Mali : les jihadistes du JNIM revendiquent des attaques coordonnées avec la rébellion touareg

26 avril 2026

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Photo : Mali (c) Conflits

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Mali : les jihadistes du JNIM revendiquent des attaques coordonnées avec la rébellion touareg

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Le JNIM, affilié à Al-Qaïda, a revendiqué des frappes simultanées contre le palais présidentiel, le ministère de la Défense, l’aéroport de Bamako et des positions militaires à Kidal — une offensive d’une ampleur inédite depuis 2012.

Pour la première fois, les jihadistes ont coordonné leurs actions avec le Front de libération de l’Azawad, rébellion touareg séparatiste qui revendique le contrôle de Kidal, ville reprise par l’armée malienne et Wagner en novembre 2023.

Fait inédit, le JNIM s’adresse directement à la Russie en lui proposant une forme de neutralité — signal d’une recomposition stratégique profonde au Sahel.

Dans la matinée du samedi, des combats d’une rare intensité ont éclaté en périphérie de Bamako et dans plusieurs villes du Mali, en particulier à Kidal, bastion des groupes armés indépendantistes dans le nord. Les assauts, entamés à l’aube, se sont poursuivis tout l’après-midi. Le gouvernement a fait état de 16 blessés civils et militaires et de « dégâts matériels limités », assurant que « la situation est totalement sous contrôle dans l’ensemble des localités » attaquées — des assurances contredites par les revendications des assaillants.

Une offensive sans précédent depuis 2012

Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, a revendiqué dans un communiqué publié samedi soir avoir assumé « la responsabilité » des attaques ayant visé « le siège du président malien Assimi Goïta, le siège du ministre malien de la Défense Sadio Camara, l’aéroport international » de Bamako et « les sites militaires dans la ville de Kati ». La résidence du ministre de la Défense a été en grande partie détruite par une forte explosion, selon des habitants. Des incertitudes planent sur le sort du ministre, du patron du renseignement malien et du chef de la junte.

À Bamako, des hélicoptères ayant mené des frappes dans la matinée ont tourné tout l’après-midi au-dessus de la capitale. Plusieurs artères menant à des infrastructures militaires, à l’aéroport et au palais présidentiel de Koulouba étaient bouclées par les forces de sécurité. Des tirs se sont également poursuivis à Kati, ville voisine abritant la résidence du général Goïta, et une attaque a eu lieu à Sévaré, dans le centre du pays.

« Nous faisons face à une vaste offensive coordonnée dans tout le pays à un niveau inédit depuis 2012, lorsque le gouvernement a perdu la moitié du pays. »
— Charlie Werb, analyste, Aldebaran Threat Consultants

Le retour de Kidal

Malgré les assurances du gouvernement, le Front de libération de l’Azawad (FLA), groupe séparatiste réclamant le territoire de l’Azawad dans le nord du Mali, a annoncé contrôler Kidal. La ville avait été reprise en novembre 2023 par l’armée malienne appuyée par des combattants du groupe paramilitaire russe Wagner, mettant fin à plus d’une décennie de contrôle par des groupes rebelles. Le FLA revendique en outre avoir pris le contrôle de plusieurs positions dans la région de Gao.

Dans son communiqué, le JNIM proclame une « victoire » fruit d’un « travail acharné » et d’une coordination avec ses « partenaires », saluant notamment « la participation active de nos frères du Front de libération de l’Azawad ». Cette alliance opérationnelle entre jihadistes d’Al-Qaïda et rebelles touaregs indépendantistes constitue une évolution tactique majeure dans le conflit malien, où les deux forces avaient jusqu’ici entretenu des relations ambivalentes.

Le message à Moscou

L’élément le plus inattendu du communiqué du JNIM tient en quelques lignes adressées directement à la Russie. Le groupe « annonce » vouloir « neutraliser la partie russe du conflit, en échange de la non-prise de cible de cette dernière et d’une coordination visant à construire une relation future équilibrée et efficace ». En clair : les jihadistes proposent d’épargner les forces russes au Mali contre leur neutralité. C’est une tentative de désengagement de Moscou du conflit — et un signal que le JNIM considère la présence russe comme un facteur militaire suffisamment significatif pour mériter une négociation directe.

Moscou a rejeté l’offre. Le ministère russe des Affaires étrangères a condamné dans la nuit les « actions des terroristes » qui « représentent une menace directe contre la stabilité de l’État malien, ami de la Russie, et pourraient avoir des conséquences très négatives pour toute la région ». La junte malienne s’est rapprochée politiquement et militairement de Moscou ces dernières années, expulsant les forces françaises en 2022 avant de faire appel aux mercenaires de Wagner.

Réactions internationales

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a dénoncé les attaques et appelé à une réponse « internationale coordonnée ». L’Union africaine a souligné que les attaques « risquent d’exposer les populations civiles à des dangers importants ». Ces réactions illustrent l’inquiétude que suscite une potentielle déstabilisation du Mali, dont l’effondrement sécuritaire aurait des répercussions immédiates sur l’ensemble du Sahel.

Le Mali est confronté depuis 2012 à une crise sécuritaire profonde nourrie par les violences de groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, ainsi que de groupes criminels communautaires et d’indépendantistes. La dernière grande offensive du JNIM contre Bamako, en septembre 2024, avait fait plus de 70 morts et 200 blessés. Les attaques de ce samedi marquent une nouvelle escalade — et posent avec une acuité renouvelée la question de la viabilité du régime militaire malien face à une menace qui converge désormais sur la capitale elle-même.

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Revue Conflits avec AFP

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