<i class='fa fa-lock' aria-hidden='true'></i> L’aviation dans la guerre en Ukraine. Entretien avec Pierre Grasser

16 septembre 2022

Temps de lecture : 11 minutes
Photo : Des avions de chasse MiG-29 ukrainiens lors de la célébration du 30ème anniversaire de l'indépendance de l'Ukraine, à Odessa, Ukraine. Crédits : Denis Malinovsky /Spoutnik
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L’aviation dans la guerre en Ukraine. Entretien avec Pierre Grasser

par

Ancien officier de l’armée de l’air et de l’espace, Pierre Grasser est docteur en histoire des relations internationales, chercheur associé au laboratoire SIRICE de Sorbonne Université. Sa thèse porte sur les coopérations franco-russes dans la construction aéronautique. Captivé par la collecte d’informations technico-opérationnelles, leur analyse et leur restitution, il contribue à la revue Vortex du Centre d’études stratégiques aérospatiales (CESA). Pour Conflits, il livre son expertise sur le déroulement de la guerre russo-ukrainienne.

Propos recueillis par Tigrane Yégavian

Trois mois après le déclenchement de l’agression russe en Ukraine, quelle force est en mesure de s’assurer la maîtrise du ciel ukrainien ?  Peut-on parler d’un équilibre des forces ?

Aux échecs, cela s’appellerait une partie nulle. Aucun des deux acteurs n’est en mesure de dominer, en raison justement de l’absence de supériorité aérienne.

Les forces aériennes russes sont certes en supériorité écrasante face à celles de l’Ukraine, en nombre, modernité et entraînement. Pour autant, la défense sol-air ukrainienne – en particulier les systèmes sol-air S-300PT/PS et les systèmes Buk – ont prélevé un tribut considérable d’avions russes aux premiers jours de l’offensive, dont 10 Su-34 coûteux et modernes. Les survols russes à l’intérieur des territoires ukrainiens ont cessé vers le 15 mars. Désormais, les avions de combat russes se limitent à des attaques sur la ligne de front, ainsi qu’à des tirs de missiles antiradars, destinés à détruire les systèmes sol-air ukrainiens. Dans ce dernier cas, les efforts russes sont plutôt infructueux.

À présent, la dimension aérienne du conflit est représentée par ces petits drones commerciaux chinois, ainsi que par des modèles plus gros, utilisés de part et d’autre. Chacun des camps diffuse autant d’images venues de ces matériels. Il y a eu 57 prises de vues de drones publiées[1], à la fois du côté prorusse et pro-ukrainien, du 25 mai au 15 juin. Au 7 juin, 6000 drones commerciaux étaient aux mains des militaires ukrainiens, selon le chef de l’entreprise kiévienne d’importation de drones DroneUA[2]. Ces matériels servent à corriger des frappes d’artillerie, et à mener des attaques de harcèlement au moyen de grenades. Les forces russes en font de même. La situation est figée.

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Quid de l’efficacité des drones Bayraktar turcs employés sur le terrain ?  La joint-venture turco-ukrainienne est-elle opérationnelle ?

Pour l’heure, l’efficacité de ce drone d’attaque turc est réelle, mais moindre que ce que nous avons observé en 2020, en Syrie, en Libye et dans le Haut-Karabakh. Ces drones turcs ont à cette époque soit inversé le cours de la bataille, soit ont permis de l’accélérer. Des images de 123 destructions de matériels arméniens (systèmes sol-air, camions, pièces d’artillerie) ont été diffusées par l’Azerbaïdjan[3]. Comme ingrédient de ce succès figure le manque de coordination de la défense sol-air, dans les secteurs concernés en Libye et Syrie. Dans le Haut-Karabakh, la majorité des équipements arméniens sont simplement trop vétustes pour contrer cette machine discrète au radar.

