<i class='fa fa-lock' aria-hidden='true'></i> Relations économiques France-Italie : une opportunité stratégique majeure

19 août 2022

Temps de lecture : 2 minutes
Photo : Le président français Emmanuel Macron et le premier ministre italien Mario Draghi à la Villa Madame à Rome, après avoir signé le traité du Quirinal entre l'Italie et la France. Crédits: AP Photo/Domenico Stinellis
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Relations économiques France-Italie : une opportunité stratégique majeure

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C’est un moment favorable entre la France et l’Italie. Depuis l’arrivée de Mario Draghi à la tête du gouvernement italien, les relations entre les deux pays se sont améliorées avec une convergence d’idées et une prise de position commune face à des sujets cruciaux tels que la relance économique postpandémie, la gestion des flux migratoires ou la Lybie.

La France et l’Italie entretiennent d’importantes relations économiques dans de nombreux domaines. Depuis 2014, le volume d’échange augmente tous les ans pour attendre le chiffre record d’environ 92 milliards d’euros en 2021 contre 85 milliards en 2019.

Les chiffres clés qui démontrent une forte coopération

Les exportations françaises en Italie ont été de 39,1 Mds€, avec une croissance de 25,2 % par rapport à 2020. Quant aux exportations italiennes en France, elles ont été de 52,7 Mds€, avec une croissance de 16,8 % par rapport à l’année précédente. Les principaux postes d’exportations italiennes vers la France sont les machines-outils, appareils et engins mécaniques, les métaux, l’agroalimentaire, le textile et le cuir, l’ameublement. Les principaux postes d’exportations françaises vers l’Italie sont l’énergie, la cosmétique, la distribution, l’automobile, l’agroalimentaire, la pharmacie et la chimie. Pour mieux comprendre le potentiel franco-italien, il faut d’abord connaître l’interdépendance de ces deux pays et leur synergie du point de vue industriel et financier. Ces éléments représentent le miroir d’une forte relation qui, malgré de dures épreuves, est beaucoup plus importante et concrète que l’intérêt médiatique à son égard peut le laisser supposer.

L’écosystème économique franco-italien est constitué de plus de 4 000 entreprises installées des deux côtés des Alpes, qui représentent plus de 300 000 salariés dans différents secteurs tels que les banques, l’automobile, la chimie, l’aérospatial, l’énergie, la construction et les travaux publics, le secteur naval, la sidérurgie, la mode, l’industrie agroalimentaire, les transports et les biens d’équipement. Les investissements directs croisés atteignent une valeur de 110 milliards d’euros. Si les investissements purement financiers sont plus élevés du côté français, les investissements italiens en France augmentent de façon exponentielle tous les ans, faisant du pays transalpin le troisième investisseur étranger en France, après l’Allemagne et le Royaume-Uni, mais aussi le premier pays en Europe pour les investissements en R&D et le deuxième mondial, juste derrière les États-Unis. Parmi les principaux groupes français présents en Italie, nous trouvons LVMH, Kering, BNP Paribas, Crédit Agricole, AXA, Lactalis, Engie, Michelin, Air Liquide, Alstom, Thalès, Décathlon, Leroy Merlin, Vivendi via Telecom Italia, Iliad, Saint-Gobain. Concernant les principaux groupes italiens présents en France, nous trouvons FCA, Generali, MSC Croisière, Prysmian, Edizione (Autogrill), CIR Group (KOS et Sogefi), Ferrero, Barilla.

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La France et l’Italie représentent à elles seules deux tiers du produit national brut européen. Leur coopération a déjà montré l’exemple en donnant naissance à des groupes internationaux importants tels que Thales-Alenia Spazio et Telespazio, Fincantieri et Navalgroup, ATR – Avions de transport régional, STMicrolecttronics, Stellantins, Essilor lux. Les deux pays pourraient continuer leur intégration industrielle dans d’autres secteurs stratégiques comme l’intelligence artificielle, la quantique, l’industrie pharmaceutique, la défense. Pour avancer dans cette coopération, il faut une forte volonté commune de la part de tous les acteurs institutionnels et politiques, même si ces derniers n’appartiennent pas aux mêmes partis politiques européens. Il faut créer les conditions d’une institutionnalisation ultérieure du rapport bilatéral, un élément qui peut s’avérer fondamental pour le progrès et les convergences dans le nouveau contexte continental de l’Union européenne.

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À propos de l’auteur
Edoardo Secchi

Edoardo Secchi

Entrepreneur, investisseur, conseilleur économique. Président fondateur d’Italy-France Group et fondateur du club Italie-France.
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