Actuellement, en Chine, des chercheurs développent des technologies qui permettent de surveiller et même de contrôler à distance les ruches à l’aide de petits dispositifs électroniques.
Une opération innovante
Les technologies dépendent de microcontrôleurs, une sorte de mini-ordinateur intégré, ainsi que d’une poignée de capteurs intégrés tout autour et à l’intérieur de la ruche. Un microcontrôleur central, pour contenir des informations cruciales sur la santé des abeilles, fournit des informations sur des éléments tels que la température ou l’humidité à l’intérieur de la ruche. Les cellules placées sous celle-ci la pèsent pour offrir des indications sur la quantité de miel produite ou des indications sur l’activité des abeilles. Un capteur de lumière monté à l’extérieur détecte la luminosité pour indiquer le rythme d’activité des abeilles. En plus de chacun de ces capteurs, il y a un petit moteur qui actionne la fenêtre d’ouverture et de fermeture entre l’intérieur et l’extérieur (par exemple la nuit pour que les abeilles ne sortent pas). La communication de toutes ces informations en temps réel est rendue possible en se connectant sans fil à un système de contrôle à distance.
Miniaturisation et niveau de précision
Les outils électroniques eux-mêmes sont de très petite taille et sont si légers qu’ils pourraient même être montés directement sur une variété d’insectes sans interférer avec leurs comportements. Cette opération est rendue possible par la miniaturisation de l’ensemble batterie/composants électroniques. Il est donc possible d’envoyer des signaux électriques spécifiques vers des zones ciblées le long du système nerveux de l’insecte pour contrôler ses mouvements.
Avantages et considérations éthiques
Cette technologie s’étend, en fait, du contrôle intelligent des ruches, à la surveillance de celle-ci en temps réel depuis un ordinateur (ou un smartphone). Les problèmes peuvent être identifiés sans perturber les abeilles.
Avec ces développements, la manipulation électronique des animaux vivants rencontre d’autres complications : comment le progrès technologique peut-il être équilibré avec l’éthique animale. Les chercheurs appellent à une réflexion ouverte et à des directives appropriées pour éviter de nuire aux animaux.
Innovations prévues
À mesure que cette technologie évoluera, les systèmes ne feront que devenir plus petits et plus précis. Une autre grande avancée déjà programmée est d’ajouter l’intelligence artificielle aux microcontrôleurs afin de créer une approche autonome, par exemple, déterminer si les ruches doivent s’ouvrir (ou non) en fonction de la météo ou la présence de prédateur. Un nouveau capteur pourrait également détecter des maladies, des épidémies ou la présence de pesticides.
Applications multiples
Grâce à cette technologie, des applications, civiles et militaires, pourraient voir le jour très prochainement.
Dans le domaine civil, cette innovation peut soutenir la pollinisation ciblée aux côtés de l’agriculture lorsque les populations d’abeilles diminuent, améliorer la surveillance écologique des polluants ou bien encore suivre l’évolution des écosystèmes.
Au niveau militaire, une utilisation d’insectes contrôlés pourrait intervenir lors d’opérations de reconnaissance discrètes en présence de danger, sécurisant des informations à des fins de reconnaissance, telle que la détection de présence de matériaux dangereux (chimiques, biologiques ou explosifs). Ils pourraient également être utilisés pour des communications sécurisées en servant de relais ou participer à des opérations d’intrusions électroniques ciblées à des fins de perturbation.
Enfin, cette technologie offre l’opportunité de créer des robots biohybrides qui combinent des organismes vivants et de l’électronique pour des applications diverses.
Bataille à venir
La Chine est un pionnier dans la construction de nouvelles technologies qui fusionnent la biologie avec des dispositifs microélectroniques.
Le développement de technologies de contrôle d’insectes vivants, comme les abeilles, soulève des enjeux géopolitiques majeurs liés à la course à l’innovation entre grandes puissances. La maîtrise de ces systèmes pourrait conférer un avantage stratégique en matière de surveillance, de sécurité et de renseignement.
Par ailleurs, l’absence de cadres réglementaires internationaux spécifiques à cette technologie crée un terrain d’incertitude et de rivalités potentielles entre États.
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