« A toutes les Gloires de France » :  Et s’il fallait écrire une suite à la Galerie des Batailles ?

19 février 2020

Temps de lecture : 13 minutes
Photo : Bassin d’Apollon au château de Versailles, lieu qui renferme le célèbre Galerie des Batailles, (c) Pixabay.
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« A toutes les Gloires de France » : Et s’il fallait écrire une suite à la Galerie des Batailles ?

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Aussi magnifique et porteuse soit-elle, la Galerie des Batailles demeure, pour le moins, incomplète. L’auteur se propose d’y ajouter différents tableaux d’affrontements qui sont autant d’heures de gloire de notre histoire. Retour sur ces combats qui, par l’alliance de la bravoure et du sacrifice, ont participé à faire de notre armée, une fière héritière de héros oubliés.

1er septembre 1833. Louis-Philippe fait de l’ancien château royal de Versailles le nouveau musée de l’histoire de France. Son but est politique avant d’être culturel : réunir tous les Français autour de la conscience d’une histoire commune. Versailles, c’est à la fois le Roi-Soleil et le Serment du Jeu de Paume ; c’est la fin de l’histoire moderne, le début de l’histoire contemporaine. En faisant de Versailles le lieu de mémoire qu’il est aujourd’hui, le dessein du Roi-citoyen n’est pas seulement de souligner le nombre de hauts faits qui jalonnent notre Légende des Siècles. Il n’est pas non plus d’exalter exclusivement vertu et noblesse d’âme des grands serviteurs du Drapeau ; d’autres lieux symboliques s’en sont déjà acquittés. L’enjeu, c’est de convaincre que ces actions glorieuses n’ont été possibles que parce qu’elles étaient nationales. Comme un devoir de grandeur et de sacrifice reçus en héritage. « D’un palais consacré à l’apothéose d’un seul homme, il a été fait le palais de toutes les grandeurs nationales qui, loin de circonscrire la majesté de ce monument dans les limites d’un seul règne, l’a étendue à toutes les époques de notre histoire, confondant ainsi dans un même hommage la France de tous les temps, adoptant toutes ses gloires et les rassemblant dans un même sanctuaire comme elles n’ont eu qu’une même patrie » [simple_tooltip content=’J.Vatout (bibliothécaire du roi Louis-Philippe), Souvenirs historiques des résidences royales de France, palais de Versailles, Paris, 1837, p.22.’](1)[/simple_tooltip]

C’est ainsi que la Galerie des Batailles fut portée sur les fonts baptismaux. Trente-trois tableaux y figurent la trame du roman national, de Tolbiac (496) à Wagram (1809). On y pénètre par la salle de 1792, marqué par Le Départ des Volontaires vers Jemmapes et Valmy. On en sort par la salle de 1830, où cinq œuvres consacrent Louis-Philippe comme Roi des Français, prêtant serment en présence des Chambres et remettant les drapeaux à la garde nationale.

On y entre surtout avec une terrible curiosité ; et on en sort avec un sentiment de grandeur et d’inachevé, comme si la Gloire avait abandonné la France après la chute de l’Empereur… Notre nation n’aurait-elle donc rien entrepris depuis deux siècles qui méritent de figurer en bonne place dans ce haut lieu de mémoire ? Quarante est un nombre d’une puissante force symbolique et mystique. Pour compléter ainsi cette fresque, sept batailles manquent encore, que nous nous proposons ici de ressusciter.

On ne peut pas s’aventurer dans une « histoire prospective » sans s’arrêter un instant sur l’économie générale de la Galerie. Quelque esprit taquin pourrait remarquer que la geste guerrière y occupe plus de place que la guerre elle-même. Au plan pictural, les tableaux obéissent pour la plupart au même schéma de composition : la figure glorifiée, souverain ou chef militaire, occupe le premier plan, tandis que les combats sont repoussés en arrière-plan. Enfin les défaites, pour héroïques qu’elles puissent être, n’ont pas trouvé de place dans cette galerie ; c’est ailleurs qu’il faudra se souvenir de la valeur de ceux qui sont tombés pour le drapeau à Camerone, Bazeilles ou Diên Biên Phû.

