<i class='fa fa-lock' aria-hidden='true'></i> L’hygiène animale, un enjeu sanitaire primordial

7 juin 2021

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L’hygiène animale, un enjeu sanitaire primordial

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Parce qu’elle touche à l’élevage, au monde agricole et donc à notre alimentation, l’hygiène animale et vétérinaire est un enjeu sanitaire primordial. La transmission des virus animaux à l’homme pouvant engendrer des épidémies mondiales, contrôler et réguler l’hygiène des cheptels est un enjeu de santé public. Là aussi, l’industrie chimique et pharmaceutique entre en scène pour améliorer les conditions de vie des populations. 

 

Le traitement de l’hygiène

 

Au cours de cette pandémie mondiale, la santé s’est placée au cœur de la cité. Tambour battant, elle a rebattu toutes les cartes de notre société actuelle : qu’elles soient économiques, politiques, sociales ou géopolitiques. La règle européenne des 3 % de déficit public a volé en éclats, le gouvernement tient un conseil de guerre pour neutraliser le virus, la population est confinée ou soumise à un couvre-feu, le télétravail est vivement recommandé, et les pays se livrent une lutte farouche pour produire ou obtenir des vaccins. Dans son Histoire de la sexualité, le sociologue français Michel Foucault annonçait, à la fin des années 1970, l’avènement de cette centralité de la santé à travers ce qu’il appelait le « bio-pouvoir », à savoir un nouveau type de pouvoir qui s’exerce sur la vie : « Les mécanismes du pouvoir s’adressent au corps, à la vie, à ce qui la fait proliférer, à ce qui renforce l’espèce, sa vigueur, sa capacité de dominer, ou son aptitude à être utilisée. » C’est ce que nous vivons aujourd’hui. Au-delà des enjeux politiques et médicaux, la crise de la Covid-19 a également favorisé le grand retour de la question industrielle. La guerre contre le virus ne peut se faire sans masques chirurgicaux, sans tests antigéniques ou PCR, sans gel hydroalcoolique, ou bien encore sans vaccins. C’est le propre de l’industrie de produire ce genre de choses. Et la France a eu quelques sueurs froides quand elle s’est aperçue qu’elle n’en avait plus vraiment les moyens. Avec la fermeture des frontières, les chaînes de valeurs globales se sont enrayées et le principe de « l’industrie sans usine » s’est effondré.

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L’industrie au service de la santé

 

L’industrie est un secteur vaste, riche et complexe. Les domaines les plus connus et les plus brillants en France sont évidemment l’armement, le luxe ou le nucléaire, mais ils ne sauraient faire oublier l’industrie de la santé : les produits pharmaceutiques, les produits hospitaliers, les produits vétérinaires, mais également les produits d’hygiène et d’entretien. Corollaire de la santé, l’hygiène est elle aussi devenue centrale dans notre société actuelle. D’après le Larousse, l’hygiène est « l’ensemble des principes, des pratiques individuelles ou collectives visant à la conservation de la santé, au fonctionnement normal de l’organisme ». Le Robert définit également l’hygiène publique comme « l’ensemble des moyens mis en œuvre par l’État pour sauvegarder la santé publique ». L’hygiène vise donc à conserver la santé. En quelque sorte, elle est en amont du processus médical en se fondant sur trois actions essentielles : le nettoyage, la désinfection et la conservation. Ces actions permettent de prévenir les infections et l’apparition de maladies infectieuses telles que la Covid-19. L’hygiène, c’est l’art de la prévention. Le nettoyage, la désinfection et la conservation concernent l’ensemble des êtres vivants (hommes, animaux, végétaux), mais aussi les bâtiments et l’environnement. Un homme peut être infecté en discutant avec un ami, en caressant son chien de compagnie, en posant sa main sur le bureau ou le mur d’un collègue ou en respirant l’air de la salle de réunion. Le nettoyage des mains est la première mesure de désinfection et de conservation. Ce n’est pas un hasard si le lavage des mains est l’un des premiers et des principaux « gestes barrières ». 

