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Reportées à trois reprises, les élections provinciales calédoniennes ont finalement eu lieu le 28 juin 2026 : les premières depuis les référendums d’autodétermination, les émeutes de mai 2024 et l’échec de l’accord de Bougival.
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Le scrutin n’a pas vraiment changé l’équilibre politique : les non-indépendantistes restent la première force de l’île, mais demeurent minoritaires au Congrès face aux indépendantistes.
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Une scène politique sans majorité autre que de circonstance, où chacun comprend que la situation n’est pas tenable — et où, à 17 000 km de Paris, l’attente devient elle-même un fait politique.
Les élections provinciales en Nouvelle-Calédonie ont finalement bien eu lieu, sur un seul tour, dimanche 28 juin : reportées à trois reprises, elles ne l’ont pas été une quatrième fois.
Les élections générales de Nouvelle-Calédonie
Il est difficile, vu de Paris, de comprendre l’importance extrême que recouvrent aux yeux des Calédoniens ces élections (au pluriel, car elles ont lieu séparément, avec des listes différentes, dans les trois provinces : Sud, Nord et Îles Loyauté). Mais là-bas, elles sont l’indicateur politique majeur et unique — tous les cinq ans normalement — des rapports de force sur l’archipel. Ce sont aussi elles qui déterminent la composition de l’intégralité des institutions politiques spécifiques au territoire : non seulement les trois assemblées de province, mais aussi indirectement, à travers elles, le Congrès de Nouvelle-Calédonie (qui a compétence législative dans toutes les matières dévolues à cette collectivité d’outre-mer) ainsi que le gouvernement collégial qui en procède, et son président.
C’est un peu comme si on avait, en métropole, les élections présidentielles, législatives et régionales regroupées sur un seul scrutin d’un seul tour (étant entendu qu’on parle naturellement d’un « État » non souverain, qui fait partie intégrante de l’entité française malgré ses prérogatives très étendues). Cela explique les passions qui les entourent, d’autant bien sûr que ces élections de 2026 étaient les premières depuis plusieurs séquences décisives : les deuxième puis troisième référendums d’autodétermination (2020, 2021) ayant confirmé la volonté majoritaire de la population de rester française et non de devenir indépendante ; les émeutes de mai 2024 ayant ravagé l’île, qui est très loin de s’en être remise ; et les négociations de « sortie de l’accord de Nouméa » ouvertes par Manuel Valls en 2025. On le sait, l’espoir de beaucoup était de mettre en œuvre l’accord — non consensuel — de Bougival du 12 juillet 2025, dans le cadre duquel ces élections auraient d’ailleurs été reportées de six mois supplémentaires, tout en modifiant l’équilibre entre les provinces1 et en rouvrant plus largement le corps électoral, « gelé » depuis 2007.
Pour ces élections-ci, le corps électoral avait été modifié en urgence en l’ouvrant aux personnes nées en Nouvelle-Calédonie de parents français mais non calédoniens au sens du droit électoral (qui restreint le vote aux personnes établies sur l’île depuis suffisamment longtemps) — mais uniquement à celles-ci. Cela a permis à environ 10 000 personnes exclues du vote de rejoindre la liste électorale pour les élections provinciales (il en reste presque le triple à être toujours exclues du droit de vote, bien que citoyens français établis à demeure en Nouvelle-Calédonie)2.
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Un scrutin incertain
Il n’y a pas de sondages en Nouvelle-Calédonie ; la rue calédonienne semblait dans l’ensemble penser que le scrutin allait bénéficier au camp indépendantiste, à la fois à cause des départs massifs d’Européens depuis 2024 — et même déjà avant — et du maintien d’un système électoral le favorisant outrageusement (exclusion massive des électeurs « métropolitains » et surreprésentation des provinces structurellement indépendantistes3). À cela certains répondaient, d’une part, que les indépendantistes partaient très divisés depuis la rupture historique de leur unité à propos de Bougival4 et, d’autre part, que les natifs « réintégrés » allaient favoriser le bloc non-indépendantiste (ce alors même que les statistiques montraient que la majorité était de statut civil coutumier, c’est-à-dire kanaks, donc a priori largement acquis à l’indépendance).