En Ukraine, les résultats ont été plus mesurés. L’effectif en drones Bayraktar a pourtant été relativement important : une vingtaine au déclenchement des hostilités[4], le 24 février 2022, ce à quoi s’ajoutent 10 autres livrés depuis[5].  Des images de frappes ont été diffusées, jusqu’au 13 mars, au nord de Kiev et près de la Crimée. Des coups sévères ont été portés aux systèmes sol-air russes, puisque les images diffusées par l’armée ukrainienne montrent la destruction de quatre systèmes sol-air à courte portée Tor, Pantsir, et de 7 lanceurs Buk à moyenne portée. Ces engins sont supposés être efficaces contre un drone comme le TB-2. Toutefois, aucun n’était en fonctionnement au moment de leur destruction. En configuration de route, ils ne sont simplement pas en état de tirer. Ce n’est dès lors pas tant la performance du TB-2 qui interpelle, que l’erreur russe de ne pas couvrir ces systèmes en mouvement. Force est de constater que ces évènements ont ensuite disparu, pendant que le nombre de Bayraktar abattu s’est envolé. Les forces russes se sont reprises en main face à cette menace.

La situation est différente sur l’île des Serpents. Isolée près de la Roumanie, celle-ci est assez difficile à défendre pour ses occupants russes. Ils ont été attaqués une première fois par des TB-2, du 28 avril au 8 mai. Quatre vedettes rapides, un hélicoptère Mi-8 au sol, deux systèmes sol-air Tor (dont un sur barge) et un SA-13 ont été détruits. Cette opération a été coûteuse aussi en TB2, et ces attaques ont ensuite été suspendues. Toutefois, l’effet médiatique des images de frappes ukrainiennes, filmées par l’optique des drones, est considérable. Le TB2 ne devrait pas influencer le cours de la guerre, mais pour les missions air-sol, il reste l’équipement aérien ukrainien le plus efficace.

S’agissant des travaux de co-production du TB-2 et des autres coopérations industrielles, elles sont reportées sine die. Certaines des installations qui devaient être impliquées dans cette production, situées à Zaparoje dans le sud de l’Ukraine ont été sérieusement endommagées par les combats.

Comment jugez-vous le degré de préparation de l’état-major de l’armée de l’air ukrainienne face à l’invasion du territoire ?

Les chefs ukrainiens se sont révélés relativement habiles. En temps de paix, les avions des forces aériennes ukrainiennes sont stationnés sur cinq bases principales : Lutsk et Starokonstantinovka (pour les bombardiers tactiques Su-24M), Vassilkov et Kulbakino, (bombardiers Su-25 et chasseurs MiG-29) et enfin Jitomir (chasseurs Su-27). L’état-major ukrainien a anticipé les premières frappes russes, et a dispersé ses appareils sur des bases secondaires. Par conséquent, les missiles russes lancés les premiers jours ont souvent touché des positions vides. Les forces aériennes ukrainiennes commandent aussi une grande partie de la défense sol-air (dont les systèmes S-300PT et PS à longue portée). À nouveau, un effort de dispersion a été observé.

Vers le milieu du mois d’avril cependant, une série de choix ont entraîné des pertes. Au moment de l’offensive ukrainienne sur l’île aux serpents, les drones Bayraktar occupent une place de premier plan pour harceler les moyens russes déployés. Toutefois, une fois de retour de mission, ces drones sont parqués de manière resserrée sur l’aéroport d’Odessa. Un missile de croisière russe en détruit quatre simultanément le 2 mai[6]. Ces appareils perdus ont possiblement manqué pour faire pencher la balance, lors de l’offensive aéroportée ukrainienne contre l’île, le 7 mai. Pour le sol-air, l’engagement proche du front a aussi entraîné des pertes. Des batteries ukrainiennes de S-300 sont perdues face à l’artillerie russe le 1er avril[7], le 7 avril[8] et le 6 mai[9]. Une autre est détruite dans une embuscade de combattants prorusses du Donbass, le 1er mai[10]. Ce type d’accidents a depuis disparu, possiblement en raison d’une meilleure coordination avec les forces terrestres.

