jeunes sauront créer des richesses et du travail ; Dans cette Afrique avec des perspectives pour la jeunesse, il n’y aura plus d’insécurité, une dynamique de paix règnera. Comment y parvenir ? Première porte d’entrée : la gouvernance territoriale. La démographie et l’impact du changement climatique entrainent des pressions sur le foncier notamment sur les terres arables. Cela crée des conditions de tensions dans le monde rural singulièrement entre agriculteurs et éleveurs. En Afrique, une grande partie de la population vit dans les zones rurales où il y a beaucoup de pauvreté et d’inégalité. Pour sortir l’Afrique de la pauvreté, et réduire les inégalités, il faut œuvrer à la création des conditions de fortes croissances économiques consécutives seules à même d’assurer et de garantir l’augmentation du pouvoir d’achat des populations. Pour ce faire, l’Afrique pourrait bien s’inspirer des exemples des pays d’Asie, et notamment de la Chine. Ce pays a pu améliorer sa productivité agricole à travers l’utilisation des nouvelles technologies. L’excédent produit étant transformé dans les zones industrielles construites grâce à l’accompagnement des investissements directs étrangers. À travers cette transformation, la Chine a pu réduire la pauvreté dans le monde rural et contribué à l’émergence d’une classe moyenne. C’est à travers une démarche similaire d’industrialisation que l’Afrique parviendra à réduire les inégalités et donner du travail et du pouvoir d’achat à des millions de femmes et de jeunes.

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Nous considérons que le premier facteur d’insécurité, c’est le chômage et le manque de perspectives. Quand les jeunes ont un travail, ils sont moins sensibles aux sirènes de l’extrémisme religieux et aux sollicitations des trafiquants de tout bord. D’où l’importance de l’industrialisation prenant en compte nos réalités socio-économiques. Mais cela nécessite des financements importants.

Ainsi au cours du prochain 20e Forum de Bamako, l’accent sera mis sur les besoins de financement du développement. Parmi les sources de financement, des réflexions seront portées entre autres sur l’apport de la diaspora, les Partenariats Publics-Privés (PPP), et les financements alternatifs structurants et innovants. Nous discuterons également des profondes mutations en cours du Franc CFA, y compris la prochaine création de l’ECO adossé à l’Euro ou à un panier de devises à définir.

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Vous pensez que ce serait mieux qu’il n’y ait pas de franc CFA et que chaque pays ait sa monnaie ?

 Non, l’idée n’est plus que chaque pays ait sa monnaie, c’est qu’il y ait un grand ensemble avec une monnaie commune. Mais que cette monnaie commune dont il faut revoir la gouvernance. Par exemple, beaucoup d’intellectuels africains contestent le fait de déposer auprès du trésor français, dans un compte d’opération, 50% des réserves de change des banques centrales de l’Union Économique et Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA), de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) et des Comores. Il y a aussi des mécanismes de fonctionnement de cette monnaie qui sont aujourd’hui remis en question.

Vous avez parlé de la diaspora africaine. Pensez-vous qu’elle puisse jouer un rôle dans le financement du développement de l’Afrique ? Cette diaspora est composée de nombreuses personnes éduquées et formées, autant de qualification qui manque à l’Afrique et qui serait utile pour le développement des pays. Pensez-vous que les gouvernements pourraient favoriser le retour de ces personnes (notamment les médecins) pour qu’elles contribuent à l’essor de leurs pays ?   

 En général, les diasporas envoient beaucoup d’argent dans leur pays d’origine. Il est dit que l’argent envoyé par la diaspora est plus important que le montant de l’aide au développement. Pour nous, il est important de mieux structurer cet apport de la diaspora, notamment pour financer les investissements sur le continent. Ce serait toujours bon d’émuler les meilleures pratiques en la matière, notamment le rôle de la diaspora dans l’émergence des pays comme l’Inde et la Chine. Personnellement, je pense que l’institutionnalisation de l’aide au développement n’a pas répondu à toutes ses attentes en Afrique. Raison pour laquelle, après plus d’un demi-siècle, sous l’empire de cette forme d’appui, les pays africains restent toujours au creux de la vague des classements mondiaux, de lutte contre la misère.