Statu quo
Finalement, les élections n’ont pas vraiment changé grand-chose à l’équilibre politique. En province Sud (de loin la plus grande, mais sous-représentée à l’échelon territorial), l’union des Loyalistes — au sens strict5 — et du Rassemblement (les LR locaux) l’a très largement emporté. Avec 50 % des voix, elle remporte 28 sièges sur 40, dont 22 envoyés au Congrès territorial (sur un total de 54)6. En province Nord, où les deux principales composantes indépendantistes — UC-FLNKS et UNI-Palika — s’affrontaient (avec une certaine virulence), le premier a battu de peu le second, le camp indépendantiste récoltant entre ces deux listes la quasi-totalité des sièges provinciaux au Congrès. Enfin, dans la province des Îles — quasi intégralement mélanésienne et indépendantiste — la liste du FLNKS a battu de peu une autre liste indépendantiste, locale, la Dynamique Autochtone7.
En conséquence, Sonia Backes — Loyaliste (et ancienne secrétaire d’État sous le gouvernement Borne) — a été réélue présidente de la puissante province Sud8. Au Nord, les non-indépendantistes ont préféré soutenir le président sortant Paul Néaoutyine, 74 ans, président depuis 1999 et pourtant indépendantiste virulent, au motif qu’il était nettement moins pire que son adversaire de l’UC-CCAT, radicalisée depuis 2024. Aux Îles, le frère (Mickaël Forrest) a été élu contre la sœur (Omayra Naisseline).
Si la majorité de chacune des provinces n’était pas vraiment douteuse, les provinces ayant été créées de telle sorte que, par arithmétique démographique, les indépendantistes mélanésiens contrôlent quasi mécaniquement les deux petites (Nord et Îles) et les non-indépendantistes — c’est-à-dire essentiellement les Européens et assimilés — celle du Sud, c’est l’équilibre au Congrès qui était l’objet de toutes les attentions.
Pour espérer l’emporter, les Loyalistes « sudistes » devaient écraser l’élection en province Sud, en profitant notamment du seuil de 5 % des inscrits nécessaire à l’obtention d’élus, qui neutralise toutes les « petites listes » et avantage d’autant les grandes. Les indépendantistes devaient, à l’inverse, réaliser un score suffisamment bon au Sud pour que ces élus, s’ajoutant à ceux quasi mécaniquement envoyés par le Nord et les Îles (environ 20 ou 21), leur permettent d’atteindre une majorité absolue sur l’ensemble du territoire (28 sièges sur 54).
La troisième voie : l’Éveil océanien et les autres
Déterminant dans cette équation était le résultat de ce qu’on appelle généralement en politique calédonienne le « centre ». Comme la droite est depuis toujours synonyme de loyalisme au drapeau français et la gauche de soutien au parti de « Kanaky », le centre est compris selon cette grille comme étant l’ensemble des partis qui se positionnent en dehors de ce binarisme institutionnel (pour/contre). Certes, l’affaire est compliquée car cela peut vouloir dire toutes sortes de choses différentes (et interprétées différemment), mais du moins ces partis sont-ils unis par leur désir de ne pas se définir en ces termes.
Depuis 2019, le principal parti de cette « troisième voie » est l’Éveil océanien, parti largement créé pour défendre les intérêts de la puissante communauté wallisienne et futunienne9 (même s’il essaye aujourd’hui de se démarquer de cette ligne communautariste), et dont la position sur la question de l’indépendance est généralement résumée ainsi : non dans l’immédiat, mais oui le jour où l’archipel sera prêt.
Résultat des courses : centre laminé par l’éparpillement de ses listes, seul l’Éveil océanien parvenant à passer la barre des 5 % ; indépendantistes très haut malgré leur division et une abstention dont l’analyse bureau par bureau montre que c’est clairement leur camp qui s’est davantage abstenu10 ; non-indépendantistes restant toutefois la première force politique de l’île. Le 9 juillet, le « centre » océanien et la « droite » européenne annonçaient un accord de gouvernance pour la mandature à venir, aux termes duquel ils se partageraient la présidence du Congrès (pour les Loyalistes) et celle du gouvernement (pour l’Éveil océanien). Au vrai, on ne comprend pas bien sur quelle base cette alliance entre carpe et lapin a été conclue, ni évidemment combien de temps elle durera, les haines personnelles étant encore exacerbées là-bas par rapport à la métropole (comme souvent dans les sociétés insulaires, contrairement à toutes les idées reçues).