Clovis à la bataille de Tolbiac (496)

La deuxième partie s’étend de la Renaissance au règne de Louis XIV ; on y souligne l’importance grandissante de la royauté française en Europe (L’entrée de Charles VIII à Naples (1495), La bataille de Marignan (1515), Les Anglais chassés de Calais (1558)) et l’enthousiasme du peuple à l’égard de son souverain (L’entrée d’Henri IV à Paris, (1594)). La première partie est consacrée au Moyen-âge. Elle met en relief la figure tutélaire du souverain et son engagement personnel à la bataille. On y retrouve ainsi, Tolbiac (496) et Poitiers (732), Le Baptême de Widukind à Paderborn (785), La défense de Paris par Eudes (886) ou La Bataille de Bouvines (1214), parmi d’autres batailles aux noms moins évocateurs, mais non moins fondatrices : Taillebourg (1242), Mons-en-Pévèle (1304) ou Cassel (1328). Surtout, c’est L’entrée de Jeanne d’Arc à Orléans (1429) qui occupe la place d’honneur, au centre de la Galerie.

Louis XIV au siège de Valenciennes (1677)

La dernière partie glorifie les victoires de la Révolution et de l’Empire sur les royaumes européens coalisés. Quatre œuvres sont consacrées aux victoires de la Révolution française (Jourdan à Fleurus (1794), Bonaparte à Rivoli (1797), Masséna à Zurich (1799) et Moreau à Hohenlinden (1800)), les quatre dernières batailles (Austerlitz (1805), Iéna (1806), Friedland (1807) et Wagram (1809)) rendant hommage au plus grand de tous les généraux français, Napoléon.La troisième séquence porte aux nues les illustres chefs de guerre du règne de Louis XIV qui, s’ils ne partagent pas leur gloire, partagent au moins le risque avec le cœur des troupes : Le Grand Condé aux Batailles de Rocroi (1643) et Lens (1648), Turenne à Dunkerque (Bataille des Dunes, 1658), Catinat en Italie (bataille de La Marsaille, (1693)), Vendôme en Espagne (Villaviciosa, 1710), Villars dans les Flandres (Denain, 1712). Au milieu d’eux figure le Roi-Soleil en tenue de général au Siège de Valenciennes (1677).Viennent ensuite deux œuvres à la gloire du maréchal de Saxe, vainqueur à Fontenoy (1745) et Lawfeld (1747). La bataille de Yorktown (1781), seule hors du Vieux Continent, mais toujours contre la Perfide Albion, rappelle la contribution de la France aux guerres d’Indépendance d’Amérique.

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l’Empereur à Austerlitz (1805)

Jalonnant cette fresque, plus de quatre-vingts bustes et seize tables de bronze rappellent le nom des princes, connétables, maréchaux et amiraux qui ont payé le prix du sang au fil des siècles.

La géographie servant d’abord à faire la guerre, il n’est pas inutile de situer ces batailles sur une carte. On y découvrira notamment que pour défendre notre pré carré, il faut savoir en sortir. On y remarquera aussi que le sort de la France s’est souvent joué dans les plaines de Flandres, à l’ouest des Ardennes infranchissables et de la ligne Maginot

« Il faut aimer la France, car sa géographie l’a faite belle, et son histoire l’a faite grande », écrivait Ernest Lavisse en préambule de sa petite histoire de France. Essayons-nous désormais à l’aimer jusqu’à nos jours…[simple_tooltip content=’Louis-Philippe avait dès 1833 envisagé la suite, suivi par Napoléon III après 1852. Leurs rêves de grandeur et de postérité ont donné naissance aux salles d’Afrique, de Crimée et d’Italie, inachevée, qui ne sont pas ouvertes à la visite.’](2)[/simple_tooltip]. Certaines œuvres existent déjà, d’autres seront à créer.

 

 

Les Trois Glorieuses, Paris, 1830

La Liberté guidant le Peuple, Eugène Delacroix, 1830

Cette entrée en matière ne manquera pas de susciter la controverse. Il ne s’agit pas d’une bataille, et les évènements qu’elle illustre sont loin d’être un exemple mémorable d’unité nationale.

Elle incarne toutefois une nouvelle réponse à une question fondamentale : Si l’on ne meurt plus pour le Roi ou l’Empereur, Pour quoi est-on prêt à mourir ? Pour le drapeau, c’est-à-dire pour la France, la Nation et la Liberté. Il faut donc bien que ces journées qui portent l’étendard tricolore sur les fonts baptismaux[simple_tooltip content=’Par l’ordonnance du 1er août 1830′](3)[/simple_tooltip] puissent figurer en bonne place dans notre galerie.

