Apple et OpenAI durcissent leur bataille judiciaire sur les futurs appareils du créateur de ChatGPT

8 août 2026

Temps de lecture : 3 minutes

Photo : Apple (c) Unsplash

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Apple et OpenAI durcissent leur bataille judiciaire sur les futurs appareils du créateur de ChatGPT

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Apple accuse OpenAI de « vol délibéré » de secrets industriels pour développer ses futurs appareils et réclame l’arrêt de leur usage.

Le créateur de ChatGPT rétorque en demandant le rejet d’une plainte « sans fondement » et invoque le droit californien sur la mobilité des salariés.

En jeu : une enceinte connectée conçue avec Jony Ive, attendue en 2027, alors qu’OpenAI prépare une entrée en Bourse à 852 milliards de dollars.

Par Benjamin Legendre, San Francisco (AFP)

Le projet d’OpenAI de lancer ses premiers objets connectés est au cœur d’une bataille judiciaire qui s’est durcie cette semaine : Apple a réclamé l’arrêt de l’usage de ses secrets industriels et la fouille des ordinateurs du créateur de ChatGPT, qui a rétorqué en demandant l’abandon de poursuites « sans fondement ».

Une bataille judiciaire qui se durcit

Dans une requête déposée lundi devant un tribunal fédéral à San Jose (Californie), Apple ne décrit plus le simple débauchage de salariés, évoqué dans sa plainte initiale le 10 juillet, mais des « actes répétés de vol délibéré », destinés selon elle à « faire avancer le programme et les ambitions d’OpenAI dans le matériel ».

OpenAI « ne saurait être autorisé à utiliser les secrets d’Apple pour prendre une avance indue » dans cette compétition, écrit le fabricant de l’iPhone, qui y voit un préjudice concurrentiel « qu’aucune indemnisation financière ne pourrait réparer ».

OpenAI a riposté mercredi en plaidant le rejet définitif du dossier, qui interdirait à Apple de revenir à la charge.

« Apple a bâti sa réputation en prêtant une attention méticuleuse aux moindres détails. Cette plainte fait l’inverse », écrivent les avocats d’OpenAI, jugeant « pourrie jusqu’au trognon » la plainte de la marque à la pomme.

« Apple a bâti sa réputation en prêtant une attention méticuleuse aux moindres détails. Cette plainte fait l’inverse. »

Le juge fédéral Edward J. Davila examinera le 1er octobre les requêtes des deux adversaires, qui restent en même temps partenaires, puisque ChatGPT est intégré aux produits Apple depuis 2024.

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Apple « ne saurait être autorisé à utiliser une plainte prétexte et sans fondement pour compenser ses difficultés à recruter et à retenir ses employés, ainsi que ses échecs à intégrer l’intelligence artificielle dans ses produits », fustigent les avocats d’OpenAI.

Ces derniers invoquent le droit californien qui « encourage » la mobilité des salariés, « à laquelle on attribue la révolution technologique qui a rendu les entreprises de cet État enviées du monde entier ».

Plus de 400 anciens d’Apple travaillent aujourd’hui chez OpenAI, affirme la plainte initiale.

« Le préjudice se produit en ce moment même », écrivent de leur côté les avocats d’Apple : chaque jour sans injonction permet à OpenAI d’« incorporer » un peu plus ces informations « dans le développement de ses appareils », rendant le retour en arrière toujours plus difficile.

« Le préjudice se produit en ce moment même. »

Enceinte IA

Pour convaincre le juge de l’urgence, les avocats d’Apple ont versé un article du média TechCrunch décrivant les détails qui ont fuité sur le premier appareil très attendu d’OpenAI : une enceinte connectée sans écran, conçue avec le studio de Jony Ive, célèbre ancien responsable du design d’Apple.

L’agence Bloomberg a ajouté jeudi que l’objet aurait la forme circulaire d’un donut, la taille d’un palet de hockey et coûterait entre 300 et 400 dollars, pour un lancement en 2027. OpenAI n’a jamais confirmé ces fuites.

Le créateur de ChatGPT soutient devant le juge construire « quelque chose d’entièrement nouveau et différent de tout ce qui existe chez Apple », et relève qu’Apple « n’allègue jamais que l’appareil d’OpenAI partagerait le moindre élément de conception (…) de fournisseur ou de composant avec un produit Apple ».

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De son côté, Apple reproche au directeur du matériel d’OpenAI, Tang Tan, ancien vice-président du design chez elle, d’avoir utilisé le nom de code interne d’un produit non annoncé pour soutirer des informations à des candidats.

Selon la requête, OpenAI leur demandait d’apporter en entretien « des prototypes » et des fichiers de conception, pour des séances de « show and tell » — un exercice scolaire américain où l’élève présente un objet à sa classe.

OpenAI répond qu’il s’agit de « pratiques ordinaires du secteur » et qu’Apple « n’identifie aucun secret des affaires précis » qui aurait été divulgué à M. Tan. Selon ses avocats, celui-ci a « répété à ses recrues et à son équipe de ne pas apporter ni divulguer d’informations confidentielles de leurs anciens employeurs ».

OpenAI se défend aussi en accusant Apple d’avoir mal protégé ses propres données, affirmant que le groupe de Cupertino est « resté connecté aux comptes personnels » de l’ingénieur Chang Liu, l’un des deux ex-salariés poursuivis, « longtemps après son départ » du groupe. Une négligence qui rendrait inopérant le droit d’invoquer le secret des affaires, estime OpenAI.

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L’affaire tombe à un moment sensible pour OpenAI, qui prépare son entrée en Bourse sur la base d’une valorisation de quelque 852 milliards de dollars, et mène une compétition acharnée avec Anthropic, son voisin et rival de San Francisco.

© Agence France-Presse

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