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Depuis la guerre de Syrie, la Russie fait étalage de la modernisation de son armement et de sa flotte de chasseurs. Comment se porte l’armée de l’air russe quels sont ses principaux atouts, mais aussi ses vulnérabilités ?

Voici l’atout clef : au 23 février 2022, les forces aérospatiales russes alignent 459 avions de chasse, dont 272 produits depuis 2008, et 168 autres intercepteurs modernisés sur la même période. Ce sont des chiffres importants, car il faut rajouter à ce total encore 100 chasseurs de la marine, pendant de nouveaux lots qui arrivent encore (dont 30 Su-35S et 70 Su-57 furtifs, à fournir d’ici 2027). Ils permettent à la Russie de pouvoir absorber le choc et les pertes. Le conflit en Ukraine n’est pas indolore (six chasseurs, parmi tous les aéronefs perdus), mais vu les livraisons à venir, ses conséquences matérielles devraient rester limitées.

Pour les défauts techniques, il convient de relever l’inadaptation des munitions embarquées guidées. Pour la chasse – en reprenant les données en source ouverte – les missiles air-air longue portée récents, à guidage actif, sont une pointure en dessous de ceux des occidentaux, en portée et en niveau technologique. Pour les munitions air-sol, il commence à y avoir quelques références modernes, mais coûteuses. En Occident, le choix est de placer des kits spéciaux (de guidage laser, ou pour permettre de planer) sur des corps standards de bombes de 250 et 500 kg (de type Mk.82 et Mk.83). Rien de cela en Russie, où une bombe de 500 kg guidée par laser est à 100% différente d’une bombe de 500kg guidée par TV, et de celle guidée par satellite. Cela ne facilite pas les économies, et nous apprend pourquoi il y a si peu de munitions guidées air-sol en service. Si la Russie s’était dotée de kits de planage comparables aux SDB-2 américains, le conflit aurait sans doute une autre forme.

On parle d’un budget de défense colossal équivalent à plusieurs centaines de milliards d’euros… la Russie peut-elle se permettre de telles dépenses avec le régime des sanctions ?

S’agissant de la défense russe, un plan de financement exceptionnel, le GPV 2020, a d’abord été alloué pour la période de 2011 à 2020. Son montant de 20,7 trillions de roubles[11], soit 504 milliards d’euros à l’époque, est réservé aux commandes de matériels. Il se distingue des fonds du ministère de la Défense, qui servent au fonctionnement des forces : entraînements, soldes des militaires, opérations. Par comparaison, le budget de défense américain s’élève à 700 milliards de dollars annuels, mais inclut les dépenses liées aux nombreux déploiements.

Un nouveau plan russe de financement, le GPV 2027, est adopté en 2018 et couvre l’exercice 2021-2027. D’une durée de deux ans inférieurs au GPV 2020, il sanctuarise une enveloppe d’équipement égale, de 20 trillions de roubles (290 milliards d’euros au cours de juin 2022)[12]. À ce jour, une partie de ces fonds ont déjà été dépensés. Il semble aussi peu probable que ce budget puisse être diminué, compte tenu des dommages matériels subis par les forces terrestres russes. En revanche, il y a des doutes sur la volonté russe de maintenir cet effort après 2027.

N’y a-t-il pas un problème d’interdépendance avec les pays occidentaux dans la fabrication de certains types d’armements ? Lesquels ?

Il n’y a plus guère de pièces russes dans les équipements militaires construits en Occident. Cependant, la situation est différente pour les matériaux. La Russie occupe en 2020 la 3e place mondiale pour la production de titane, la 3e pour l’aluminium, et la 5e pour l’acier. Il existe une tension sur ce marché, qui ne devrait pas s’atténuer : par exemple, lorsque les États-Unis livrent 144 000 obus de 155 mm à l’Ukraine, cela sollicite les réserves d’aluminium (pour la poudre) et d’acier (pour les coques). Compte tenu de la crise d’approvisionnement, et de la difficulté à tracer les lingots de métaux bruts, assurer l’étanchéité de l’industrie occidentale vis-à-vis des matériaux russes constitue un défi.

