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Le scénario le plus probable d’une sortie de la France de l’euro ne serait pas un choix politique, mais une sortie unilatérale forcée par les marchés.
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Reste à en mesurer le coût, la dévaluation et l’inflation — et à savoir si Paris suivrait l’exemple de 1958 plutôt que celui de l’Argentine.
Le scénario le plus probable pour la France est une sortie unilatérale forcée par les marchés après une crise de financement au cours de laquelle l’Agence France Trésor est obligée de suspendre ses adjudications d’OAT. Un franc livré au marché perdrait sans doute 25 à 35 % dans ses premiers jours de cotation.
Si la dévaluation était décidée et défendue par la Banque de France, les fondamentaux de coûts de la France justifieraient une dépréciation modérée face à la moyenne de la zone, autour de 12 à 18 % face à un nouveau mark. Le modèle serait la dévaluation de 1958, de 17,55 %, dans le cadre du Plan Pinay-Rueff.
L’inflation provoquée par une dévaluation de 15 % entraînerait mécaniquement une poussée de trois points environ, mais pas une hyperinflation.
Dette, traités, inflation : les ordres de grandeur
La dette française a été émise à 97 % en droit français. Elle serait relibellée en francs sans augmentation. La perte de change serait à la charge des créanciers et ne pourrait pas être considérée juridiquement comme un défaut. Cela ne devrait pas, toutefois, empêcher des clauses d’action collective d’être déclenchées.
Aucun traité ne prévoit la sortie de l’euro sans sortie de l’Union européenne. Une sortie unilatérale serait donc une violation des traités et ouvrirait la question du maintien de la France dans l’Union.
En 2014, la France pouvait encore sortir « à froid », dans une dissolution ordonnée qui aurait coûté 54 milliards d’euros. En 2026, avec une dette de 119 % du PIB, un déficit primaire, des créanciers majoritairement étrangers et des taux supérieurs à la croissance, la sortie ne pourrait être que forcée et coûterait de 190 à 290 milliards d’euros. Mais rester dans la trappe à dettes actuelle coûterait plus de 150 milliards d’euros d’effort budgétaire chaque année.
1958 plutôt que 1935 ou l’Argentine
La fin de l’euro ne dispenserait pas de réaliser les réformes qui doivent être effectuées ; elle les rendrait simplement possibles. Une dévaluation sans baisse de la dépense publique, ce serait l’Argentine. Une baisse de la dépense publique sans dévaluation, ce serait Laval en 1935. Les deux ensemble, ce serait le général de Gaulle en 1958, avec le Plan Pinay-Rueff.