« À la Gloire des citoyens français, qui s’armèrent et combattirent pour la défense des Libertés publiques dans les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ». Cette phrase figure en exergue de la colonne élevée sur la place de la Bastille à Paris. Suivront 1848, 1871, 1944, 1968… Combien de fois le sort de la Nation s’est joué dans la capitale, au pied des tours de Notre-Dame ! Dans l’inconscient collectif, c’est le tableau d’Eugène Delacroix qui figure le mieux cette vieille habitude des Parisiens à élever des barricades. « J’ai entrepris un sujet moderne, une barricade, et si je n’ai pas vaincu pour la patrie, au moins peindrai-je pour elle », aurait dit son auteur à son propos. Aujourd’hui au Musée du Louvre, ce tableau mériterait de rejoindre Versailles. Plus qu’aucune autre, cette œuvre est fidèle à l’esprit de la Galerie, tant aux plans politique qu’artistique. La figure féminine renvoie tout à la fois à Athéna et Jeanne d’Arc. Sa puissance allégorique en fait une œuvre emblématique de la France en armes. En osant l’anachronisme, elle incarne enfin notre devise (Liberté, Égalité, Fraternité) et nos symboles (Marianne, Gavroche).

 

La prise de la Smala d’Abd-El-Kader par le duc d’Aumale, 1843

« Nous avons mis dans l’accomplissement de notre mission, souvent ingrate, parfois amère, toute notre foi, toute notre jeunesse, tout notre enthousiasme. Nous y avons laissé le meilleur de nous-mêmes. (…). Des milliers de nos camarades sont morts en accomplissant cette mission. Des dizaines de milliers de musulmans se sont joints à nous comme camarades de combat, partageant nos peines, nos souffrances, nos espoirs, nos craintes. Nombreux sont ceux qui sont tombés à nos côtés. Le lien sacré du sang versé nous lie à eux pour toujours ». Ces mots du commandant Denoix de Saint Marc à son procès en 1961 nous rappellent que l’histoire contemporaine de la France est indissociable de celle de l’Algérie, dans toutes ses dimensions glorieuses et tragiques.

Cent cinquante ans d’un destin commun qui commence par un coup d’éventail [simple_tooltip content=’et quelques contentieux maritimes et commerciaux…’](4)[/simple_tooltip].

Remarquable succès militaire, l’expédition d’Alger en juin 1830, entraînant la chute de la ville trois semaines plus tard, aurait pu figurer en bonne place dans cette anthologie. La conquête de l’Afrique du Nord est toutefois indissociable de celles de quelques grandes figures que sont le général Bugeaud, le duc d’Aumale et l’émir Abd-el-Kader. Le premier, caporal à Austerlitz, est maréchal de France en 1843 ; il laisse à notre mémoire collective bien plus que le souvenir de sa casquette. Fervent opposant à une colonisation de peuplement, il en sera pourtant, par obéissance à la volonté nationale, le premier artisan, d’abord comme général en 1836, puis comme gouverneur de 1841 à 1847. Précurseur d’un Lyautey dans sa vision politique de la colonisation, il plaidera pour que l’armée y joue un rôle prépondérant. « L’armée est tout en Afrique ; elle seule a détruit, elle seule peut édifier. Elle seule a conquis le sol, elle seule le fécondera par la culture ».

Bugeaud mérite bien un buste. Décrié pour son emploi de la « violence légitime » en contre-guérilla, qu’il faut bien s’abstenir de juger à l’aune de nos référentiels actuels, il est remplacé par le duc d’Aumale. C’est ce dernier qui recevra la reddition de l’émir Abd-el-Kader en 1847, après huit ans de lutte et de nombreux faits d’armes, dont la fameuse prise de la Smala en 1843, immortalisée de manière monumentale par Horace Vernet pour le musée de Versailles. Vae Victis ? La France saura aussi honorer ses vaincus. L’émir sera condamné à l’exil, et non au déshonneur. Sa défense des chrétiens d’Orient à Damas lui vaudra même de prendre rang dans l’ordre de la Légion d’honneur…

Prise de la Smala D’ab-El-Kader par le duc d’Aumale – Horace Vernet, 1843-1845

 

 

La prise du fort de Malakoff à Sébastopol, 1855

Prise de la tour de Malakoff – Adolphe Yvon – 1855

Ironie de l’histoire, nous proposons ici de célébrer une victoire française qui est aussi une défaite russe en Crimée.

