La carte des attaques menées par les États-Unis contre des embarcations soupçonnées de narcotrafic met en évidence l’importance stratégique croissante de la mer des Caraïbes et de ses marges maritimes.
Entre septembre et décembre, les forces armées américaines ont multiplié les opérations navales et aériennes dans cette région considérée comme un couloir majeur du trafic de drogue reliant l’Amérique du Sud au marché nord-américain.
Les frappes se concentrent principalement dans la mer des Caraïbes, mais aussi dans l’océan Pacifique oriental, au large de l’Amérique centrale et du nord de l’Amérique du Sud. Les zones proches de la Colombie et du Venezuela apparaissent comme des points sensibles, ces pays étant des territoires clés de production et de transit des stupéfiants. La carte souligne toutefois une limite importante : la localisation exacte de plusieurs attaques reste inconnue, même si près de la moitié d’entre elles ont eu lieu dans la zone de responsabilité du commandement militaire américain pour l’Amérique du Sud et les Caraïbes.
Le bilan humain est particulièrement lourd. Au moins 95 personnes ont été tuées lors de ces attaques, avec une répartition presque équivalente entre la mer des Caraïbes et le Pacifique. Cette violence souligne le caractère de plus en plus militarisé de la lutte contre le narcotrafic, qui ne se limite plus à l’interception de cargaisons mais implique désormais des opérations offensives. La chronologie figurant sur la carte montre en outre une grande régularité des frappes, parfois menées le même jour, révélant une stratégie coordonnée et continue.
Au-delà de la lutte antidrogue, ces opérations traduisent la volonté des États-Unis de contrôler un espace maritime proche de leurs frontières et essentiel pour leur sécurité. Elles soulèvent cependant des interrogations sur le respect du droit international, la souveraineté des États riverains et les conséquences humaines de cette politique. La mer des Caraïbes apparaît ainsi comme un espace à la fois stratégique, conflictuel et hautement sensible sur le plan géopolitique.











