L’Iran se dit prêt à au moins six mois de guerre

8 mars 2026

Temps de lecture : 4 minutes

Photo : Attaques au Moyen-Orient (c) AFP

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L’Iran se dit prêt à au moins six mois de guerre

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  • L’Iran affirme pouvoir soutenir six mois de guerre intense contre les États-Unis et Israël, tout en promettant des frappes de missiles de longue portée inédites.

  • Israël multiplie les bombardements au Liban et en Iran, frappant notamment un hôtel à Beyrouth abritant des commandants des Gardiens de la Révolution.

  • Le conflit s’étend aux pays du Golfe — Koweït, Arabie saoudite, Émirats — provoquant une crise régionale majeure et une flambée des prix du pétrole.

L’Iran a assuré dimanche être capable de se battre pendant encore au moins six mois contre les États-Unis et
Israël, lequel a frappé à l’aube un hôtel au cœur de Beyrouth accusé d’héberger des chefs des
Gardiens de la Révolution.

La guerre au Moyen-Orient, entrée dimanche dans son neuvième jour, a aussi donné lieu à de nouvelles attaques aériennes dans plusieurs pays du Golfe.
Et l’armée israélienne a annoncé dans la matinée le lancement d’une nouvelle vague de frappes pour toucher des sites militaires « à travers l’Iran ».

« Les forces armées de la République islamique d’Iran sont capables de poursuivre au moins six mois de guerre intense au rythme actuel des opérations », a assuré à la télévision d’État Ali Mohammad Naini, porte-parole des Gardiens, l’armée idéologique de la République islamique.

« Dans les jours à venir, des attaques d’un nouveau style seront menées au moyen de missiles de longue portée, avancés et moins utilisés. »

« L’ennemi doit s’attendre à des frappes ciblées plus douloureuses et plus précises », a affirmé le porte-parole.

De leur côté, les États-Unis et Israël ont visé samedi un dépôt de pétrole du sud de Téhéran, selon les médias d’État iraniens, la première attaque rapportée contre des infrastructures pétrolières iraniennes depuis le début de la guerre.
Des frappes ont aussi touché un dépôt de carburant dans le nord-ouest de la capitale.

« Frappe de précision »

Dimanche matin, à quelque 1 500 km de là, la banlieue sud de Beyrouth est de nouveau la cible de bombardements. L’armée israélienne avait annoncé y cibler des infrastructures du mouvement chiite pro-iranien
Hezbollah dans le secteur, qui lui sert de bastion.

D’après le ministère de la Santé, Israël a frappé un hôtel, faisant quatre morts et 10 blessés. L’établissement — l’hôtel Ramada — est situé dans le quartier de Raouché, sur le front de mer, une zone touristique jusqu’à présent épargnée par les frappes israéliennes visant le Hezbollah.

Attaques au Moyen-Orient (c) AFP

Israël a décrit une « frappe de précision » contre « d’importants commandants » de la Force Qods, la branche des opérations extérieures des Gardiens de la révolution.

Israël a décrit une « frappe de précision » contre d’importants commandants de la Force Qods, la branche des opérations extérieures des Gardiens de la révolution.

Outre les quatre morts de l’hôtel à Beyrouth, 12 personnes ont été tuées dans des frappes israéliennes à travers le Liban dans la nuit.
Dans une allocution, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait affirmé plus tôt que son pays allait poursuivre « de toute sa force » la guerre contre l’Iran, au moyen « d’un plan méthodique, avec de nombreuses surprises ».

Des pays du Golfe visés dans la nuit

La guerre a démarré le 28 février à l’initiative d’Israël et de Washington, qui ont frappé le cœur du pouvoir à Téhéran et tué, entre autres, le guide suprême,
Ali Khamenei.
Depuis, les bombardements israélo-américains continuent sur l’Iran, en parallèle de frappes israéliennes au Liban.

Le régime iranien réplique en envoyant des missiles et des drones vers des États du Golfe qui abritent des intérêts américains, et aussi vers Israël.
La guerre déstabilise tout le Moyen-Orient, en raison notamment des impacts sur la production et la distribution des hydrocarbures, qui font flamber les prix.

Le Koweït, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont tous été visés par des missiles et drones iraniens en une seule nuit, signant l’extension régionale du conflit.

Le Koweït a déclaré dimanche matin être toujours aux prises avec une attaque de missiles et de drones, dénonçant le ciblage des réservoirs de carburant de son aéroport international.
En Arabie saoudite, le quartier diplomatique de Ryad a été visé par une attaque de drone, déjouée selon le gouvernement.
Aux Émirats arabes unis, une menace de missiles et de drones a été signalée dans la matinée.

Avertissement de Pezeshkian

Le président iranien Massoud Pezeshkian a averti dimanche que « si l’ennemi tente d’utiliser le territoire d’un pays pour lancer une agression contre notre territoire, nous serons forcés de riposter ».
La veille, il avait présenté ses excuses aux États voisins pour les frappes les ayant visés.

Les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe ont tenu une réunion d’urgence par visioconférence sur les attaques iraniennes contre les territoires de plusieurs membres.
Le chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ali Larijani, a estimé que les États-Unis s’étaient « piégés » en misant sur une résistance de courte durée.

Au début de la guerre, Donald Trump avait appelé le peuple iranien à renverser la République islamique, instaurée en 1979.
Mais si Washington souhaite la chute du pouvoir, l’objectif déclaré est de détruire les capacités balistiques de l’Iran et de l’empêcher de se doter de la bombe atomique — intention que Téhéran dément avoir.

« Peut-être qu’à un moment nous enverrons des troupes en Iran. Ce serait formidable », a déclaré Donald Trump à bord d’Air Force One.

Le président américain a évoqué samedi un possible envoi futur de troupes au sol en Iran pour contrôler les stocks d’uranium enrichi du pays. « C’est quelque chose que nous pourrions faire plus tard. Mais pas maintenant », a-t-il ajouté.

Les autorités iraniennes ont recensé environ un millier de personnes tuées depuis le début de la guerre, dont 30 % sont des enfants — des affirmations que l’AFP n’a pas pu vérifier.

La guerre au Moyen-Orient « n’aurait jamais dû avoir lieu », a lancé dimanche le chef de la diplomatie chinoise,
Wang Yi, refusant un retour à la « loi de la jungle » au niveau international.

(c) Fabrice Balanche

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