Après onze mois de siège, l’assaut du général de Mac-Mahon à la tête de ses zouaves sur la courtine réputée imprenable de Malakoff en septembre 1855 va précipiter la chute de la ville de Sébastopol et la fin de cette guerre de siège. Largement célébrée à l’époque, cette victoire est aujourd’hui plutôt méconnue, sinon par quelques amers parisiens et le nombre d’anecdotes qu’elle laisse à la postérité : le zouave et le grenadier du pont d’Alma, baromètre des crues de la Seine dans la capitale depuis plus d’un siècle. La Victoria Cross outre-Manche, décoration créée par la reine pour honorer ses soldats britanniques. « J’y suis, j’y reste », formule prêtée au général de Mac-Mahon, et qui deviendra la devise du 3e régiment de zouaves, qui s’illustrera à Verdun quelques décennies plus tard. Élevé au rang de maréchal de France après la victoire de Magenta, Mac-Mahon sera aussi le premier président de la Troisième République, la défaite de Sedan demeurant la seule ombre au tableau de ce destin singulier. Nous retiendrons enfin que la guerre de Crimée prend fin par le traité de Paris, premier d’une longue série de traités de paix qui se tiendront dans la capitale, rappelant la place de la France dans les affaires internationales.

Adolphe Yvon, peintre de batailles et gendre de Horace Vernet, s’est fait connaître par ses tableaux des campagnes de Russie, de Crimée et d’Italie. Sa prise de la tour de Malakoff par le général de Mac-Mahon figure aux archives des musées nationaux à Versailles ; sa nouvelle destination est toute trouvée.

 

L’enfer des tranchées, la bataille de Verdun, 1916

L’offensive allemande débute le 21 février 1916. Il faudra attendre le début de l’automne pour que l’initiative change de camp. Une première offensive, lancée le 24 octobre, reprend les forts de Douaumont et Vaux. Une seconde offensive, à la mi-décembre, rétablit le front à la ligne de couverture des forts. Si Verdun n’est pas une bataille parmi d’autres, mais La bataille qui résume à elle seule la Grande Guerre de ce côté-ci de la frontière, c’est parce que toute l’armée française ou presque y a pris part, et avec elle toute la nation, unie au front par la Voie Sacrée. Verdun marque par l’ampleur du bombardement en intensité et en durée. « Et pourtant, malgré l’épuisement, dans cet enfer et contre toute vraisemblance, nos hommes tenaient », dira le général Pétain. Car sa figure et sa harangue – « Courage, on les aura » – sont indéfectiblement liées à cette victoire.

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Près de trois cent mille Français y sont morts. Un millier par jour de combat. Verdun devient le terreau où s’enracinent ensemble la mémoire nationale et la mémoire combattante, se parant avec le temps de la double enveloppe du mystère et du sacré, sans estomper la grandeur du sacrifice que nos aînés ont consenti par devoir et patriotisme. Car c’est cela la Patrie, à Verdun plus symboliquement encore qu’ailleurs : la terre des Pères.

Verdun, tableau de guerre interprété… – F.Valloton, 1917

Les œuvres littéraires ne manquent pas pour illustrer cette bataille. Au plan artistique et pictural, seule l’abstraction s’y est essayée avec quelque succès. Mais une peinture qui reprendrait les codes de la Galerie – une œuvre aux dimensions de la gravité du moment, les Français en armes, la figure du Chef – reste à créer.

 

 

La bataille de Normandie, 1944

Est-ce une victoire française ?« Notre nation, bouillante et ardente aux combats, n’est ni vigilante à se garder, ni propre à former des desseins ou des entreprises qui se peuvent exécuter sans peine. […] Il faut remédier aux défauts de notre nation par les bonnes qualités de celles dont nous pouvons être assistés et, cependant, corriger nos imperfections autant qu’il nous est possible ». La France peut beaucoup, mais pas seule ; Richelieu en faisait déjà le constat dans son Testament politique, édité en 1688.

« Il est plus aisé d’ajouter au courage, à la vaillance et à la courtoisie des Français le flegme, la patience et la discipline, que de donner aux nations flegmatiques le feu que la naissance ne donne pas ». La Bataille de Normandie est d’abord affaire de courage, de vaillance et de volonté.

