Les Balkans occidentaux : une région stratégique pour la Hongrie et l’Italie

9 décembre 2020

Temps de lecture : 9 minutes
Photo : Dubrovnik en Croatie (c) Pixabay
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Les Balkans occidentaux : une région stratégique pour la Hongrie et l’Italie

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Zone tampon entre la Turquie, l’Europe centrale et l’Europe occidentale d’une part, et entre la mer Méditerranée, la mer Adriatique et la mer Noire d’autre part, les Balkans retiennent historiquement le plus vif intérêt de l’Italie et de la Hongrie. La question de l’élargissement de l’Union européenne à certains pays balkaniques ainsi que les enjeux cruciaux de la crise des migrants réactualisent plus que jamais les préoccupations de ces deux pays dans la région.

 

La région des Balkans occidentaux attire l’attention de l’UE. En effet, la communication de la Commission européenne sur la politique d’élargissement de l’Union européenne du 6 octobre 2020 [1] a présenté un point d’actualité sur l’avancement des réformes des pays candidats. En 2018, la Commission Juncker avait réaffirmé, dans sa stratégie, la « perspective européenne » donnée aux États de cette région.[2] La déclaration de Sofia du 17 mai 2018 confirme cette volonté d’élargissement de l’UE aux six États des Balkans occidentaux : l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, la Serbie, le Monténégro, l’ancienne République yougoslave de Macédoine (ou Macédoine du Nord) et le Kosovo.[3] Cette stratégie s’inscrit dans la continuité de l’adhésion de la Slovénie en 2004 et de la Croatie en 2013. En effet, mis à part l’Albanie, les pays des Balkans occidentaux sont, à l’instar de la Slovénie et de la Croatie, des anciens membres de la Yougoslavie. Cet héritage commun, influencé par les conflits consécutifs à l’effondrement de la Yougoslavie en 1992, pèse encore sur leurs relations.

Dès lors, leur adhésion à l’UE se fait à plusieurs vitesses. L’Albanie et la Macédoine du Nord apparaissent comme les États les plus avancés dans l’adhésion. Néanmoins, des divergences internes à l’UE persistent, et plus précisément au niveau des États membres. Emmanuel Macron a mis son véto à l’ouverture de négociations d’adhésion avec les deux pays en octobre 2019. Les griefs du président français ont été formulés dès 2018 : le risque d’un affaiblissement de la stabilité et de la cohésion de l’UE du fait d’un élargissement trop rapide[4]. Néanmoins, si la France choisit une posture plus prudente dans la région des Balkans, d’autres États membres de l’UE se montrent, au contraire, partisans d’une intégration de celle-ci dans l’UE. L’Italie et la Hongrie sont les principaux soutiens de cet élargissement. Les Premiers ministres italien Giuseppe Conte [5] et hongrois Viktor Orban [6] ont tous les deux affirmé leur souhait de l’adhésion à l’UE de l’Albanie et de la Macédoine du Nord. États voisins des Balkans, les positions de Rome et Budapest ne sont pas le fruit d’un hasard et apparaissent comme l’expression d’intérêts historiques actualisés par les problématiques de nos jours.

 

Les Balkans : un territoire stratégique historique

Une région instable vulnérable aux grandes puissances

 

Les Balkans sont une région géographiquement montagneuse, mais avec une position stratégique : elle borde la mer Méditerranée et se situe entre l’Europe centrale et les frontières du continent européen (à savoir la Grèce et la Turquie). Région entourée par des empires, elle fut l’objet à la fois de frontière entre eux, mais aussi de convoitises. En tant que territoire côtier et fluvial, elle offre un accès à la mer Méditerranée aux puissances continentales. Inversement, la région des Balkans est une route vers l’Europe centrale et l’ouest. Elle est en même temps une zone complexe et une source de conflits : elle compte en son sein une dizaine de peuples animés par des rivalités[7] et des divergences religieuses. Cette diversité est due aux migrations successives venant d’Eurasie au cours des siècles, bien que principalement composés de populations d’origines slaves et turco-mongoles[8]. Cette diversité ethnique et religieuse a contribué à faire des Balkans une région fortement instable générant des conflits comme les guerres balkaniques du 1912-1913, mais aussi la Première Guerre mondiale : l’invasion de la Serbie par l’Empire austro-hongrois suite à l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand par un terroriste serbe en Bosnie.