Une mention doit être faite du titane. La plus grande presse d’Occident, celle d’Interforge à Issoire, a une capacité de 500 tonnes et a été installée en 1972, dans le cadre d’une coopération avec l’URSS. Elle s’est révélée suffisante pour les pièces produites jusqu’au milieu des années 1990. Les constructeurs de premier plan ont recours aux installations du métallurgiste russe VMSPO, et de sa presse de 2000 tonnes. Cette puissance est requise pour fabriquer des jambes de train d’atterrissage des plus gros avions de ligne : A-380, A-350, Boeing 787. La crise ukrainienne, si elle devait durer, obligerait à se passer de pièces en titane de très grande taille pour nos projets civils et militaires, à moins d’investir nous-mêmes dans la construction de telles presses.

Le défi des composants russes concerne davantage des pays d’Asie, comme la Corée du Sud. Pour cette dernière, qui hésite à fournir des équipements létaux à l’Ukraine[13], le risque n’est pas nul : son système sol-air à moyenne portée, le KM-SAM, connaît des succès à l’export, mais a été développé avec la Russie[14]. Il en est de même pour son missile sol-air à très courte portée, le Chiron, qui utilise un autodirecteur russe[15]. Des aides ont aussi lieu dans le domaine antinavire. Séoul a ainsi présenté une variante du missile antinavire Oniks – dont les plans ont été déjà partagés avec d’autres, dont l’Inde – en 2021[16]. Cette puissance industrielle devrait remettre en cause ses partenariats, ce qui in fine pourrait toucher l’Occident. Les matériels sud-coréens sont en effet appréciés en Europe du Nord.

Comment l’armée de l’air russe parvient à contrôler l’immensité de son espace aérien et dans quelle mesure les méthodes de brouillage réduisent la précision de ceux qui pratiquent cette méthode ?

Les forces chargées du contrôle de l’espace aérien sont d’une part les forces aérospatiales (VKS), et dans un second temps la composante antiaérienne des forces terrestres. Au 1er janvier 2021, les moyens des VKS se chiffrent à 58 batteries de S-400/SA-21 (250 km de portée), 5 de S-300PM2/SA-20B (200 km de portée)[17], en plus d’une vingtaine d’anciennes batteries de S-300PS/SA-10 (75 km) en cours de retrait[18]. Les forces terrestres alignent cinq batteries S-300VM et V4, optimisés contre les missiles balistiques de théâtre. Pour ce qui est des chasseurs, il y en a 560, dont précisément 100 possédés par la marine, pendant que le complément, plus moderne, est aligné par les VKS.

Les principaux systèmes de brouillages employés sont les R-330 Jitel, le Krasukha-4 ainsi que le Leer-3. Ces engins doivent altérer la réception des signaux GPS et celle des liaisons de données tactiques. Il existe des moyens de parer à cette nuisance, bien que se passer de la géolocalisation par satellite augmente les risques d’accident de navigation pour certaines munitions.

Vu l’étendue de son territoire, la Russie ne peut garantir l’étanchéité de ses frontières avec ces moyens. Elle les concentre donc autour de six zones : Moscou, Saint-Pétersbourg, Mourmansk, Kaliningrad, la Crimée et la façade Pacifique. La priorité se justifie par la présence d’infrastructures sensibles, ou par une exposition face à des rivaux militaires potentiels. Il reste à la Russie quelques autres batteries de S-400, essentiellement en Sibérie centrale, qui constituent une sorte de réserve redéployable en cas de crise régionale. Celles-ci sont redéployées autour de l’Ukraine en ce moment.

