Chili. Une nouvelle Constitution pour éviter la révolution

18 mai 2021

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Chili. Une nouvelle Constitution pour éviter la révolution

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Le Chili est entré dans un long processus électoral pour réviser la constitution de 1980. Cette réforme cherche à mettre un terme à la crise politique effective depuis 2019. Le gouvernement veut sortir de la crise par le droit afin d’éviter des dérapages révolutionnaires qui nuiraient à la puissance économique du pays. 

 

Les 155 personnes élues ce week-end par les Chiliens feront partie d’une « convention constituante » (c’est le terme précis employé, « convención constituyente » en castillan) pour rédiger une nouvelle constitution qui remplacera celle de 1980, adoptée sous le régime d’Augusto Pinochet (1973-1990). Il ne s’agit donc pas d’une réécriture mais de l’élaboration d’un nouveau texte. Cette convention est formée d’un nombre égal d’hommes et de femmes et prévoit des places réservées pour les peuples autochtones.    

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Pour comprendre le vote de ce week-end, il faut rappeler que depuis octobre 2019 le Chili est témoin d’une grave crise sociale et politique. Afin de « canaliser » la contestation populaire, la classe politique a convoqué un référendum dans le but de savoir si la population voulait une nouvelle constitution. Ce référendum a eu lieu le 25 octobre 2020 et le résultat a été à 80 % en faveur d’une nouvelle constitution rédigée par un organe spécialement mandaté pour cela : la convention constituante. 

 

La poursuite du processus légal 

 

Le week-end du 15 et 16 mai 2021 a été la date finalement retenue pour les élections des membres de cette convention. L’élection s’est déroulée dans le calme sur deux jours en raison de la crise sanitaire. Le calendrier a été modifié à plusieurs reprises à cause de la pandémie. Ce sont surtout des candidats indépendants et de gauche (non affiliés à des partis traditionnels de la gauche qui a gouverné pendant vingt ans au Chili) qui ont été élus. Les partis traditionnels, de droite comme de gauche, sont les grands perdants de ce processus. 

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Le taux de participation a été bas : 41 %. Il aurait été préférable d’avoir un taux supérieur à 50 % pour donner plus de légitimité à un processus d’une si grande importance. 

 

La convention constituante siégera à partir de juillet 2021. Le pays lui a confié la mission d’adopter une nouvelle constitution dans un délai de 9 mois (prorogeable de 3 mois si besoin). La nouvelle constitution doit être adoptée par au moins les deux tiers des membres de la convention. La seule limite quant au contenu de la constitution est de respecter le caractère républicain du pays. À la fin du processus, ce nouveau texte constitutionnel sera soumis à un référendum. Le vote sera obligatoire.   

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Le processus chilien s’inscrit dans un mouvement global de changement institutionnel et de crise de la représentation politique. Des processus similaires de contestation populaire et de demandes de changements politiques sont en cours dans nombre de pays latino-américains.  

D’autre part, et d’une manière plus spécifique, le cas chilien est intéressant, car il montre que la croissance économique et le développement connus durant les dernières décennies, où le pays était essentiellement gouverné par la gauche, n’ont pas permis de construire un projet de société partagé par la majorité de la population. Là encore, on constate une forte rupture entre la société civile et ses dirigeants. Il est important que ce processus, qui ne fait que commencer, soit inspiré par un vrai esprit de dialogue permettant d’aboutir à de grands accords sur la vie sociale et politique. Ce serait l’attitude la plus cohérente avec l’histoire de notre pays. 

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À propos de l’auteur
Bernard Garcia Larrain

Bernard Garcia Larrain

Bernard Garcia Larrain, juriste franco-chilien, doctorant en droit.
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