De plus, ces diversités ont été utilisées par les grandes puissances. L’Empire ottoman puis la Turquie utilisent les communautés musulmanes, tandis que la Russie se montre particulièrement présente du fait de la religion orthodoxe et des ethnies slaves dans cette région. Dès le XIXe siècle, l’influence du mouvement panslaviste en Russie a poussé Moscou à avoir un rôle actif dans les Balkans afin d’affaiblir l’un de ses principaux rivaux, l’Empire ottoman, et de renforcer son poids en Méditerranée[9]. Cette présence historique de la Russie n’est pas à négliger, car elle influe sur la politique des États entourant les Balkans.

 

Une région marquée par une présence hongroise et italienne historique

 

En effet, historiquement, les Balkans ont été une zone tampon entre l’Empire ottoman et les empires d’Europe centrale, comme l’empire austro-hongrois. Au XIXe siècle, cette région faisait partie de la « question d’Orient »[10]. Plus précisément, le couloir fluvial Morava-Vardar, reliant les terres hongroises à la Méditerranée en passant par la Serbie, le Kosovo et la Macédoine du Nord actuelle[11], fut prisé par l’Autriche-Hongrie. C’était un moyen d’atteindre leurs ambitions économiques face à l’Empire ottoman. Les Balkans étaient d’autant plus une source d’intérêt que l’Empire austro-hongrois  occupait une part non négligeable de cette région. En 1914, les Habsbourgs contrôlent les territoires actuels de la Slovénie, de la Croatie, de la Bosnie et une partie de la Serbie. Après la Première Guerre mondiale et avec le démantèlement de la monarchie des Habsbourg, la Hongrie, qui était une partie de l’Empire austro-hongrois, va voir sa puissance réduite. Avec le traité du Trianon signé le 4 juin 1920, la Hongrie perd « 70 % de son territoire et trois millions de ses habitants : un Hongrois sur trois se retrouve en situation de minorité dans un nouveau pays »[12]. Si ces pertes de territoires et de populations ne concernent pas uniquement les Balkans, elles démontrent une perte de poids politique. En conséquence de ce morcellement, des minorités hongroises existent dans des pays limitrophes à la Hongrie. Ainsi, dans la province autonome de Voïvodine en Serbie, 20% de la population est hongroise sous la période yougoslave et 300 000 personnes en 2008.[13]

Du côté de l’Italie, la jeune nation unifiée dans la seconde moitié du XIXe siècle cherche à s’insérer dans le concert des grandes nations européennes et à en avoir les attributs pour être respectée. A une époque où la puissance passe par la possession de colonies ou de zones d’influence, l’Italie se focalise sur les Balkans pour étendre son empire[14]. Ce choix n’est pas dû au hasard. Cette région contient les terres irrédentes telles que Trieste, l’Istrie et la Dalmatie, peuplées d’Italiens, mais contrôlées, au XIXe siècle, par l’Autriche-Hongrie. Prendre le contrôle de ces terres s’inscrit dans le développement de la nation italienne et dans l’optique d’assurer l’héritage de l’unification nationale ou « Risorgimento » en italien. Cet irrédentisme est réactivé après la fin de la première guerre mondiale avec l’arrivée au pouvoir de Benito Mussolini. Il y voit un moyen de se démarquer du contrôle allemand et soviétique en Europe centrale. En effet, l’influence soviétique dans les Balkans est source d’inquiétudes pour l’Italie fasciste. Elle se veut un pilier de la lutte anti-Kominterm et anti-communiste[15] et souhaite, en outre, s’assurer que la mer Adriatique devienne un « lac italien ». Cette politique aboutira à l’annexion de l’Albanie en 1939 et à la campagne des Balkans pendant la Seconde Guerre mondiale. La fin de cette dernière permit un retour à des relations plus paisibles, mais ne mit pas fin au lien entre l’Italie et les Balkans. La Yougoslavie de Josip Broz Tito entretint un lien fort avec l’Italie sur des questions économiques et politiques. Une situation aidée par l’importance des communistes italiens sur la scène politique de leur pays.[16]

