Les Bourses mondiales évoluent prudemment lundi, entre le repli des cours du pétrole, l’accalmie sur la dette française, l’attente des décisions de politique monétaire des grandes banques centrales et des résultats des géants de l’IA.
“Les actions progressent légèrement (…) tandis que les cours du pétrole reculent après avoir atteint un plus haut de six mois, mais l’appétit pour le risque reste fragile à l’approche d’une semaine chargée pour les marchés, marquée par de nombreuses décisions de banques centrales et des publications de résultats clés”, commente Neil Wilson, de Saxo Markets.
Sont attendues les décisions de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed), de la Banque du Japon (BoJ) et de la Banque centrale européenne (BCE), mais également les résultats des géants du secteur tech Alphabet et Microsoft mercredi, puis Amazon jeudi.
“La réaction des marchés à ces résultats et, surtout, aux derniers plans de dépenses d’investissement pourrait rivaliser en importance avec la décision de politique monétaire de la Fed compte tenu des récentes turbulences des marchés liées à l’IA”, estiment les économistes de la Deutsche Bank.
En Europe, vers 11H00, la Bourse de Paris prenait 0,59 %, Francfort 0,79 %, Londres 0,43 % et Milan gagnait 0,64 %.
À New York, les contrats à terme sur les trois principaux indices laissaient présager une ouverture dans le vert : celui sur l’indice Nasdaq prenait 0,11 %, le S&P 500 gagnait 0,18 % et le Dow Jones 0,42 %.
Le pétrole recule. Sur les marchés pétroliers, le Brent de la mer du Nord, la référence mondiale du brut, reculait de 1,81 %, à 114,61 dollars le baril, et celui de WTI américain cédait 2,29 %, à 100,91 dollars vers 11H00.
Pour les analystes du cabinet DNB, “les marchés prennent conscience que la voie diplomatique n’est pas totalement fermée” entre l’Iran et les Etats-Unis.
“Le répit temporaire sur les cours du brut a atténué la pression immédiate sur les anticipations d’inflation, sans pour autant résoudre le problème macroéconomique de fond”, tempère Patrick Munnelly, de Tickmill Group.
“Les prix de l’énergie restent élevés, les risques géopolitiques continuent de peser sur les matières premières et les décideurs monétaires font face à un regain de pressions sur les coûts, alors que les signaux de croissance deviennent plus contrastés”, relève-t-il.
Depuis janvier, le baril de Brent est passé de 61 à 110 dollars
Cours du Brent, en dollars par baril, à chaque séance du 2 janvier au 26 octobre 2026
Source : Investing.com, contrat à terme sur le Brent, cours quotidiens ; dernier cours le 26 octobre 2026 à 13 h UTC.
Revue Conflits
Légère accalmie sur la dette française. Sur le marché de la dette souveraine, le taux d’emprunt français à échéance 10 ans évoluait à 4,98 % vers 11H00, contre 5,01 % vendredi à la clôture.
Le taux français à 10 ans avait dépassé la semaine dernière le seuil symbolique de 5 % pour la première fois depuis 2002. Il a même frôlé 5,14 % jeudi, un niveau inédit depuis juin 2002.
“La France a également bénéficié d’un coup de pouce vendredi soir, lorsque Moody’s a déjoué les attentes du marché en maintenant la note souveraine à Aa3, assortie d’une perspective négative”, soulignent les économistes de la Deutsche Bank.
L’élection de Lula au Brésil surprend les marchés. Le président brésilien de gauche Luiz Inacio Lula da Silva a été réélu dimanche, décrochant contre toute attente un quatrième mandat inédit, mais son rival conservateur Flavio Bolsonaro a annoncé son intention de faire annuler le scrutin.
“Le résultat a pris à contre-pied un marché qui intégrait de plus en plus une victoire de Bolsonaro”, relèvent les économistes de la Deutsche Bank.
La victoire de Lula devrait peser sur les actifs brésiliens, sa politique étant perçue comme moins favorable aux marchés que celle de Flavio Bolsonaro, fils de l’ex-président d’extrême droite Jair Bolsonaro.
À Madrid, le géant espagnol des télécommunications Telefónica dévissait de 7,11 %, le Brésil étant l’un de ses quatre principaux marchés. Également très implanté au Brésil, le géant bancaire espagnol Santander perdait 3,75 % vers 11H00 GMT.
À Paris, l’action Carrefour fléchissait de 1,01 %, le Brésil étant le deuxième marché du groupe.
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