Donald Trump se moque d’être isolé puisqu’il est le plus fort

26 août 2019

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Photo : Donald Trump est le véritable vainqueur de ce sommet à Biarritz (c) Sipa AP22371168_000002
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Donald Trump se moque d’être isolé puisqu’il est le plus fort

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Hadrien Desuin, rédacteur à Conflits, est interrogé par Le Figaro sur le G7.

 

FIGAROVOX.- Emmanuel Macron a suscité la surprise et l’attention médiatique en conviant le ministre iranien des affaires étrangères à Biarritz, en plein G7. Est-il en train d’imposer à son allié américain un déblocage sur le dossier iranien?

Hadrien DESUIN.- Le Président a incontestablement réussi un joli petit coup médiatique. Il est parvenu à faire venir Monsieur Zarif à Biarritz tout en contenant les foucades de Donald Trump, ce qui n’était pas une mince affaire a priori. Javad Zarif est sous le joug des sanctions américaines. Le déjeuner improvisé en tête à tête aura sans doute permis à Emmanuel Macron de prévenir un esclandre de la Maison-Blanche. Attendons toutefois de voir ce que le président américain va tweeter à son retour à Washington. Trump a déjà prévenu que personne ne pouvait négocier en son nom sur ce dossier iranien.

Par rapport au dernier sommet de Charlevoix au Québec l’année dernière, il n’y a pas eu de couac retentissant, ni de violent contre-sommet. Sans chauvinisme, on peut admettre que ce G7 s’est bien passé puisque précisément il ne s’est pas passé grand-chose. La seule chose qu’on pourrait retenir, c’est la bonne entrée en matière de Boris Johnson, très à l’aise lors du sommet.

L’habileté du président a surtout consisté à placer ce sommet du G7 juste avant la rentrée politique et ainsi redémarrer l’année avec une posture présidentielle qui tranche avec les bisbilles de l’opposition. La diplomatie française a pu dérouler ses préoccupations du moment sans difficulté et devant l’opinion mondiale. La carte écologique donne à la France une sorte de conscience morale du monde sur le dos du Brésil de Bolsonaro. Ça ne mange pas de pain, ou très peu.

Tout de même, les États-Unis sont isolés sur l’Iran, et Macron en a fait la priorité de sa politique étrangère, au point d’amorcer un rapprochement avec la Russie. La France a des cartes à jouer!

Les États-Unis de Donald Trump se moquent complètement d’être isolés ou non puisqu’ils sont les plus forts. Ils défendent leurs intérêts et ne cherchent pas une déclaration de consensus aux conclusions alambiquées. Finalement le format informel du club G7 restauré à Biarritz convient très bien à Donald Trump, d’où peut être son inhabituelle modération. En général Donald Trump préfère effaroucher les «faiseurs d’opinion» quand on lui force la main, cela sur-mobilise son électorat.

Lire aussi : La France atlantiste. Entretien avec Hadrien Desuin

Mais revenons au cœur du sujet. L’accord de Vienne du 14 juillet 2015 ne pouvait tenir qu’à la condition que tous les signataires restent. Le texte prévoyait qu’un seul des contractants pouvait remettre en cause l’accord, alors ce dernier devenait caduc et libérait l’ensemble des parties de leurs obligations. De facto, ce qu’on appelle le JCPOA n’existe plus depuis que les États-Unis l’ont dénoncé le 8 mai 2018 et l’Iran l’a bien compris. Téhéran ne respecte plus les termes de l’accord depuis plusieurs mois. On repart donc de zéro: amoindrir les sanctions américaines en échange de l’arrêt des recherches militaires atomiques de l’Iran. Les États-Unis conservent grâce à leur monopole juridico-monétaire un immense avantage: sans leur consentement aucune entreprise occidentale ne peut se risquer à commercer avec l’Iran. Les États-Unis sont les maîtres du jeu et les tentatives européennes pour s’émanciper du blocage économique américain sont restées vaines.

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Ancien élève de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, Hadrien Desuin est membre du comité de rédaction de Conflits.
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