La perpétuation du statu quo
Finalement, donc, rien de surprenant ni de particulièrement significatif. Les choses demeureront en l’état. Tant que l’alliance entre non-indépendantistes et Polynésiens tient, l’administration territoriale ne devrait pas tomber aux mains d’indépendantistes acoquinés avec les fauteurs des troubles de la CCAT — volontiers incompétents, claniques et ethnosuprémacistes — ce qui était la grande crainte du camp « européen ». Pour le reste, la vérité est que la Nouvelle-Calédonie ne fait pas grand-chose des pouvoirs exceptionnels qui lui ont été transférés ; l’activité politique principale, sur l’île, consiste à distribuer l’argent venu de métropole. L’archipel est, plus que jamais depuis 2024, sous transfusion financière permanente11.
Sur le plan des discussions institutionnelles, du moins si on en reste à la « méthode » actuelle, qui consiste à faire se réunir autour d’une table les partis représentés par un groupe au Congrès dans l’espoir de conclure un nouvel accord politique (qui viendrait se substituer à celui de Nouméa), seules quatre forces — en réalité trois — seront représentées : les indépendantistes durs du FLNKS, les indépendantistes plus modérés de l’UNI, et les non-indépendantistes (devenus extrêmement autonomistes, voire « nationalistes ») des Loyalistes et du Rassemblement. De manière tout à fait frappante, plus aucun groupe centriste n’existe boulevard Vauban et ne devrait donc être représenté à ces (éventuelles) négociations — pas même l’Éveil océanien, pourtant toujours en position charnière de « faiseur de rois »12.
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Les Loyalistes ont claironné que ces élections étaient une grande victoire pour eux, mais leur résultat est en trompe-l’œil. Si le camp non-indépendantiste célèbre les résultats, c’est davantage par rapport à ce qu’il avait craint qu’eu égard au rapport de force nouvellement sorti des urnes. Car, s’il maintient ses positions malgré les départs et grâce à une forte mobilisation, il est toujours dépassé par les indépendantistes en nombre de sièges au Congrès (24 contre 26, l’EO en obtenant quatre). En réalité, ce à quoi on a assisté le mois dernier est à l’agonie ultime du parti qui avait dominé la vie politique calédonienne après l’implosion du RPCR de Jacques Lafleur, à savoir Calédonie Ensemble (avec une ligne non-indépendantiste très modérée, désireuse avant tout de compromis satisfaisant tout le monde, y compris et surtout le FLNKS), au profit de l’Union Loyalistes-LR. Mais le score cumulé des Loyalistes (au sens strict), du Rassemblement et de Calédonie Ensemble est en réalité en baisse en termes de sièges par rapport à 2019, le progrès des uns ne compensant pas la disparition des autres.
