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Cuba annonce la libération imminente de 51 prisonniers en signe de bonne volonté envers le Vatican, médiateur clé entre La Havane et Washington.
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Les États-Unis maintiennent un embargo énergétique sur l’île et Trump multiplie les déclarations menaçantes, évoquant une « prise de contrôle pacifique ».
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Selon Justicia11J, 760 personnes restent emprisonnées pour des raisons politiques à Cuba, dont 358 liées aux manifestations de juillet 2021.
Par Jordane Bertrand — AFP
Le gouvernement cubain a annoncé jeudi la libération « dans les prochains jours » de 51 prisonniers en signe de « bonne volonté » à l’égard du Vatican, médiateur historique entre La Havane et Washington.
L’annonce intervient alors que Washington applique un embargo pétrolier de facto contre l’île communiste et que Donald Trump multiplie les déclarations offensives à son encontre.
« Dans un esprit de bonne volonté, et dans le cadre des relations étroites et fluides entre l’État cubain et le Vatican, Cuba a décidé de libérer dans les prochains jours 51 personnes. »
Le texte, qui ne donne pas le nom des bénéficiaires, ni les raisons de leur condamnation, précise qu’il s’agit de prisonniers ayant purgé « une partie significative de leur peine » et qui ont fait preuve de « bonne conduite en détention ».
L’Église catholique a joué depuis des décennies un rôle de médiateur dans la libération de prisonniers politiques sur l’île communiste. Elle a également joué un rôle déterminant dans le dégel des relations diplomatiques entre Washington et La Havane en 2015 pendant le second mandat de Barack Obama.
Le 28 février, lors d’une tournée diplomatique en Europe, le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, a été reçu en audience par le pape Léon XIV.
Pressions
Selon l’organisation de défense des droits humains Justicia11J, basée en dehors de l’île, 760 personnes sont incarcérées à Cuba pour des raisons politiques, dont 358 pour leur participation aux manifestations historiques antigouvernementales du 11 juillet 2021.
« 760 personnes sont incarcérées à Cuba pour des raisons politiques, dont 358 pour leur participation aux manifestations du 11 juillet 2021. »
En janvier 2025, le gouvernement cubain s’était engagé auprès du Vatican à libérer 553 prisonniers, en majorité des manifestants de 2021, après le retrait de Cuba par les États-Unis de Joe Biden de la liste des « États soutenant le terrorisme ». Ce retrait avait été révoqué quelques jours plus tard par Donald Trump.
« Donald Trump a déclaré envisager une « prise de contrôle pacifique » de Cuba, assurant que le gouvernement communiste vivait « ses derniers moments ». »
Washington multiplie ces dernières semaines les pressions sur les dirigeants de l’île. Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, d’origine cubaine, a déclaré que Cuba devait « changer radicalement ».
Les États-Unis imposent depuis janvier un blocus énergétique à Cuba, invoquant la « menace exceptionnelle » que ferait peser sur la sécurité nationale américaine l’île communiste située à seulement 150 km des côtes de la Floride. Le pays de 9,6 millions d’habitants, sous embargo américain et déjà secoué par une profonde crise économique, est confronté à d’importantes pénuries de carburant et à des coupures d’électricité récurrentes.