L’hygiène est aussi vieille que l’humanité. Le mot hygiène vient de Hygie, déesse grecque de la santé et de la propreté. Étymologiquement, son nom veut dire « qui contribue à la santé ». Napoléon III et le préfet Haussmann ont transformé Paris au xixe siècle pour des raisons hygiéniques notamment. À la même époque, le lavage des mains, fortement recommandé par l’obstétricien hongrois Ignace Philippe Semmelweis, a permis de réduire drastiquement la mortalité maternelle périnatale lors des accouchements. Les principes, la connaissance et les méthodes de l’hygiène ont évolué à travers le temps, mais l’objectif a toujours été le même : préserver la santé. Pour ce faire, nous devons l’une des plus grandes avancées sur le sujet au microbiologiste français Louis Pasteur et au médecin allemand Robert Koch : bien que rivaux, ils découvrirent l’existence des microbes, ces micro-organismes vivants qui sont à l’origine des maladies. Pasteur rappelait la locution latine « Omne vivum ex vivo » : tout ce qui vit vient du vivant. Cette notion de micro-organismes vivants est fondamentale dans le traitement de l’hygiène. Tout ce qui vit finit par mourir et une mort peut être provoquée volontairement. Les virus sont nuisibles, ils vivent, et nous avons les moyens de les tuer. C’est tout l’enjeu de ce qu’on appelle les produits biocides.

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Les biocides face au virus

 

La croissance démographique, la mondialisation des flux, la consommation de masse favorisent l’émergence et la diffusion des virus. La multiplication des contacts provoque inéluctablement la multiplication des risques de contamination. Pour se développer, ces micro-organismes ont besoin de chaleur, d’humidité et d’un milieu nutritif qui leur convient : un lieu à l’hygiène douteuse avec quantité de déchets servant de source alimentaire abondante. Ces minuscules organismes vivants (bactéries, champignons, virus, biofilms, etc.), invisibles à l’œil nu, se développent et peuvent nous causer bien des complications. Il est donc nécessaire de contrôler ces populations pathogènes : les rendre inoffensives, c’est-à-dire de les tuer. Souvent, il faut utiliser des produits biocides qui, comme beaucoup de spécialités, sont à employer avec précaution pour ne nuire ni à la santé ni à l’environnement. Cette production est très contrôlée par le ministère de la Transition écologique.

 

La réglementation des biocides

 

Étymologiquement, un biocide est ce « qui tue la vie ». Selon le règlement de l’Union européenne (UE 528/2012), un produit biocide est « toute substance ou tout mélange, sous la forme dans laquelle il est livré à l’utilisateur, constitué d’une ou plusieurs substances actives, en contenant ou en générant, qui est destiné à détruire, repousser ou rendre inoffensifs les organismes nuisibles, à en prévenir l’action ou à les combattre de toute autre manière par une action autre qu’une simple action physique ou mécanique ». Bien que ciblant les organismes nuisibles, les biocides sont par définition des produits actifs susceptibles d’avoir des effets sur l’homme, l’animal ou l’environnement. Les procédés de fabrication de produits biocides sont très encadrés par les réglementations françaises et européennes. Elles sont fondées sur deux principes : l’évaluation et l’approbation des substances actives ainsi que la délivrance d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour tous les produits biocides mis sur le marché européen. Ces produits sont classés en quatre grands groupes, comprenant 22 types de produits (appelés TP) :

  1. Les désinfectants ;
  2. Les produits de protection ;
  3. Les produits de lutte contre les nuisibles (rodenticides, insecticides, répulsifs et appâts, etc.) ;
  4. Les autres produits biocides (produits antisalissures, fluides utilisés pour l’embaumement et la taxidermie, etc.).

