Guerre en Europe, guerres à Rome, Templiers, Aristide Briand, sionisme : aperçu des livres de la semaine.
Arnaud Blin, 1566-1659. La guerre des nations, Passés Composés, 2026, 25 €

C’est ce vacarme de guerres et de confrontations qu’analyse Arnaud Blin pour proposer une synthèse originale et novatrice de ces conflits.
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Thierry Leroy, Naissance des Templiers, Passés Composés, 2026, 24 €

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C’est toute une longue série de batailles qui est ici retracée, des origines de Rome jusqu’aux transformations de l’Empire, des batailles glorieuses comme des défaites retentissantes. Et, à travers elles, c’est l’histoire de Rome, dans ses grandeurs et ses failles, qui se dessine.
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Georges Bensousan, Une nouvelle histoire du sionisme 1860-1950, Folio Histoire, 15,10 euros.

L’auteur commence par montrer comment la condition diasporique des Juifs – marquée par l’exclusion, les accusations religieuses et les violences répétées – s’est progressivement transformée en aspiration à une libération nationale : non pas seulement tolérer le monde, mais s’y affirmer comme nation souveraine. Le mouvement s’inscrit, selon lui, dans la logique des transformations du siècle : révolution française, sécularisation, émergence des nationalismes.
L’ouvrage raconte l’évolution du sionisme depuis ses origines dans l’Empire russe et la Palestine ottomane, en passant par l’influence des penseurs et militants (de Theodor Herzl aux leaders des premières aliya), jusqu’aux étapes décisives de l’entre-deux-guerres. Bensoussan met en lumière les tensions internes au mouvement, entre courants politique, religieux, culturel ou social, et les débats sur la nature même de l’État à créer.
L’intérêt de cet ouvrage tient aussi à son regard nuancé sur la réception du sionisme : loin d’être une idéologie monolithique, il fut tour à tour perçu comme une solution moderne à la condition juive, mais aussi comme un objet de critiques virulentes, assimilé à tort ou à raison à des formes de nationalisme exclusif ou de « colonialisme » par certains de ses adversaires. Bensoussan ne récuse pas ces lectures contemporaines, mais les situe dans leurs contextes intellectuels et politiques, évitant ainsi l’écueil d’une histoire morale ou téléologique. À travers plus d’un millier de pages, l’auteur engage le lecteur dans une réflexion profonde sur ce que signifie penser une nation, une langue, un territoire à une époque où les cadres traditionnels de la foi et de l’appartenance sont profondément transformés. Si le format volumineux peut intimider, l’ouvrage s’impose comme une référence essentielle pour qui veut comprendre les fondements historiques du sionisme et les multiples enjeux dont il fut porteur entre 1860 et 1950. TY
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Christophe Bellon, Waldeck-Rousseau. Sauver la République, CNRS Éditions, 2025, 544 p. 26 euros.

Ce qui frappe d’emblée dans ce livre, c’est la double intensité de l’écriture de Bellon : érudition précise et narration élégante. L’auteur nous transporte dans les coulisses de la République menacée à la fin du XIXᵉ siècle, alors que crises sociales, scandales politiques et antagonismes religieux secouent la France. Waldeck-Rousseau apparaît comme l’homme du centre — non par convenance, mais par conviction profonde — qui a su incarner un compromis républicain, conciliant fermeté et ouverture, autorité et liberté. Le portrait que Bellon trace est celui d’un républicain attachant et courageux, dont la timidité naturelle et le désintéressement impressionnent autant que l’intelligence politique. Il est à la fois le garant de l’ordre républicain, capable de tenir les rênes du pouvoir avec sang-froid, et le bâtisseur discret de réformes sociales durables. L’occasion pour le lecteur de revisiter l’histoire politique française avec une acuité renouvelée, et comprendre comment une figure oubliée a forgé des institutions et des équilibres encore vivants.
Tigrane Yégavian