Avec sa culture métissée, sa rigueur professionnelle, et son expertise acquise, la diaspora pourrait devenir un levier de changements et servir de passerelle des connaissances et des meilleures pratiques entre leur continent d’accueil/de résidence et l’Afrique. Donc la diaspora peut et doit servir de levin d’innovations et de ponts entre ces deux mondes.

Personnellement, je pense que l’Afrique et l’Europe ont un destin commun, car l’Afrique est la profondeur de l’Europe. Aujourd’hui, l’Europe qui est vieillissante dispose de technologies, de savoir-faire, l’Afrique qui a une population jeune, a beaucoup de ressources minières, d’énormes terres arabes, mais elle est très peu développée. Voilà pourquoi je pense que nous devons nous donner la main, car à l’Afrique, est pour moi la zone d’expansion économique de l’Europe. Si nous travaillons en équipe, en bonne intelligence, et dans un esprit de complémentarités, on va donner de meilleures perspectives aux jeunes africains qui n’auraient plus aucun intérêt à aller squatter en Europe. Par la même occasion, beaucoup de talents en Europe vont trouver du travail en Afrique. Ce faisant contribuer à la réduction du chômage et au financement des retraites en Europe. Par la même occasion, on va inverser le flux migratoire. Voilà pourquoi, j’insiste sur la nécessité de construire des ponts entre les deux continents, de préférence à l’érection de murs.

Quels pourraient être les axes pour lutter contre l’islamisme et l’éradiquer ?

 L’une des premières approches pour lutter contre l’islamisme serait de créer des conditions de justice, d’équité et de permettre aux populations africaines vulnérables d’avoir un minimum de bien-être.

C’est l’injustice et le manque de perspectives qui poussent ces groupes sociaux vivant avec moins de 1 dollar par jour dans les griffes de l’islamisme et l’extrémisme violents. La pauvreté, la précarité et le désespoir aussi contribuent à nourrir la radicalisation. Les djihadistes conscients de ces défis majeurs, sillonnent le monde rural pour offrir gracieusement des soins de santé, d’éducation, de nourriture, voire de véritables filets de protection et de sécurité sociale aux populations désœuvrées et démunies. La première solution pour empêcher cela, c’est de combattre l’injustice, la corruption ; créer de l’emploi singulièrement pour femmes et les jeunes. En un mot, pour éradiquer l’extrémisme, il faut placer la BONNE GOUVERNANCE au cœur de toute politique de développement. Plusieurs études de la BAD, de la Banque mondiale soulignent les énormes richesses dont regorge l’Afrique. L’Afrique est un continent riche, et à fortes potentielles. Notre pauvreté est tout seulement comportementale. Donc si les gens changent de comportement, qu’il y a plus de transparence et de rigueur dans la gestion, on peut créer un bien-être pour la population.

Comment peut-on éradiquer l’idéologie islamique ? Car l’idéologie va au-delà des questions matérielles, elle touche les esprits et les idées.

 Quand je viens en France, je vois de plus en plus de jeunes filles issues de l’immigration qui commencent à se voiler, alors que leurs mères ne s’étaient jamais voilées. Pour elles, c’est devenu une sorte de refuge, car elles ont l’impression d’être ostracisées, marginalisées, et les djihadistes profitant de ce contexte de frustration, s’approchent de ces jeunes pour leur porter assistance et attention. Voilà comment beaucoup de jeunes sont accaparés par les islamistes qui dans une seconde phase, les plongent dans la radicalisation.

Dans le cas de mon pays, le Mali , les wahhabites ont commencé à s’implanter en aidant des groupes d’acteurs à faire du commerce, à travers notamment l’octroi de fonds de commerce ou de facilité d’acquisition de marchandises. Et quand les populations vulnérables à très faible revenu ont vu que tous ceux qui étaient avec les wahhabites ont commencé à prospérer dans le commerce, le cercle s’est agrandi. Donc les raisons sont aussi matérielles, dans le cas du Mali.

Dans d’autres cas, les djihadistes procèdent à l’octroi de dons de produits de premières nécessités telles que des sacs de sucre, de riz, des bidons d’huiles. Cela a contribué à attirer les populations démunies autour de ces généreux donateurs, qui en ont profité pour les embrigader par vagues successives. Voilà pourquoi, j’affirme que la pauvreté, le manque de perspectives et la marginalisation sont les principales raisons qui poussent les populations dans l’islamisme. Donc la meilleure façon d’éradiquer l’idéologie islamique est de s’attaquer aux sources des problèmes susmentionnés

Le jour où les conditions de forte croissance économique seront réunies, la misère diminuera, et les difficultés seront moindres, la majeure partie des jeunes populations embrigadées ne croiront pas en l’idéologie djihadiste.