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Les laboratoires CEETAL-CMPC, PME spécialiste de l’hygiène

 

Les produits détergents et désinfectants sont fabriqués par des sociétés industrielles. Il en existe plusieurs en France. Elles sont de toutes tailles, de toutes spécialités, et réparties sur l’ensemble du territoire métropolitain et également ultramarin. À Saint-Étienne dans la Loire (42), les laboratoires CEETAL-CMPC sont spécialisés dans la fabrication de produits d’hygiène depuis 1962. Comme la plupart de ses confrères, l’entreprise a été fortement sollicitée pendant la crise de la Covid-19, notamment au printemps 2020. Cette entreprise familiale conçoit, fabrique et commercialise ses propres solutions d’hygiène. Une solution est un produit (majoritairement liquide) composé d’éléments chimiques qui vont avoir un pouvoir détergent ou désinfectant sur la surface souhaitée. Les laboratoires CEETAL-CMPC font partie de ce large tissu de TPE, PME et EPI françaises qui conçoivent et fabriquent 100 % français. C’est une vraie force et une lueur d’espoir pour enfin sortir de la crise, relancer l’économie du pays et prévenir les prochaines crises à venir.

 

L’hygiène des animaux

 

Si les risques virologiques et les procédés hygiéniques pour l’homme sont de plus en plus connus, il est bon de mieux connaître les mêmes dangers pour les animaux, notamment dans le domaine de l’élevage. Les animaux sont très sensibles aux contaminations. Ils peuvent être des vecteurs de micro-organismes pour l’homme, mais ils peuvent également mourir en grand nombre à cause de ceux-ci. Ce qui provoque des drames tant pour le bien-être animal que pour la pérennité des exploitations agricoles. En France, les élevages ont été récemment durement affectés par des épidémies comme la grippe aviaire ou la peste porcine africaine. Tout comme la Covid-19, ce sont des maladies provoquées par des virus ayant de multiples souches. Si elle n’est pas transmissible à l’homme, la grippe aviaire est néanmoins un fléau dans le milieu de l’élevage. Selon le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, « à la date du 19 février, 3,5 millions de volailles (essentiellement des canards) ont été abattues dans le Sud-Ouest sur ordre de l’administration, par suite de la détection de foyers ou de manière préventive pour limiter la propagation du virus ». Le ministère ajoute qu’il « convient de rappeler l’impérieuse nécessité de garantir la biosécurité dans les élevages ». 

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La biosécurité

 

Dans le monde de l’élevage, la biosécurité prend une ampleur considérable. Les pouvoirs publics poussent les éleveurs à en appliquer des protocoles. Selon le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, la biosécurité « désigne l’ensemble de mesures préventives et réglementaires visant à réduire les risques de diffusion et transmission de maladies infectieuses chez l’homme, l’animal et le végétal ». En quelques mots, il s’agit de nettoyer et de désinfecter de manière complète et totale son bétail, ses bâtiments, ses outils et soi-même. En moins d’un jour, un seul microbe peut se reproduire et se multiplier à un nombre supérieur à la population mondiale. Garder ces nuisibles hors du bétail et des bâtiments est la clef de la santé des animaux et du succès de l’entreprise agricole. Pour ce faire, l’éleveur doit appliquer des processus de biosécurité afin de tout nettoyer à sec, de tout laver, rincer et désinfecter. Dans ce cadre, les laboratoires CEETAL-CMPC proposent des plans complets de biosécurité à ses clients éleveurs.

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En somme, la crise de la Covid-19 a bouleversé la France tout entière. Vieilles comme le monde, la santé et l’hygiène sont devenues centrales dans la société. En plus du corps médical et des politiques publiques, elles sont soutenues par de nombreuses entreprises industrielles françaises. L’hygiène permet de nettoyer et de désinfecter pour conserver la vie. Des produits tels que les biocides sont d’une grande utilité pour neutraliser les micro-organismes qui sont à la source des maladies. La biosécurité est une méthode d’hygiène globale qui tient à prévenir au maximum les épidémies pour les hommes et pour les animaux avec des protocoles stricts et précis. D’une crise naît toujours des opportunités. Espérons que la France et l’industrie de l’hygiène puissent les saisir.

À propos de l’auteur
Louis Vidal

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