Si ce n’est une victoire française, convenons qu’elle a tous les atours d’une victoire à la française. C’est une bataille en coalition à laquelle la nation prend toute sa part, à la mesure de ses capacités du moment. Du bataillon de Kieffer au matin du 6 juin à la division de Leclerc déferlant sur Paris dans les derniers jours d’août, en passant par l’armée des ombres depuis le 19 juin 1940, la France a aussi payé le tribut du sang pour la libération de la terre de ses pères. C’est tout autant l’aboutissement d’un combat politique tragique qui permet à la France de retrouver son unité sans sacrifier sa souveraineté. Les divisions intestines sont malheureusement inscrites dans le patrimoine génétique français. « Il se trouve peu de nations au monde qui portent les armes contre leur prince naturel et il n’y a point de guerre contre la France où il ne se trouve des Français », écrivait ainsi le Cardinal. C’était au XVIIe siècle. Notre époque n’a pas échappé à cette règle historique ; mais selon cette même règle, elle a trouvé en elle les ressources et les enfants fidèles pour s’en relever.

Robert Capa, 6 juin 1944, Omaha Beach

La photographie et plus tard le septième art ont remplacé la peinture pour immortaliser ce qui reste pour nombre d’historiens la plus emblématique des batailles du second conflit mondial. Le choix du thème, de la scénographie et des grandes figures ne laissera pas d’être débattu. Notre préférence irait sans doute vers un des onze clichés de Robert Capa qui ont survécu au débarquement, par leur force évocatrice, par leur propre histoire, et pour tout ce que l’outil photographique des témoins embarqués permettra désormais de rendre au cœur des batailles de ce siècle…

 

Les opérations extérieures : La Légion saute sur Kolwezi [simple_tooltip content=’Du titre du livre de Pierre Sergent : La Légion saute sur Kolwezi : opération Léopard, Presses de la Cité, paris, 1979.‘](5)[/simple_tooltip] (1978)

Kolwezi est une ville minière du Haut-Katanga, au Congo-Zaïre. Le samedi 13 mai 1978, des rebelles katangais prennent possession de la ville où résident plusieurs milliers d’Européens. Après plusieurs jours de tergiversations diplomatiques, et face aux risques encourus par les ressortissants sur place, la France décide d’agir. Seule. Le 19 mai, une première vague de soldats français est parachutée sur l’aéroport et aux abords de la ville. Il faudra quarante-huit heures aux soldats du 2e Régiment étranger parachutiste pour reprendre le contrôle de la situation ; cinq légionnaires y donneront leur vie.

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Malgré le lourd bilan humain du côté des populations, la bataille de Kolwezi incarne la grandeur de la Nation. Il ne s’agit pas de colonialisme. Il s’agit de souveraineté. Elle préfigure la longue liste des opérations extérieures qui jalonneront les dernières décennies. Elle nous rappelle que la France n’abandonne jamais ses enfants. Elle est un modèle d’indépendance, de détermination et d’audace politique et militaire. Elle remet enfin à l’honneur ces volontaires étrangers auxquels Pascal Bonetti a rendu par la plume le plus beau des hommages, ces étrangers devenus fils de France, non par le sang reçu, mais par le sang versé.

Le Rêve, Edouard Detaille, 1888. musée d’Orsay

Pour célébrer les engagements de notre armée de métier au travers de cette belle page de gloire militaire française, il faudrait un artiste qui, s’inspirant du Rêve d’Edouard Detaille, recomposerait une œuvre dédiée.

Derrière les voiles des parachutes de nos troupes aéroportées, on y devinerait l’ombre de ceux qui, sous le ciel des Balkans, d’Afrique ou d’Afghanistan, se sont battus pour le Drapeau, la Nation et la Liberté.

 

 

 

 

Il manque une bataille à cette fresque. Cette bataille, c’est celle que notre génération est en train de livrer. Comme les générations qui l’ont précédée, C’est en lettres de sang qu’elle écrit sa page de notre roman national. C’est parce que nous ne doutons pas de la victoire que nous lui réservons cette dernière place.

In Memoriam.

Le capitaine de frégate Emmanuel Caillat est officier de marine, auditeur de la 27ème promotion de l’École de guerre.

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Le capitaine de frégate Emmanuel Caillat est officier de marine, auditeur de la 27ème promotion de l’Ecole de guerre.
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