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La police économique et financière de Palerme a saisi plus de 200 millions d’euros d’actifs ayant appartenu à Matteo Messina Denaro, parrain de Cosa Nostra mort en prison en 2023 — hôtels de luxe sur la Costa del Sol, sociétés offshores, or et cryptomonnaies.
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Ces capitaux, accumulés durant quarante ans de trafic de stupéfiants, ont été réinjectés dans l’économie légale via des structures financières disséminées en Espagne, au Luxembourg, à Monaco, aux îles Caïmans, au Liban et à Gibraltar.
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L’opération vise à la fois à récupérer des richesses illicites et à entraver la reconstitution de Cosa Nostra après la disparition de son dernier grand chef.
Hôtels de luxe, sociétés offshores, or : la police italienne a annoncé jeudi la saisie de plus de 200 millions d’euros d’actifs ayant appartenu au défunt parrain de la mafia sicilienne Matteo Messina Denaro, des capitaux issus du trafic de stupéfiants et réinjectés à l’international.
L’enquête « complexe » menée par la police économique et financière de Palerme « a permis de reconstituer un patrimoine considérable, fruit du réemploi, dans de nombreux États européens et extra-européens, de capitaux importants provenant d’activités de trafic de stupéfiants » menées depuis les années 1980 sous l’égide de l’organisation mafieuse Cosa Nostra, selon un communiqué de la Garde des finances italienne.
Une partie de ces flux financiers accumulés durant plus de 40 ans était systématiquement destinée à Matteo Messina Denaro, figure de Cosa Nostra, finalement capturé en 2023 à Palerme après trois décennies de cavale et alors qu’il allait se faire soigner pour un cancer. Le chef du clan de Castelvetrano en Sicile, qui avait à son actif six condamnations à perpétuité, est mort en prison quelques mois après son arrestation, à l’âge de 61 ans.
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Un empire financier disséminé dans douze pays
Les capitaux « ont été, au fil du temps, réinjectés dans les circuits de l’économie légale » et « sont aujourd’hui disséminés dans une multitude d’instruments financiers, de participations actionnariales, de relations bancaires, ainsi que dans des holdings et autres véhicules situés, pour l’essentiel, en Espagne, au Luxembourg, dans la Principauté de Monaco, aux îles Caïmans, au Liban et à Gibraltar », détaille la police italienne. Outre dans ces pays et en Italie, des opérations sont également en cours en Andorre et en Suisse.
Les enquêteurs ont identifié huit sociétés étrangères « utilisées principalement comme véhicules d’investissements immobiliers et de gestion de patrimoine » mais également « de nombreux comptes bancaires et portefeuilles titres » pour une valeur d’environ 12,5 millions d’euros, « des parts de très grande valeur dans l’actionnariat d’un établissement de crédit libanais » ou encore « des opérations d’investissement dans les métaux précieux », soit plus de 12 kg d’or.
« Les biens immobiliers identifiés, au nombre de 22, dont beaucoup de véritables complexes hôteliers de luxe, situés entre Marbella, Benahavis et Puerto Banús, dans quelques-unes des localités les plus exclusives de la Costa del Sol, sont aussi d’une valeur exceptionnelle », poursuit la police italienne.
Les policiers ont eu recours à des moyens aériens, des drones ou encore des scanners thermiques « pour la recherche d’interstices et de cavités cachées » tandis qu’une équipe d’experts spécialisés dans l’analyse informatique a travaillé à l’identification de portefeuilles numériques et de cryptomonnaies. L’enquête, qui a conduit au placement en détention provisoire de trois personnes, est partie d’un signalement des autorités d’Andorre concernant une femme originaire de la commune sicilienne de Campobello di Mazara disposant « de ressources économiques importantes ».
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Une opération de « grande importance stratégique »
Le principal procureur antimafia d’Italie, Giovanni Melillo, a salué jeudi une opération « de grande importance stratégique ».
« Il ne s’agit pas simplement d’identifier et de soustraire à une organisation encore puissante comme Cosa Nostra une part importante des richesses accumulées illicitement au cours de décennies de trafics et d’exploitation parasitaire du territoire. »
L’opération a également réussi, selon lui, à « retarder » et « entraver » la tentative de Cosa Nostra de se reconstruire après la mort de Matteo Messina Denaro.
Le dernier grand parrain de Cosa Nostra
Matteo Messina Denaro était l’un des chefs les plus cruels de l’organisation criminelle sicilienne. Il a été condamné plusieurs fois à la perpétuité par contumace pour son implication dans l’assassinat des juges antimafia Giovanni Falcone et Paolo Borsellino en 1992 et dans des attentats meurtriers à Rome, Florence et Milan en 1993. L’une de ses peines de perpétuité concerne l’ordre donné d’enlever puis d’étrangler le fils de 12 ans d’un témoin dans l’affaire Falcone, dont le corps a ensuite été dissous dans l’acide.
« Les vérifications ultérieures ont permis d’établir que celle-ci avait été mariée à un trafiquant de stupéfiants de haut niveau criminel, déjà condamné de multiples fois, entretenant des relations étroites avec Cosa Nostra », détaille la Garde des finances à propos de la femme qui a servi de point de départ à l’enquête.
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© Agence France-Presse