Ainsi, du fait de leur proximité géographique, la Hongrie et l’Italie se sont montrées particulièrement actives dans la politique des Balkans, zone d’influence pour ces deux pays. Le développement de l’Union européenne a permis de mettre fin aux politiques militaristes des deux États. Néanmoins, cet intérêt, que portent l’Italie et la Hongrie, persiste et se concrétise avec leurs souhaits de l’élargissement de l’UE dans les Balkans. En cela, les deux pays cherchent de nouveau à retrouver leur place sur la scène européenne.

 

A lire aussi : La Russie et les Balkans : du panslavisme à la diplomatie énergétique ?

 

L’adhésion à l’UE des Balkans : un moyen de créer un contrepoids au couple franco-allemand

 

En tant que partisans de l’entrée dans l’UE des Balkans occidentaux, l’Italie et la Hongrie réactualisent leurs intérêts dans cette région. En l’espèce, du fait de leur influence dans cette région, l’adhésion des Balkans à l’UE leur permettrait de consolider leur poids politique en Europe. Qu’il s’agisse de l’Italie ou de la Hongrie, les deux États cherchent à éviter leur marginalisation dans les affaires européennes qui seraient incarnées par le couple franco-allemand (et le Royaume-Uni avant le Brexit). Ne possédant pas les atouts des autres grandes puissances, ces pays compensent par une diplomatie visant à développer des partenariats politiques variés.

 

Renforcer l’influence dans les Balkans pour assurer la stabilité hongroise et italienne

 

Les problèmes actuels, comme la crise des migrants, ont relancé l’intérêt de la Hongrie et de l’Italie pour les Balkans. Les Balkans deviennent une route pour l’immigration clandestine de la Grèce vers la Hongrie et l’Italie. Viktor Orban, connu pour être un héraut de la politique anti-migrants, utilise les Hongrois en Serbie[17] pour consolider son pouvoir en Hongrie. En effet, la Hongrie a donné un passeport européen à de nombreux Hongrois de souche (leur permettant de travailler dans l’UE). Reconnaissants envers Viktor Orban, ils étaient plus susceptibles de voter pour le référendum hongrois contre les quotas de migrants de l’UE. Les Hongrois de souche sont une clé de la politique étrangère de Budapest, ce qui conduit le gouvernement à renforcer son soutien financier[18] à ces populations fin 2019.

Pour l’Italie, les Balkans font partie d’un projet régional autour de la mer Adriatique. Une politique trilatérale entre l’Albanie, l’Italie et la Serbie montre un renouveau de la diplomatie dans cette région, principalement sur les questions commerciales. L’objectif pour Rome est  toujours de devenir une puissance adriatique. Cet intérêt est d’autant plus important que la mer Méditerranée a retrouvé une importance géopolitique. À l’instar de la Hongrie, la crise des migrants est un problème pour l’Italie, mais il faut aussi y ajouter les réseaux mafieux. L’importance de la mafia en Italie, combinée avec la situation fragile en ex-Yougoslavie, a offert aux réseaux d’activités illicites la capacité de prospérer. Ces trafics permettent le développement d’un marché noir des armes, mais aussi des réseaux de trafic d’humains et d’immigrés clandestins, et ce, avant même le début de la crise migratoire. Dès lors, les Balkans deviennent une question de sécurité intérieure pour un pays comme l’Italie.