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Est-ce que les batteries de S-400 sont déployées en Ukraine ?  Comment ces sites sol-air sont-ils protégés ? Est-ce une dissuasion crédible ?

Il y a des sites sol-air déployés autour de l’Ukraine, en Biélorussie notamment et en Crimée. En Ukraine occupée, il y a deux batteries russes à longue portée déployées : deux de type S-300VM, localisés près de Lougansk. Ils sont classiquement défendus par des systèmes sol-air à courte portée Pantsir[1]. Ces derniers doivent protéger les batteries contre des attaques de missiles de croisière. En Ukraine, ils permettent de lutter contre de plus petites menaces, comme des drones légers ou des munitions rôdeuses. Pour l’instant, ces systèmes (tout comme les S-300PS/PT ukrainiens d’ailleurs) ont révélé des performances et une fiabilité remarquables. Ils ne peuvent simplement pas être partout, et être contournés, voire débordés par des attaques trop nombreuses. Ceci permet, par exemple, à des roquettes sol-sol HIMARS, fournies à l’Ukraine par les États-Unis, d’atteindre des cibles bien protégées. Ces limitations donnent aussi des chances aux drones pour quelques frappes d’opportunités. Toutefois, cela reste une erreur de sous-estimer la dangerosité des systèmes sol-air à longue portée.

En quoi le conflit en cours constitue une vitrine pour l’industrie de défense russe qui produit des armements balistiques et hypersoniques ?

Concernant les armements « de rupture », un tir de missile balistique aéroporté Kinjal a en effet été présenté le 19 mars. Cet armement, précis et moderne, permet de frapper une zone bien protégée, en laissant l’avion-tireur à une distance de sécurité. La Russie n’a manifestement que peu de ces missiles, par ailleurs surtout dévolus à un emploi antinavire. Ceux-ci pourraient être requis en cas de crise avec une puissance maritime majeure, ce qui pousse Moscou à la prudence dans leur engagement. S’agissant des autres armements modernes, certains choix russes de communication surprennent. Une prise de vue du 6 mai présente un point d’appui ukrainien, visé par trois drones suicides Kub. Aucun ne touche, et l’un tombe à plus de 120 m de sa cible[19].

Vous faites état parmi les vulnérabilités de l’armée russe d’un problème de ressources humaines disponibles. Est-ce dû à la fuite des cerveaux ? Ou à la longue la Russie souffre des conséquences de sa démographie déclinante ? Comment l’armée russe jugule ce problème de ressources humaines ?

Les ressources humaines sont un défi à gérer. Ceci devrait se confirmer partout, s’il est tenu compte de l’évolution des courbes de natalité. Pour la Russie, il y a deux paramètres aggravants.

Il s’agit d’une part des pertes liées à la crise ukrainienne. Elles ont sans doute été légères pour les unités sol-air, toutes unités confondues. De nombreux matériels ont été détruits alors qu’ils étaient inoccupés. Toutefois, les pertes russes en infanterie, artillerie et forces mécanisées sont colossales. Par conséquent, les nouveaux personnels seront affectés en priorité à ces armes, et non à l’antiaérien. Il devrait s’en suivre un vieillissement de cette branche, sévère dans la période 2025-2030. Le second défi est celui du climat. D’ici 2030, l’arctique promet de devenir une route commerciale, près de laquelle les côtes russes devront être défendues. Afin d’y sanctuariser le ciel, un plan de 2012 prévoit de créer des centres aériens de commandement régionaux à Tiksi et Anadyr, sur la façade arctique centrale et orientale[20]. Dix ans plus tard, seule une batterie de S-300PS a été installée sur le premier site, et les projets concernant le second semblent repoussés. Les personnels manquent, et des arbitrages de priorité ont lieu.

