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L’Europe est morte à Pristina, de Jacques Hogard

Une élection très #géopolitique. Éditorial du n°13, par Pascal Gauchon ► https://t.co/4ExpBOKDiL… https://t.co/IcOTjL0uwY

L’Europe est morte à Pristina, de Jacques Hogard

L’Europe est morte à Pristina, de Jacques Hogard

Cette recension a été publiée dans le numéro 3 de Conflits. Si vous souhaitez acheter ce numéro au format numérique, rendez-vous sur la e-boutique de Conflits en cliquant ici.
L’Europe est morte à Pristina, de Jacques Hogard

L’Europe est morte à Pristina, de Jacques Hogard

Kosovo : le « champ des merles » de l’Europe… Officier des forces spéciales lorsque la France bombarde la Serbie aux côtés de l’OTAN, le colonel Jacques Hogard assiste avec amertume au soutien de l’Europe à l’UCK à l’été 1999. L’Europe est morte à Pristina est d’abord un drame personnel, celui d’un vieil ami de la Serbie qui se voit contraint d’aider ses ennemis, parfois des mafieux et des bandits sans scrupules. Jacques Hogard, au cours de ces mois tragiques, est aux avant-postes pour sauver ce qui peut encore l’être, en particulier le monastère de Saint Joanikijé de Devič.

C’est aussi le récit d’un naufrage diplomatique européen. Les négociations de Rambouillet sont biaisées ; la France finit par s’aligner sur les positions de Bill Clinton et de Madeleine Albright. Derrière les escadrons de la cavalerie légère française, le colonel Hogard voit l’US Army installer au Camp Bondsteel sa plus grande base militaire en Europe. Avec cette grande Albanie, il voit renaître la puissance turque en Europe (au grand dam des Grecs et des Macédoniens) et dénonce le viol de la résolution 1244 de l’ONU, garante de l’intégrité territoriale serbe.

Si cet essai percutant et parfois poignant est écrit par un officier révolté, l’auteur reste lucide sur la personnalité de Milosevic et les exactions serbes au Kosovo. Ce constat objectif bien que pessimiste est porté par un style autobiographique pétri de culture. L’Europe est morte à Pristina de Jacques Hogard va à l’essentiel, il sait choisir les anecdotes marquantes et alterne petite et grande histoire par un va-et-vient très rythmé. C’est le privilège de ceux qui écrivent l’histoire sur le terrain. Cela méritait sans doute un peu plus que 100 pages au format poche.

H.D.

Jacques Hogard, L’Europe est morte à Pristina, Hugo-Doc, 127 p., 12,95 €

Crédit photo : marcofieber via Flickr (cc)

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