Beaucoup de commentateurs politiques ont vu dans ce transfert des voix non-indépendantistes du « centre » vers la « droite » une radicalisation de l’électorat non-indépendantiste. Cependant les apparences sont là encore trompeuses. En effet — chose tout à fait remarquable qu’à peu près personne ne semble pourtant avoir relevée — si les anti-indépendantistes réputés « durs » ont réussi à tuer dans les urnes les « mous » de Calédonie Ensemble (qui n’a plus d’élus du tout), sur le plan institutionnel c’est exactement l’inverse qui s’est passé : la liste de l’union Loyalistes-Rassemblement était en effet tout entière acquise, malgré l’échec et la mort désormais consommée de celui-ci, à l’accord de Bougival, c’est-à-dire très précisément… au projet de « petite nation dans la grande » qu’avait toujours porté Philippe Gomès, le leader de Calédonie Ensemble. Fusion des lignes politiques donc, peut-être pas sans lien d’ailleurs avec le nombre de transfuges d’un camp vers l’autre au cours de la dernière mandature…
L’échec des non-indépendantistes anti-Bougival
Un fait marquant, à cet égard, est l’échec assez cuisant des listes anti-Bougival « de droite » (c’est-à-dire reprochant à l’accord d’être trop favorable aux indépendantistes et de préparer ainsi le chemin à l’indépendance, par opposition aux anti-Bougival « de gauche » qui pensent que celui-ci, au contraire, abandonne la « trajectoire vers la pleine souveraineté » et enferme de manière pérenne la Calédonie dans l’ensemble national français). Il y en avait trois : le Rassemblement national d’Alain Descombels qui, certes, n’a jamais fait de bons scores en Nouvelle-Calédonie mais s’est cette fois-ci surpassé dans l’échec puisqu’il est arrivé bon dernier (avec moins de 1 % des voix) ; une liste appelée « Volonté calédonienne » menée par Arnold Lèques ; et enfin une liste menée par Pascal Lafleur (fils de Jacques, le leader incontesté du camp non-indépendantiste pendant presque 30 ans, signataire des accords de Matignon en 1988 et Nouméa en 1998) avec le soutien de Joël Kasarhérou, un économiste qui a la particularité d’appartenir, par son père, à une tribu kanake de la côte Est de la Grande Terre, et par sa mère — Jacqueline de La Fontinelle, une éminente linguiste récemment décédée — à la vieille noblesse poitevine.
D’évidence le vote utile a pleinement fonctionné puisque même Philippe Blaise, le principal homme politique (Loyaliste non reconduit) à s’être élevé, côté non-indépendantiste, contre l’accord de Bougival, avait appelé à voter pour la liste de l’Union afin de faire aussi largement barrage que possible aux indépendantistes radicaux. Personne ne sait, évidemment, quelle proportion de l’électorat pro-français soutient une solution de type Bougival (l’instauration d’un État calédonien « dans » l’État français, avec une nationalité et un passeport distincts) et quelle proportion s’y oppose — d’autant moins que beaucoup de gens ne savent sans doute pas ou sont divisés — ; mais il est évident que les résultats des urnes ne reflètent pas la division entre deux tendances au sein de cet électorat (souverainiste calédonienne vs davantage assimilationniste française). Il sera intéressant de voir, à cette aune, quel projet porteront les représentants de ce camp lors des négociations à venir (à supposer bien sûr que nouvelles négociations il y ait bien, ce qui est tout sauf évident au vu de l’impasse dans laquelle nous semblons désormais nous trouver).
L’attente… mais de quoi ?
Pour l’heure, on a donc affaire à une situation étrange mais pas si dissimilaire à celle qui prévaut en métropole : une scène politique sans majorité autre que de circonstance, où chacun comprend bien que la situation n’est pas tenable à long terme et que quelque chose va forcément se passer ; mais comme on ne sait pas quoi ni quand ni comment ni avec qui, chacun attend. En Nouvelle-Calédonie, à 17 000 km du Palais-Bourbon et de l’Élysée, chacun aussi attend : et l’attente, à force de se prolonger, devient en elle-même un fait politique.
1. Depuis l’accord de Nouméa, la répartition des 54 sièges au Congrès est la suivante : 32 pour la province Sud, 15 pour la province Nord, 7 pour la province des Îles Loyauté. L’accord de Bougival les aurait rééquilibrés ainsi : 37, 14 et 5 (pour un total passant à 56). Selon le recensement de 2025, les provinces pèsent respectivement 74 %, 19 % et 7 % de la population (265 000 personnes au total, un chiffre en baisse).
2. La modification s’est tellement faite en urgence qu’il est tout à fait possible qu’elle n’ait pas été valablement opérée (même si personne ne semble l’avoir remarqué). En effet, la loi organique relative à la Nouvelle-Calédonie, qui règle ces questions — dans le respect, en tout cas en principe, des « orientations de l’accord de Nouméa » signé en 1999 — a été promulguée le 28 mai par le président de la République. Publiée au Journal officiel le 29, elle est entrée en vigueur le 30. Le décret de convocation des électeurs devant absolument être pris au moins quatre semaines avant le jour prévu des élections — le 28 juin, date ultime permise par la loi — M. Lecornu l’a signé le 29 mai ; il a été publié le 30 (et est entré en vigueur le 31). Logiquement, selon les termes du décret, ont donc été convoqués aux urnes les citoyens concernés par l’article 188 de la loi organique à la date où le décret a été pris, c’est-à-dire le 29 mai donc… sous l’empire de la version antérieure de la loi (dont étaient exclus ces « natifs »). Mais personne ne semble vouloir contester les élections, pas même les Loyalistes qui avaient pourtant annoncé qu’ils le feraient (car mécontents du fait que la grande majorité des électeurs exclus depuis 2007 le soient restés).
