Dans un système international en recomposition accélérée, la vision politique et diplomatique de Kassym-Jomart Tokayev se distingue par sa cohérence et sa sobriété doctrinale. Loin des postures idéologiques, le président du Kazakhstan revendique une diplomatie de l’équilibre.
Le 5 février 2026, à Islamabad, lors d’un entretien approfondi accordé à la presse, la vision politique et diplomatique de Kassym-Jomart Tokaïev s’est exprimée avec une rare clarté. Dans cet échange avec The News Pakistan, le chef de l’État a exposé une ligne stratégique structurée, articulant connectivité régionale, primauté du droit international et pragmatisme diplomatique, confirmant l’ambition du Kazakhstan de s’affirmer comme une puissance d’équilibre en Eurasie.
La vision de Kassym-Jomart Tokaïev : faire de la géographie un instrument de puissance
La vision politique et diplomatique de Kassym-Jomart Tokaïev s’enracine d’abord dans une lecture lucide de la géographie. Pour un État enclavé comme le Kazakhstan, la question des corridors n’est pas technique, elle est existentielle. « La connectivité est devenue un enjeu central de notre agenda commun », affirme le président kazakhstanais, soulignant que l’ouverture des routes commerciales conditionne la souveraineté économique. C’est dans cet esprit que le Kazakhstan se dit prêt à participer activement au développement du corridor Kazakhstan–Turkménistan–Afghanistan–Pakistan, conçu pour relier durablement l’Asie centrale aux marchés sud-asiatiques.
Cette orientation dépasse le simple cadre commercial et traduit une vision politique et diplomatique de Kassym-Jomart Tokaïev, où la connectivité devient un facteur de stabilisation régionale. Le corridor est pensé comme un espace de coopération, mais aussi comme un outil de projection stratégique. Le président du Kazakhstan insiste ainsi sur la nécessité d’une « participation active et coordonnée de toutes les parties prenantes », condition indispensable à la viabilité de ces infrastructures dans un environnement sécuritaire complexe.
La diplomatie est « l’instrument le plus raisonnable pour résoudre les différends »
La vision politique et diplomatique de Kassym-Jomart Tokaïev se caractérise également par une franchise assumée à l’égard des grandes puissances. Concernant les États-Unis, le président kazakhstanais adopte un ton direct, rare dans la région. « Le président Trump est un dirigeant fort et tourné vers l’avenir, qui place les intérêts nationaux de son pays en premier », déclare-t-il.
Kassym-Jomart Tokaïev revendique une même priorité pour son propre pays : « Nous menons une politique ferme de respect de la loi et de l’ordre afin de rendre notre État plus fort dans l’environnement mondial actuel ». Il ajoute que « tous les citoyens doivent respecter la loi et les forces de l’ordre », soulignant que la stabilité intérieure constitue le socle de toute politique extérieure crédible.
Cette approche se retrouve dans l’adhésion du Kazakhstan aux Accords d’Abraham annoncée début novembre 2025. Le président Tokaïev les qualifie de « véritable initiative tournée vers l’avenir » et rappelle que la diplomatie demeure « l’instrument le plus raisonnable pour résoudre les différends ». Pour Astana, cette démarche ne relève ni d’un alignement ni d’une rupture, mais d’un calcul d’intérêt national. Elle permet, selon ses termes, de « créer une base solide pour attirer des investissements, des technologies avancées et des bénéfices économiques concrets », tout en maintenant une ligne équilibrée concernant les conflits au Proche-Orient.
Conflits internationaux : « la voie vers la paix passe par les négociations. »
Sur les conflits contemporains, la vision politique et diplomatique de Kassym-Jomart Tokaïev privilégie la constance et la retenue. À propos de Gaza, le président reconnaît que certaines propositions récentes sont « structurées, ambitieuses et réalistes », mais il pose une limite claire : « Sans une véritable volonté politique d’avancer vers une solution à deux États, aucun plan ne peut être durable ». Cette déclaration résume la position du Kazakhstan, fondée sur le refus des solutions purement techniques à des conflits fondamentalement politiques.
Cette même prudence guide la position du Kazakhstan sur la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Kassym-Jomart Tokaïev insiste sur la nature territoriale et complexe du conflit et rappelle que « la voie vers la paix passe par les négociations ». Sans revendiquer un rôle de médiateur, il affirme que son pays est prêt à « offrir une plateforme neutre pour des discussions », fidèle à une tradition diplomatique de neutralité active et de désescalade.
Kassym-Jomart Tokaïev a appliqué cette vision au Kazakhstan, en impulsant une transformation profonde de l’État lui-même. Le pays a engagé une réforme constitutionnelle majeure, marquant le passage d’un système super-présidentiel à un modèle fondé sur des contre-pouvoirs consolidés. « Les droits et libertés humains sont proclamés comme la priorité suprême de la nation ». L’objectif revendiqué par le président est clair : construire un État « juste, sûr, propre et progressiste »..