La Hongrie et l’Italie agissent comme des portes d’entrée de l’UE avec tous les inconvénients que cette position donne. Il est, dès lors, compréhensible que les deux pays souhaitent une adhésion des Balkans à l’UE pour mutualiser les décisions et ne plus être les seuls à supporter le fardeau. De plus, la crise économique liée au Covid-19 va frapper durement les pays pauvres, majoritairement africains. Ce qui va provoquer une crise migratoire de grande ampleur et donc amener les Balkans à être encore plus une route pour l’immigration illégale. Une situation qui va être d’autant plus difficile à gérer pour la Hongrie et surtout l’Italie déjà lourdement affaiblie par le Covid-19.

 

Les Balkans : enjeu d’un tournant vers l’est et vers la Russie

 

Ce regain d’intérêt pour les Balkans s’explique également par une logique plus générale d’un tournant vers l’est. Afin de ne pas dépendre économiquement et politiquement de la France et de l’Allemagne, la Hongrie et l’Italie vont chercher de nouveaux partenaires à l’est comme la Russie. Cette dernière présente dans la région des Balkans, suscite d’autant plus l’intérêt de Rome et de Budapest.

Les Balkans sont une région d’Europe où l’influence russe est forte et historique notamment vis-à-vis des Slaves de Serbie. Mais là où dans le passé, Moscou était une menace pour l’Italie et la Hongrie, on assiste à l’heure actuelle à une plus grande proximité entre ces États. L’Italie participe à travers l’entreprise italienne ENI au projet South Stream, piloté par Gazprom visant à relier par la mer Noire les gazoducs de la Russie aux pays du sud de l’Europe dont l’Italie et la Hongrie. En outre, ce projet offre à la société étatique russe Gazprom un avantage stratégique en Europe. Ce projet est important pour l’Italie, et elle a utilisé son influence sur les pays des Balkans pour assurer la réalisation de South Stream.[19] Si ce projet n’a pas abouti, il démontre bien l’influence que peut avoir la Russie dans les projets économiques et politiques des pays de l’UE et dans les Balkans. Et ce d’autant plus que l’Italie montre une volonté de  continuer à coopérer avec la Russie dans la région sur les questions énergétiques[20]. La partie orientale de la mer Méditerranée est ainsi devenue le pendant sud de la mer Baltique pour la Russie sur les questions énergétiques. Moscou développe un partenariat énergétique avec l’Allemagne à travers Nord Stream dans la mer Baltique. Il apparaît logique que l’Italie souhaite avoir aussi une place de partenaire énergétique vis-à-vis de la Russie afin d’être un acteur essentiel du sud de l’UE et de ne pas laisser la politique énergétique aux mains de Berlin. De ce fait, les Balkans, en tant que zone stratégique située entre la mer Noire et l’Italie, doivent faire l’objet d’une attention particulière par Rome.

Quant à la Hongrie, la présence russe ne semble pas être source d’inquiétudes. Sa position se justifie par le souhait de diversifier ses relations afin de ne pas être dépendante d’un seul État. Le Premier ministre Orban rejetant l’idée d’une Europe centralisée, le développement des relations avec Moscou lui permet d’effectuer un équilibre entre l’Europe de l’Ouest et la Russie.

Ainsi, l’intérêt de la Hongrie et de l’Italie pour les Balkans n’est pas nouveau. La logique d’équilibre des puissances reste toujours d’actualité avec cette volonté d’éviter de dépendre d’un seul pôle de pouvoir, perçu à Rome et à Budapest comme étant le couple franco-allemand. Dès lors, les Balkans redeviennent un outil géopolitique pour assurer une zone d’influence tirée de l’histoire afin de peser sur les relations européennes. La crise du Covid-19 a ralenti le processus d’adhésion des Balkans à l’UE, cette dernière étant en proie à de fortes divisions internes. Néanmoins, l’attention que  l’Italie et la Hongrie portent à cette région va persister. À cet effet, il n’est guère surprenant que le commissaire européen à l’élargissement soit le commissaire hongrois en la personne de Olivér Várhelyi.

