Dans l’Idaho, la nouvelle génération de réacteurs nucléaires américains devient réalité

29 juin 2026

Temps de lecture : 3 minutes

Photo : /COVER55616347/Idaho National Laboratory/Cover Images/SIPA/2604141647

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Dans l’Idaho, la nouvelle génération de réacteurs nucléaires américains devient réalité

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  • Sur le site de l’Idaho National Laboratory, plusieurs start-up ont fait diverger leurs petits réacteurs nucléaires de nouvelle génération (SMR) — une première aux États-Unis depuis près d’un demi-siècle.

  • Portée par des milliards de capitaux privés et publics, la « renaissance » nucléaire a été relancée par Joe Biden puis accélérée par Donald Trump, sous la pression de la guerre en Ukraine et de la voracité électrique de l’IA.

  • Premiers clients visés : l’armée et les centres de données. Washington y voit un levier d’indépendance énergétique et, à terme, d’« exportations américaines massives » — la Chine étant le seul autre pays à disposer d’un SMR opérationnel.

Thomas Urbain, à Idaho Falls

Plusieurs petits réacteurs nucléaires de nouvelle génération, considérés comme l’avenir du secteur, sont désormais opérationnels ou en passe de l’être aux États-Unis, une étape majeure permise par l’afflux de capitaux privés et le soutien du gouvernement américain.

Ces quelques hangars de couleur terne, plantés au milieu du désert de l’Idaho, pourraient passer inaperçus.

Mais la forme bombée de certains, la présence de nombreux soldats, avec fusils d’assaut et gilets pare-balles, les check-points ou ce symbole de radioactivité sur d’énormes caisses sortent de l’ordinaire.

C’est ici même, sur le site de l’Idaho National Laboratory (INL), que le 4 juin, la start-up Antares est parvenue à faire tourner seul un réacteur nucléaire de nouvelle conception, une première depuis près de cinquante ans aux États-Unis.

C’est vraiment la première réalisation concrète de cette renaissance du nucléaire.

Aalo Atomics, autre participant au programme créé en 2025 sous l’impulsion de Donald Trump, s’apprête à en faire de même dans les jours à venir, toujours à l’INL, quelques heures avant la date fixée par le président américain, le 4 juillet, fête nationale.

Entre-temps, le 18 juin, Valar Atomics a, elle aussi, atteint dans l’Utah ce stade dit de la criticité.

« Cela fait 30 ans que je suis dans cette industrie et je ne pensais pas voir construire un réacteur de conception nouvelle », glisse un ingénieur d’Aalo devant le prototype.

Après avoir mis au point plus de 50 prototypes de réacteur, dont le premier au monde à alimenter le réseau en électricité, en 1951, l’INL avait appuyé sur pause après les accidents de Three Mile Island aux États-Unis et de Tchernobyl en URSS.

Mais la guerre en Ukraine, puis l’accélération de l’intelligence artificielle (IA), ont mis sous tension le secteur de l’énergie et amené Joe Biden, puis Donald Trump, à relancer le nucléaire civil via des partenariats public-privé.

À lire aussi : Le nucléaire demeure une source énergétique majeure

Des milliards de dollars côté privé comme public ont déjà été mobilisés pour développer ces petits réacteurs (ou SMR), si mobiles que l’un d’entre eux a été acheminé à l’INL par la seule traction d’un pick-up.

Outre son soutien financier, le gouvernement a mis au service des entreprises sélectionnées les installations de l’INL et ses équipes, qui ont accumulé près de 80 ans d’expérience.

Ils utilisent d’autres méthodes que la vapeur d’eau des réacteurs conventionnels, ce qui rend impossible un enchaînement similaire à ceux observés à Three Mile Island ou Tchernobyl.

Dès lors, « nous n’avons pas besoin de parois en béton de plusieurs mètres d’épaisseur » comme pour une enceinte de confinement classique, précise ainsi Yasir Arafat, responsable technique chez Aalo.

« Âge d’or »

Même si le rythme s’est franchement accéléré par rapport aux délais habituels du nucléaire, Tori Shivanandan, présidente de Radiant, un autre nouveau venu, ne veut pas de passe-droit réglementaire, « parce que si nous ne faisons pas des produits sûrs, nous ne vendrons jamais de réacteur ».

Criticité ne veut pas dire commercialisation, et les schémas des réacteurs, dont les prototypes bénéficient d’une dérogation du ministère de l’Énergie, doivent encore être validés par le régulateur américain du nucléaire, la NRC.

Mais, interrogé par l’AFP, le ministre de l’Énergie Chris Wright promet que « plusieurs de ces (modèles de) réacteurs produiront de l’électricité dès l’an prochain ».

De passage à Idaho Falls pour une « célébration de l’âge d’or du nucléaire » organisée par l’INL, il se projette plus loin encore.

D’ici la fin de la décennie, il y en aura des centaines.

Les premiers SMR de Radiant vont aller à des sites de l’armée américaine, tout comme pour Antares, tandis qu’Aalo vise les centres de données.

Viendront dans un second temps les sites industriels, puis les collectivités, une fois le prix unitaire descendu grâce à des économies d’échelle.

Deployable.energy, également retenu pour le programme test, table sur mille réacteurs produits par an en vitesse de croisière, selon Sanjay Mukhi, responsable commercial.

Le nucléaire se veut un puissant levier d’indépendance énergétique, mais aussi d’expansion internationale, seule la Chine comptant également un SMR opérationnel.

« L’intérêt » de « multiples pays européens et asiatiques (…) pour les petits réacteurs est incroyable », assure Chris Wright. « D’ici une décennie, cela représentera des exportations américaines massives. »

© Agence France-Presse

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Revue Conflits avec AFP

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