<i class='fa fa-lock' aria-hidden='true'></i> Mauritanie : soixante-cinq ans d’indépendance

27 janvier 2026

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Mauritanie : soixante-cinq ans d’indépendance

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C’est un pays qui n’a pas 100 ans. Les Français, durablement installés en Afrique de l’Ouest, dominateurs du Maroc et de l’Algérie, voulurent maîtriser la région tampon et méconnue entre le nord du fleuve Sénégal et le Sahara maghrébin. Cet espace aride, traversé par les caravanes, fut baptisé Mauritanie, en référence aux Maures qui le peuplent, et administré depuis Saint-Louis à partir de 1904. En 1957, le territoire bénéficia de la loi Defferre et la Mauritanie naquit en 1960. C’était surtout un moyen pour la France de priver le royaume marocain de son rêve de « Grand Maroc », limitant son extension au sud en créant un État mauritanien.

Un article à retrouver dans le N61. Outre-mer : La France des 13 fuseaux horaires. 

Ainsi Nouakchott, qui n’était jusque-là qu’un fort animé par un village, fut choisi comme capitale pour sa position stratégique. Au centre, sur la façade atlantique, ni trop proche du Maroc ni trop éloigné, où tribus maures et peuples noirs cohabitent.
Avec ses 5,3 millions d’habitants, deux fois plus grande que la France, la Mauritanie a la fragilité d’un État devant unir deux espaces ethniques et géographiques distincts.

Le pays est majoritairement peuplé de Maures (75 %), qui se partagent en deux grandes familles. Les uns, Maures noirs, sont principalement des Haratines, descendants d’anciens captifs et cultivateurs, attachés aux oasis et aux campements. Les autres, Maures blancs, dont l’élite intellectuelle du pays est issue, se rattachent par leurs origines aux tribus berbères arabisées ainsi qu’à certaines lignées arabes venues du nord. Une langue arabe les unit : le hassaniyya.

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Les Peuls, peuple noir de pasteurs, constituent la deuxième communauté du pays par leur nombre, et l’une des plus répandues du continent africain. Les Soninkés, installés au sud-est, se distinguent par une tradition de migration. Les Wolofs, établis surtout sur les deux rives du fleuve Sénégal, représentent près d’un dixième de la population. Quant aux Bambaras, ils apparaissent rarement comme un groupe distinct. Présents surtout à l’est, ils se sont mêlés aux autres peuples et ont souvent été assimilés.

Bien que l’on distingue quatre régions naturelles, la Mauritanie est majoritairement aride. La côte, ouverte sur 800 km aux souffles de l’océan, jouit d’une tiédeur relative ; les vents marins y tempèrent l’ardeur du soleil. Plus au sud, la vallée féconde du fleuve Sénégal apporte une humidité bienfaisante et forme la ceinture agricole du pays avec les plaines orientales, propices aux pâturages. Dans l’extrême sud et sud-est, aux abords du Sahel, où la végétation se fait plus rare, le souffle du Khamsin ou de l’Harmattan balaie fréquemment les cultures et détruit les villages. L’intérieur des terres, empire des dunes, déserts de pierres et regs infinis, n’est qu’immensité saharienne. Des élévations imposantes, comme la Kedia d’Idjil, du haut de ses 915 mètres, dominent ces espaces muets.

Dans le centre s’étend la cuvette du Hodh El Chargui, bordée par les plateaux gréseux de l’Adrar et du Tagant.
Malgré l’aridité de son territoire et sa complexité ethnique, la Mauritanie s’est imposée comme un médiateur stable, crédible et plutôt dynamique, entre les pays du Maghreb et ceux d’Afrique de l’Ouest, pour un continent en quête d’équilibre.

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Guy-Alexandre Le Roux

Guy-Alexandre Le Roux

Journaliste

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