Élections présidentielles en Ouzbékistan: les enjeux d’un scrutin historique

21 septembre 2021

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Photo : Ouzbékistan. Crédit photo : Pixabay
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Élections présidentielles en Ouzbékistan: les enjeux d’un scrutin historique

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En octobre prochain, l’Ouzbékistan élira son président. Shavkat Mirziyoyev se représente, en espérant pouvoir poursuivre ses réformes. Depuis la chute du bloc soviétique et l’indépendance en 1991, le pays ne s’est jamais autant ouvert et développé que depuis ces cinq dernières années. Mirziyoyev, élu en 2016, remet en jeu son mandat avec un bilan plutôt flatteur salué par la scène internationale.

 

Inscrire le pays sur l’échiquier mondial et attirer des grandes puissances était essentiel. La France ne semble pas s’y être trompée et a multiplié les échanges et visites diplomatiques au long des cinq dernières années. Elle y voit des perspectives dans un pays stable dans la région d’Asie centrale, en matière de développement et d’investissement, et la possibilité de pouvoir construire une relation solide et durable avec un pays qui compte dans la région, d’autant plus avec l’arrivée des talibans en Afghanistan.

En octobre 2018, le président ouzbek Shavkat Mirziyoyev avait été reçu à l’Élysée par son homologue français, pour signer un certain nombre de contrats de partenariats prometteurs. Dans le cadre de l’élargissement de la coopération en 2021, Frank Riester, ministre délégué chargé du Commerce extérieur, s’est rendu à Tachkent avec une nouvelle délégation d’une vingtaine de chefs d’entreprises et d’hommes d’affaires pour intensifier les échanges bilatéraux entre les deux pays. Mirziyoyev, pour dynamiser l’économie nationale, s’est tout d’abord appuyé sur ce dont le pays disposait historiquement. Ainsi, il a mis en valeur avant tout ses ressources, qui ne sont pas des moindres. Et grâce à un sous-sol riche en hydrocarbures, en minerais, en sources d’énergie et la forte présence historique d’industries, l’Ouzbékistan est devenu en trente ans un espace économique et financier de plus en plus compétitif sur la route des grandes puissances mondiales. Avec une croissance de près de 5% cette année, le pays commence à recueillir les fruits d’une stratégie de développement novatrice et inédite entreprise par Mirziyoyev. À peine élu en 2016, il a engagé de grands chantiers de modernisation du pays, poussé à la diversification de l’économie, à l’ouverture à l’international et à la démocratisation.

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Réformes économiques

Trois voies furent suivies pour dynamiser l’économie. La première fut de rééquilibrer une balance commerciale trop longtemps ralentie par des exportations à faible valeur ajoutée. La seconde fut de réduire drastiquement le poids de l’État en mettant aux enchères massivement de nombreuses entreprises publiques qui pesaient sur le budget du pays. Traditionnel producteur agricole (notamment d’abricots, carottes et cerises), l’Ouzbékistan a tout fait pour maintenir et adapter un solide tissu industriel hérité de l’ère post-soviétique. Longtemps le pays s’est cantonné à exporter des minerais, mais depuis plusieurs années, il s’est lancé dans le développement des secteurs pétrochimiques, métallurgiques et mécaniques. La troisième, et ce afin d’être encore davantage concurrentiel, l’Ouzbékistan a non seulement libéralisé son marché des changes, mais également réduit les charges fiscales.

Une société dynamique économiquement ne peut être totalement réalisée sans une ouverture sociale. Mirziyoyev s’est engagé sur le chemin de la défense des minorités religieuses et de la liberté de culte et d’expression, la mise en place du multipartisme et le développement d’organisations non gouvernementales, la lutte contre le travail forcé, une politique active de lutte contre la corruption à tous les étages.

L’adoption il y a cinq ans de la Stratégie d’action pour les cinq domaines prioritaires de développement de la République d’Ouzbékistan en 2017-2021 a déterminé la nouvelle nature de la transformation du pays. D’autres réformes ont été décidées sur la base d’un dialogue avec la population, notamment en utilisant les technologies modernes, et en tenant compte des avis de la communauté d’experts et universitaires. Dans le cadre de cette Stratégie, les autorités ouzbèkes mettent en œuvre des réformes institutionnelles et plus profondes qui nécessitent de l’ordre et de la discipline. Ces processus ne sont pas encore achevés, mais beaucoup a déjà été fait. Il s’agit notamment de la réforme dans les sphères de la liberté d’expression et de l’ouverture des structures étatiques, de la société civile, des droits de l’homme, ainsi que des réformes de la politique agraire, de l’écologie, de la réforme judiciaire, des changements dans le système des forces de l’ordre, des soins de santé et de l’éducation. Autant de réformes qui sont prometteuses, mais qui nécessitent un suivi sur le long terme.

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Christophe Juno

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