Au cinéma – L’inconnue

1 septembre 2026

Temps de lecture : 2 minutes

Photo : Cinéma (c) Conflits

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Au cinéma – L’inconnue

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  • Troisième film d’Arthur Harari, réalisateur révélé par Onoda (2021) : l’adaptation de sa propre bande dessinée.

  • Un photographe de banlieue (Niels Schneider) suit une inconnue (Léa Seydoux) — et se réveille dans son corps.

  • Un conte fantastique aux accents borgésiens, buñueliens et lynchéens : dur, âpre et long, réservé aux cinéphiles.

Un film d’Arthur Harari (2026), avec Niels Schneider et Léa Seydoux.

Il s’agit du troisième film, en tant que réalisateur, d’Arthur Harari, qui s’est fait connaître en cette qualité par l’intéressant Onoda, 10 000 nuits dans la jungle (2021), fresque guerrière relative au célèbre « dernier soldat » japonais retrouvé aux Philippines dans les années 1970. Ensuite, il a co-signé le scénario de l’assez faible Palme d’or 2023 (Anatomie d’une chute) et campé Georges Kiejman dans Le Procès Goldman (2023 également).

Cette troisième œuvre, qui adapte une bande dessinée du propre réalisateur, narre l’expérience de David Zimmerman qui, poursuivant le travail de son père suicidé à trente ans, photographie des recoins de la banlieue parisienne choisis sur la base de cartes postales anciennes, afin de comparer les lieux et de contempler le passé et ce qui a disparu. On verra que ces questions traversent tout le récit. Le quelque peu sombre et falot photographe de quarante ans (Niels Schneider) aperçoit une femme au cours d’une soirée (Léa Seydoux) et se met à la suivre. Ils forniquent et, quelques heures plus tard, il se réveille dans le corps de cette inconnue.

Ce qui pourrait n’être qu’un prodige fantastique devient alors une enquête intime : qui est-elle, et que reste-t-il de soi lorsque le corps vous échappe ? Mais la situation est encore compliquée – et le récit rendu plus intéressant – par une seconde métempsycose : l’avatar de David fait à son tour l’amour à une jeune femme de 27 ans au cours d’un festival, qui est alors elle-même aspirée par l’enveloppe charnelle du photographe. Elle disparaît donc sous sa forme originelle et est, partant, déclarée disparue et recherchée.

« Que reste-t-il de soi lorsque le corps vous échappe ? »

L’œuvre se poursuit alors sur cette base borgésienne, avec des accents buñueliens voire de David Lynch, jusqu’à son dénouement final… et tragique. Le film est volontairement dur et âpre. Et il est très – trop ? – long (129 minutes). L’inconnue est dès lors réservé à un public exigeant, voire cinéphile et habitué aux films d’auteurs.

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À propos de l’auteur
Frédéric Casotti

Frédéric Casotti

Frédéric Casotti est écrivain