 

[1] https://ec.europa.eu/neighbourhood-enlargement/sites/near/files/20201006-communication-on-eu-enlargement-policy_fr.pdf

[2] Parlement Européen. « Les Balkans occidentaux | Fiches thématiques sur l’Union européenne ». Consulté le 23 mars 2020. https://www.europarl.europa.eu/factsheets/fr/sheet/168/les-balkans-occidentaux.

[3] Commission européenne. « Déclaration de Sofia du sommet UE-Balkans occidentaux, 17 mai 2018 ». Consulté le 23 mars 2020. http://www.consilium.europa.eu/fr/press/press-releases/2018/05/17/sofia-declaration-of-the-eu-western-balkans-summit/.

[4] Macron, Emmanuel. « Sommet Union européenne – Balkans occidentaux à Sofia en Bulgarie ». elysee.fr. Consulté le 23 mars 2020. https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2018/05/18/sommet-union-europeenne-balkans-occidentaux-a-sofia-en-bulgarie.

[5] Marusic, Sinisa Jakov. « Italy Seeks to Keep Balkan EU Enlargement on the Table ». Balkan Insight (blog), 22 octobre 2019. https://balkaninsight.com/2019/10/22/italy-seeks-to-keep-balkan-eu-enlargement-on-the-table/.

[6] www.euractiv.com. « Orban Says Hungary to Increase Its EU Influence with the Enlargement Portfolio », 22 novembre 2019. https://www.euractiv.com/section/elections/news/orban-says-hungary-to-increase-its-eu-influence-with-the-enlargement-portfolio/.

[7] Lacoste, Yves. Géopolitique de la Méditerranée. Paris: Armand Colin, 2006, p.295.

[8] Ibid, p.302.

[9] Mougel, François-Charles, et Séverine Pacteau. « Chapitre IV. L’hégémonie européenne (1870-1890) ». Que sais-je? 13e ed. (28 décembre 2016): p.32.

[10] Ibid, p.297.

[11] Ejupi, Arsim. « The idea of Morava-Vardar water canal and its long-term geopolitical context ». GeoScape 12 (1 décembre 2018): 84‑91.

[12] Horel, Catherine. « Introduction. La fin de l’Autriche-Hongrie : réflexions sur l’Europe centrale après 1918 ». Les cahiers Irice n° 13, no 1 (25 mai 2015): p.8.

[13] Dérens, Jean-Arnault. « Minorités nationales dans les Balkans ». Hommes & Migrations 1275, no 1 (2008): p.8.

[14] Jesné, Fabrice. « Les racines idéologiques de l’impérialisme italien dans les Balkans, 1861-1915 ». Hypotheses 9, no 1 (2006): 271‑72.

[15] Mousset, Albert. « L’Italie et les Balkans ». Politique étrangère 4, no 6 (1939): 555‑66.

[16] Romano, Sergio. « L’Italie et l’Europe du Danube et des Balkans ». Politique étrangère 57, no 2 (1992): 349‑58.

[17] https://budapestbeacon.com/grateful-to-orban-for-eu-passports-ethnic-hungarians-living-in-serbia-to-vote-no-in-referendum/

[18] http://abouthungary.hu/news-in-brief/government-doubles-support-for-ethnic-hungarians/

[19] Gvosdev, Nikolas K., Russian Foreign Policy: Interests, Vectors, and Sectors , Op. Cit. p.268

[20] https://balkaneu.com/does-italy-support-the-revival-of-the-south-stream-pipeline/

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À propos de l’auteur
Alexandre Massaux

Alexandre Massaux

Docteur en relations internationales de l'Université de Toulon.
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