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[1] Les comptes suivis pour la statistique sont ceux Telegram, pro-russes, « Ugolok Sitkha », « Anna News », « Milinfolive ». Les statistiques pro-ukrainiennes sont offertes par le compte telegram « Urkaine War Report », et les comptes Twitter « Igor Girkin » et « Osint technical ».

[2] « A Drone ‘Live Streams’ Its Own Destruction By A Russian Defense System  », 7 juin 2022, https://eurasiantimes.com/drone-live-streaming-its-own-destruction-by-a-russian-missile/

[3] « Pertes de véhicules et d’aéronefs dans le conflit Arménie-Azerbaidjan, depuis 2016, 20 juin 2022, https://lostarmour.info/karabakh/

[4] « Les drones turcs soutiennent le moral ukrainien, face à la peur d’une invasion russe », 27 janvier 2022, https://www.al-monitor.com/originals/2022/01/turkish-drones-boost-ukrainian-spirits-amid-fears-russian-invasion

[5] « Une autre livraison de Bayraktar de la Turquie à l’Ukraine », 16/04/2022, https://t.me/zvozduh/5969

[6] « Frappes sur l’aérodrome Chkolniï », 13/05/2022, https://t.me/ChDambiev/16728

[7] « Destruction d’un S-300 », 01/04/2022, https://t.me/c/1463168661/426

[8] « Destruction d’une position de S-300PS », 07/04/2022, https://t.me/vestnikpvo/9089

[9] « Frappe de Smerch contre une batterie ukrainienne de S-300 », 06/05/2022, https://t.me/anna_news/31084

[10] « Vidéo de la destruction d’un S-300 », 01/05/2022, https://t.me/anna_news/30539

[11] « Russia’s New State Armement Programme », 10/05/2018, https://www.chathamhouse.org/2018/05/russias-new-state-armament-programme/2-trends-military-procurement-under-gpv-2020

[12] « Russia’s GPV-2020 State Arms Programme », 18/04/2018, https://ridl.io/en/russias-gpv-2027-state-arms-programme/

[13] « S. Korean military to stepping up Ukraine support », 22/05/2022, http://www.koreaherald.com/view.php?ud=20220524000676

[14]« KM-SAM Cheongung », LIG Nex1, 2012, [en ligne] :

http://www.lignex1.com/en_US/product/product_detail.jsp?pid=3&scode1=&scode2=&scode3=&skey=, consulté le 12 juillet 2020

[15] « Chiron KP-SAM », 13/09/2021, https://www.globalsecurity.org/military/world/rok/kp-sam.htm

[16] https://www.navalnews.com/naval-news/2021/09/south-korea-unveils-new-supersonic-anti-ship-missile/

[17] « Modernisation des S-300PM-2 dans l’Oblast de Voronej, 26/11/2021, https://t.me/pvo_vks/4220

[18] «Osnova nazemnovo segmenta PVO RV», 09/03/2020, https://topwar.ru/168775-sistemy-pvo-v-rf-zrs-s-300pt-s-300ps-i-s-300pm.html

[19] « Situation à Lissichiansk », 05/06/2022, https://t.me/Ugolok_Sitha/6731

[20] TSIMBALOV Alexandre, « Zadatcha – Obespetchit strategitcheskuyou mobilnost », VKO, 2012-03, p. 37

À propos de l’auteur
Tigrane Yégavian

Tigrane Yégavian

Chercheur au Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R), il est titulaire d’un master en politique comparée spécialité Monde Musulman de l’IEP de Paris et d’une licence d’arabe à l’INALCO. Après avoir étudié la question turkmène en Irak et la question des minorités en Syrie et au Liban, il s’est tourné vers le journalisme spécialisé. Il a notamment publié "Arménie à l’ombre de la montagne sacrée", Névicata, 2015, "Missio"n, (coécrit avec Bernard Kinvi), éd. du Cerf, 2019, "Minorités d'Orient les oubliés de l'Histoire", (Le Rocher, 2019) et "Géopolitique de l'Arménie" (Bibliomonde, 2019).
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