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Plus d’une centaine de manifestants se sont rassemblés en plusieurs points de Belfast mercredi soir, parfois pacifiquement, mais la police a dû utiliser un canon à eau à Glengormley après des jets de projectiles et l’incendie de poubelles.
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L’agression a été commise lundi soir par Hadi Alodid, un Soudanais de trente ans arrivé en 2023 via Paris puis la République d’Irlande, et titulaire d’un statut de réfugié valide jusqu’en 2028 ; sa victime, Stephen Ogilvie, a perdu un œil.
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Tommy Robinson et Elon Musk ont relayé les appels à manifester ; les autorités dénoncent le rôle des réseaux sociaux, et la ministre nord-irlandaise de l’Intérieur Naomi Long fustige le « racisme » derrière les violences. Des renforts du reste du Royaume-Uni sont attendus jeudi.
Peter Murphy, AFP, Glengormley. Pour la deuxième nuit consécutive, l’Irlande du Nord est le théâtre de violences anti-immigrés déclenchées par une attaque au couteau commise par un réfugié soudanais.
La police a utilisé un canon à eau mercredi soir pour disperser des manifestants près de Belfast, théâtre pour la deuxième nuit consécutive de violences localisées, après une attaque au couteau menée par un réfugié soudanais.
Au total, plus d’une centaine de manifestants se sont rassemblés en plusieurs points de Belfast, parfois pacifiquement. La situation a toutefois été tendue dès le début de soirée dans une rue de Glengormley, au nord de la capitale nord-irlandaise, où une importante présence policière a été déployée, a constaté l’AFP. Des manifestants ont lancé des projectiles, briques et bouteilles en verre, aux forces de l’ordre et incendié au moins une poubelle, a rapporté la police. Elle a fait usage d’un canon à eau pour disperser la foule.
Le centre de Belfast a, lui, été épargné par les violences, contrairement à la veille où s’étaient déroulées des émeutes anti-immigrés, déclenchées après l’attaque au couteau lundi soir à Belfast. La victime de cette agression, Stephen Ogilvie, a perdu un œil. Il est hospitalisé dans un état stable, a précisé mercredi soir sa famille dans un communiqué relayé par la police, se disant « dégoûtée » par les scènes de violences qui se sont déroulées la veille.
Ces émeutes anti-immigrés ont été qualifiées de « choquantes » par le Premier ministre Keir Starmer, et la police nord-irlandaise a annoncé la mobilisation d’effectifs supplémentaires. Des renforts du reste du Royaume-Uni devraient arriver jeudi.
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Rues désertées
Ces appels à manifester avaient été relayés par des figures comme, notamment, le militant Tommy Robinson — de son vrai nom Stephen Yaxley-Lennon — et par le milliardaire américain Elon Musk.
Malgré les appels au calme, la tension était palpable mercredi soir à Belfast, où de nombreux magasins et restaurants avaient baissé le rideau, les rues du centre-ville ayant été désertées, a constaté l’AFP. Des graffitis à caractère islamophobe s’affichaient aussi sur plusieurs murs et rideaux métalliques de commerces du quartier où un bus avait été incendié la veille.
Des habitants rencontrés par l’AFP ont fait part de leur sidération.
« Je vis ici depuis si longtemps maintenant, et… c’est juste triste. »
Une habitante de 28 ans, sous couvert d’anonymat
Ces violences ont été déclenchées après la propagation d’une vidéo de l’attaque au couteau survenue lundi, qui montrait l’assaillant, assis sur un homme à terre, en sang, lui portant des coups.
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« Racisme »
Les autorités ont dénoncé le rôle des réseaux sociaux et accusé certains d’avoir attisé la colère en ligne. Le régulateur des médias, l’Ofcom, a mis en garde les plateformes, en leur rappelant leurs obligations légales. Et la police a prévenu dans la foulée que la diffusion sur les réseaux sociaux d’adresses de ressortissants étrangers pourrait « constituer une infraction pénale ».
La ministre nord-irlandaise de l’Intérieur, Naomi Long, a accusé ceux qui, sur les réseaux sociaux, « ont instrumentalisé la peur légitime que les gens ressentent face aux événements », dénonçant le « racisme » derrière les violences.
Le suspect de l’attaque, Hadi Alodid, un Soudanais âgé de 30 ans, a comparu mercredi matin devant un juge à Belfast. Inculpé notamment de tentative de meurtre, il a refusé la présence d’un avocat et était accompagné d’un interprète arabophone. À l’issue de l’audience, il a été maintenu en détention jusqu’à une prochaine comparution prévue le 8 juillet. Ses motivations restent floues, mais la police nord-irlandaise a écarté à ce stade la piste terroriste.
Paris, Dublin, Belfast
Arrivé en 2023 en Irlande du Nord, il avait le statut de réfugié, avec un titre de séjour valide jusqu’en 2028, selon le ministère de l’Intérieur. Il était arrivé au Royaume-Uni depuis la République d’Irlande, après être venu de Paris.
Des personnalités des partis Reform UK de Nigel Farage, ou de Restore Britain dirigé par Rupert Lowe, ont aussi mis en cause les politiques migratoires du gouvernement travailliste et de ses prédécesseurs conservateurs.
De violentes manifestations anti-immigrés avaient secoué l’Irlande du Nord notamment en juin 2025 et à l’été 2024, ainsi que d’autres endroits du Royaume-Uni. Trois hommes ont été inculpés à la suite de violences mardi soir à Glasgow en Écosse, au cours desquelles des gens ont été « attaqués à cause de la couleur de leur peau » selon la police, et des fidèles ont dû être enfermés dans la mosquée par mesure de sécurité.
Southampton (sud de l’Angleterre) a été le théâtre, il y a une semaine, d’une manifestation émaillée de violences pour dénoncer la gestion par la police locale du meurtre, en décembre, d’un étudiant blanc, Henry Nowak, par un jeune homme sikh.
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