Dans le cas du Sahel, l’autre élément important des sources de conflit, c’est le trafic de drogues, de cigarettes, d’armes et maintenant le trafic d’êtres humains. Dans cela, il y a une segmentation de l’activité entre certaines couches de la population qui sont des trafiquants et de certains djihadistes qui, eux, assurent la sécurité des convois.

Le numéro 24 de Conflits a justement traité des questions de criminalité et de mafias, et notamment de la criminalité en Afrique, où l’on voit un accroissement du trafic de drogue. La Guinée est un État gangrené par les mafias et la criminalité, et il y a aussi une diffusion de drogues produites sur place. C’est aussi un fléau qui est en train de se développer.

 Avant, la drogue passait de l’Amérique latine vers l’Amérique du Nord. Quand les Américains ont commencé à être plus stricts, la drogue a commencé à passer par les côtes ouest-africaines.

Dans le cas des conflits au Nord Mali, chaque fois que l’on veut amener les communautés à faire la paix, la seule condition que les populations locales demandaient aux facilitateurs c’était de démilitariser la zone. Ce qui favorise la création NO man’s land C’est dans ces conditions qu’il y a eu l’épisode Air Cocaïne : un avion qui a quitté un pays d’Amérique Latine pour atterrir dans le désert malien avec dix tonnes de drogues qui se sont volatilisées.

Cette drogue n’est pas consommée sur place, elle emprunte généralement les routes de l’Europe en passant entre autres, par les côtes méditerranéennes. Maintenant hélas, la drogue commence à faire des dégâts au niveau de la jeunesse. Les narcotrafiquants ont diversifié leurs routes, et maintenant ils infectent le sahel. Imaginez un citoyen qui gagne à peine 50€ par mois, tout d’un coup avec une opération, il gagne 10 000€, ça fait que beaucoup de jeunes et surtout  de responsables qui ne gagnent pas grand-chose, sont devenus achetables.

La drogue pervertit également la vie politique. La démocratie, c’est un homme une voix. Quand les gens sont peu éduqués et pauvres, au moment des élections, leurs voix sont monnayées à travers des dons de cadeaux et ou d’argent. Ainsi celui qui a le plus d’argent a plus de chance de gagner les élections. Le risque majeur de cette dynamique, c’est qu’un jour, un voleur, ou un narcotrafiquant pourrait, si on n’y prend pas garde, briguer un poste électif, voire la magistrature suprême, et se faire élire avec l’argent de la drogue. Cela est déjà arrivé dans un pays d’Amérique Latine.

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Au Mali, il y a plusieurs peuples qui existent, les peuls et les Touaregs notamment, comment est-ce que vous pensez la cohabitation entre ces différents peuples, pour éviter qu’il y ait des affrontements entre eux ?

 Dans le prochain forum, sera traité à fond ce que nous appelons la « gouvernance territoriale ». Quand un pays est vaste, il faut éviter la centralisation de la gestion administrative, il faut responsabiliser les gens dans leur territoire, leur localité administrative.

Dans le cas d’un pays aussi vaste que le Mali, presque 2 fois la taille de la France, je pense que, quand le pays a accédé à l’indépendance, les nouvelles autorités dans leur quête de consolider l’union et l’unité dans le pays, ont privilégié la centralisation. Cette approche a maintenant atteint ses limites. De nos jours, il s’agit de reconnaitre la diversité et de prendre en compte les besoins des populations dans leurs localités. L’absence de cette prise en compte avait amené le sentiment de frustration et de révolte à répétition. Dans le cas du conflit entre Peuls et dogons, nous sommes encore au cœur de la problématique de la gouvernance territoriale. Aujourd’hui, avec la croissance démographique, il y a une pression énorme de la population sur les terres, donc les populations commencent à construire sur les rares terres arabes. Par ailleurs, du fait du changement climatique, les zones de production et les zones de pâturage diminuent. Par conséquent, les éleveurs (qui sont les Peuls en général) à la recherche de pâturage, se déplacent avec leurs troupeaux et viennent sur les terres des sédentaires généralement des dogons dans le centre du pays. Voilà comment le conflit a commencé.

