<i class='fa fa-lock' aria-hidden='true'></i> 🚹 La Chine lance l’exercice Joint Sword 2024A. TaĂŻwan encerclĂ©

24 mai 2024

Temps de lecture : 4 minutes
Photo : Frégate lance-missiles chinoise lors d'un exercice (C) Sipa
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🚹 La Chine lance l’exercice Joint Sword 2024A. TaĂŻwan encerclĂ©

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En rĂ©ponse au discours inaugural du nouveau prĂ©sident de TaĂŻwan, jugĂ© trop indĂ©pendantiste, la Chine a lancĂ© l’opĂ©ration Joint Sword 2024A mettant en place le blocus de l’Ăźle. Retrouvez dans ce fil des cartes et des vidĂ©os pour comprendre l’opĂ©ration en cours.

Cet article est issu du fil Twitter de Ian Ellis. La traduction est de Conflits.

Jeudi, la Chine a lancĂ© d’importantes manƓuvres militaires autour de TaĂŻwan, les qualifiant de « punition sĂ©vĂšre » Ă  l’encontre du nouveau prĂ©sident taĂŻwanais Lai Ching-te. Taipei a immĂ©diatement dĂ©noncĂ© ces actions comme des « provocations et actions irrationnelles ».

Contexte 

Trois jours aprĂšs le discours d’investiture du nouveau prĂ©sident  Lai Ching-te, le commandement du thĂ©Ăątre oriental de l’ArmĂ©e populaire de libĂ©ration (APL) chinoise a lancĂ© l’exercice militaire conjoint « JOINT SWORD 2024A ». 

MenĂ© dans le dĂ©troit de TaĂŻwan, au nord, au sud et Ă  l’est de l’üle , ainsi qu’autour des Ăźles de la ligne de front de Kinmen, Matsu, Wuqiu et Dongyin, il constitue « une punition sĂ©vĂšre pour les actes sĂ©paratistes des forces indĂ©pendantistes taĂŻwanaises et un avertissement contre l’ingĂ©rence et la provocation des forces extĂ©rieures ».

DĂ©roulement de la manƓuvre

DĂ©butĂ© ce jeudi Ă  7h45 heure locale, l’exercice se tiendra jusqu’au 24 mai, et se concentrera sur « des patrouilles conjointes de prĂ©paration au combat mer-air, la prise conjointe d’un contrĂŽle complet du champ de bataille et des frappes de prĂ©cision conjointes sur des cibles clĂ©s ». 

Cette opĂ©ration vise Ă  Ă©valuer les capacitĂ©s de combat en conditions rĂ©elles, en dĂ©ployant l’ensemble du spectre de la force. Elle implique une collaboration entre l’aviation, la marine, les forces terrestres et l’artillerie, par la rĂ©alisation de frappes de prĂ©cision et d’opĂ©rations globales Ă  l’intĂ©rieur et Ă  l’extĂ©rieur de la chaĂźne d’Ăźles.

Conçus pour encercler TaĂŻwan Ă  la fois de l’est et de l’ouest, ces exercices montrent la capacitĂ© de frappe de l’APL dans toutes les directions, sans aucun angle mort, formant une situation oĂč l’üle est coincĂ©e des deux cĂŽtĂ©s. 

Prise de recul

Bien que cette dĂ©monstration de force soit notable, elle ne signifie pas qu’une invasion ou un blocus soit probable ou imminent. En effet, de tels exercices ne sont pas rares et se produisent souvent autour d’Ă©vĂ©nements politiques majeurs. Les analystes s’attendaient Ă  une rĂ©action de ce type suite Ă  l’investiture prĂ©sidentielle Ă  TaĂŻwan.

TaĂŻwan, pour sa part, reste confiant dans sa capacitĂ© Ă  protĂ©ger sa souverainetĂ© et a mobilisĂ© ses forces en rĂ©ponse Ă  cette menace. Un haut responsable taĂŻwanais de la dĂ©fense a dĂ©clarĂ© Ă  Reuters que le pays avait anticipĂ© ce scĂ©nario, y compris les mouvements de l’ArmĂ©e populaire de libĂ©ration (APL). Le ministĂšre de la DĂ©fense a qualifiĂ© les mouvements de l’APL de « provocation irrationnelle », notant que les exercices en cours sont menĂ©s « sous de faux prĂ©textes ». 

De son cĂŽtĂ©, le lieutenant-gĂ©nĂ©ral Stephen Sklenka, commandant adjoint du Commandement Indo-Pacifique des États-Unis, a dĂ©clarĂ© Ă  Reuters que les exercices chinois rappelaient ceux de 2023. Il a ajoutĂ© que, bien que l’ordre du prĂ©sident Xi Jinping de prĂ©parer l’armĂ©e chinoise Ă  une invasion de TaĂŻwan d’ici 2027 doive ĂȘtre pris au sĂ©rieux, une attaque rĂ©elle n’Ă©tait ni inĂ©vitable ni imminente.

Enfin, la Chine a simplement exĂ©cutĂ© ce qu’elle avait prĂ©vu de faire en fĂ©vrier : normaliser l’activitĂ© militaire autour et dans les eaux de Kinmen, opĂ©rer en quasi-impunitĂ© et Ă©tablir une prĂ©sence permanente autour de l’Ăźle stratĂ©gique de TaĂŻwan situĂ©e sur la ligne de front.

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Selon les analystes, ces exercices sont avant tout un message destinĂ© Ă  TaĂŻwan et ses alliĂ©s. Amanda Hsiao, de l’International Crisis Group, a dĂ©clarĂ© : « Il s’agit d’un avertissement Ă  l’administration Lai et Ă  Washington », indiquant que la Chine « peut et va continuer Ă  faire pression sur TaĂŻwan si Lai ne revient pas Ă  une approche plus modĂ©rĂ©e ».

L’ArmĂ©e populaire de libĂ©ration (APL) cherche Ă  dĂ©montrer « qu’en cas de besoin, elle a la capacitĂ© d’imposer rapidement un blocus de l’archipel taĂŻwanais, de mettre fin Ă  une intervention armĂ©e de forces extĂ©rieures et de rĂ©soudre rapidement la question de TaĂŻwan », a dĂ©clarĂ© Song Zhongping, analyste et ancien officier de l’armĂ©e chinoise, Ă  l’AFP.

Il est Ă©galement important de noter que ces exercices permettent Ă  PĂ©kin de dĂ©montrer sa capacitĂ© Ă  dĂ©fendre sa souverainetĂ©. Comme l’explique M. Feigenbaum, « PĂ©kin dispose d’un large Ă©ventail d’outils coercitifs et persuasifs… À court terme, l’invasion est le moins probable de ces outils ». Le vĂ©ritable objectif est de « faire perdre Ă  TaĂŻwan la volontĂ© de rĂ©sister » plutĂŽt que de risquer une coĂ»teuse invasion et occupation.

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