Il est important de souligner que dans cette région, il y a des mariages entre peuls et dogons depuis des siècles. Pendant longtemps, ces deux groupes ethniques cohabitent harmonieusement. Mais le changement climatique conjugué à la forte croissance démographique est la principale cause du conflit entre les communautés. Maintenant, pour ce qui concerne les Touaregs, pourquoi c’est différent ? Cette communauté vit essentiellement dans une zone qui est plus au Nord, dans le désert, avec un mode de vie nomade qui est totalement différent du mode de vie des populations sédentaires du Sud. Ce sont des zones où il y a trois ou quatre habitants au kilomètre carré. Et comme ce sont les nomades qui se déplacent constamment avec leurs troupeaux, l’État central a été obligé de créer des écoles qui se déplacent avec les campements. Comme le pays est vaste, l’État n’était pas présent dans toutes les localités. Un jour, un de mes amis Touaregs, qui est membre du forum du Bamako, m’a dit : « Il y a des localités chez nous, dans le nord, où la population peut faire une année sans voir un représentant de l’État ». D’où le sentiment d’abandon, tout gérer depuis la capitale est impossible. Voilà pourquoi il faut responsabiliser les pouvoirs locaux tout en leur dotant de ressources financières adéquates. Ce qui n’a pas toujours été le cas. Très souvent, on a décentralisé sur les papiers, sans décentraliser les ressources financières.

L’autre élément, c’est qu’avant l’indépendance, les chefferies traditionnelles existaient et travaillaient en bonne intelligence avec l’administration coloniale. À l’indépendance, considéré comme des collaborateurs, ils ont été marginalisés, ce qui a beaucoup fragilisé l’État. L’État central étant très loin, les gens sont livrés à eux-mêmes. Et c’est pour cela qu’en partenariat avec le Ministère de l’Administration Territoriale, nous allons durant les travaux du 20e forum, travailler sur la gouvernance territoriale.

Par ailleurs, au cours du prochain Forum de Bamako, le cas de la régionalisation au Maroc sera présenté comme un des modèles à émuler.

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Sur la jeunesse et la croissance démographique, comment voyez-vous le Mali par rapport à sa population dans vingt ans, en 2040 ? Est-ce que vous pensez que la population va continuer à augmenter ? Se stabiliser ?

 Je pense que jusqu’en 2040, il y aura une croissance de la population, mais elle sera moindre, parce que tout simplement, de plus en plus, les gens seront mieux éduqués, il y a déjà beaucoup de programmes pour sensibiliser les hommes et les femmes dans la limitation de la naissance. La clef pour maîtriser le processus de croissance démographique, c’est l’éducation. Raison pour laquelle, la première chose que font les djihadistes dans les localités qu’ils attaquent, c’est de fermer les écoles. Ils chassent les enseignants. Il faut donc que rapidement les écoles rouvrent pour amplifier la dynamique d’éducation. Parallèlement, il faut produire plus pour nourrir la population, et transformer l’excédent à travers l’industrialisation. Ainsi, les gens vont avoir un travail et un pouvoir d’achat. Sans cela, ça, la jeunesse deviendra une bombe sociale.

Voilà pourquoi dans la dynamique de transformation structurelle de l’économie, nous mettons l’accent sur l’industrialisation. Pour ce faire, nous allons nous tourner vers l’Occident qui dispose et de la technologie et des financements. Je le répète, l’Afrique est la zone d’expansion économique de l’Europe, nos destins sont liés. Si on procède ainsi, demain, on va inverser les flux migratoires.  Car on donnera du travail aux jeunes en Afrique, et ces jeunes mieux éduqués feront moins d’enfants, auront plus de pouvoir d’achat. Ainsi, ils n’iront en Europe que pour les vacances et ou les formations. Puis reviendront en Afrique, où ils vivront heureux. Ils seront comme moi, toujours pressé de revenir au Mali, parce que j’y suis bien. Voilà pourquoi je suis optimiste.

 

À propos de l’auteur
Jean-Baptiste Noé

Jean-Baptiste Noé

Docteur en histoire économique (Sorbonne-Université), professeur de géopolitique et d'économie politique à l'Université catholique de l'Ouest (Angers) et à l'Institut Albert le Grand (Lyon). Rédacteur en chef de Conflits.
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