3. V. note 1. Les provinces Nord et Îles sont très majoritairement peuplées de Mélanésiens.
4. Beaucoup de choses restent peu claires à ce propos, mais ce qui est certain est que le FLNKS réduit à l’UC et quelques satellites a signé un « projet d’accord » à Bougival le 12 juillet 2025, avant de refuser quelques jours plus tard de ratifier l’accord sous la pression d’une base calédonienne radicalisée depuis 2024 (le FLNKS a élu comme président Christian Tein à l’époque où celui-ci était… en détention provisoire près de Mulhouse pour son rôle supposé dans les émeutes de 2024). L’UNI, pour sa part, a signé et maintenu depuis sa signature. Mais trois points demeurent mystérieux : (i) dans quelle mesure, au moment où ils ont signé, les représentants du FLNKS approuvaient ou non le fond de l’accord (c’est-à-dire le nouveau statut prévu pour la Nouvelle-Calédonie) ; (ii) la raison pour laquelle ils semblent avoir si rapidement tourné casaque (était-ce, comme certains le suggèrent, pour se démarquer tactiquement de l’UNI ?) ; (iii) si l’UNI demeure un soutien au processus de Bougival depuis les dernières provinciales. En effet aucun des signataires n’a été reconduit sur leurs listes, au contraire par exemple d’un Paul Néaoutyine, qui avait bruyamment marqué son désaccord avec Bougival en février 2026.
5. On rappellera que le mot « loyaliste » a plusieurs sens. Au sens large, il désigne tous les non-indépendantistes. Dans un sens beaucoup plus étroit (que nous utilisons ici avec une majuscule), la coalition ainsi nommée de quatre partis politiques non-indépendantistes héritiers — parmi d’autres — du RPCR. Dans un sens intermédiaire, le plus fréquent, cette coalition rejointe par le Rassemblement, héritier le plus direct du RPCR, qui a souhaité préserver sa spécificité. Ce sens exclut les autres partis non-indépendantistes, qu’ils soient plus centraux (comme Calédonie Ensemble) ou plus « à droite », comme le Rassemblement national, pro-français mais qu’on n’appellerait pas loyaliste en ce sens-là.
6. L’élection au Congrès est indirecte. Chaque liste qui obtient des sièges dans une province envoie un certain nombre de ses élus au Congrès (tout en restant conseillers provinciaux).
7. La tête de liste du FLNKS des Îles, Mickaël Forrest, n’est d’ailleurs autre que le frère de celle de Dynamique Autochtone, Omayra Naisseline. Ce n’est pas seulement que la politique est, en Nouvelle-Calédonie, affaire de famille (ce en quoi elle n’est pas unique) ; il importe constamment de se rappeler que des institutions dignes d’un État sophistiqué et quasi fédéral ont été mises en place pour un territoire dont la population totale est de l’ordre de grandeur de celle du 15e arrondissement de Paris…
8. En 2019 elle avait failli se faire battre, avec 20 voix contre 20, par l’alliance des indépendantistes et de Philippe Gomès de Calédonie Ensemble. Ce n’est qu’au prix de la défection de deux élus de ce parti (dont Nicolas Metzdorf, devenu depuis l’autre grande figure du camp non-indépendantiste en Nouvelle-Calédonie), que la chose avait été évitée.
9. Estimée à un peu moins de 10 % de la population ; pour l’essentiel arrivée avec le boum du nickel même si certains étaient là depuis beaucoup plus longtemps. Il y a aujourd’hui davantage de Wallisiens/Futuniens en Nouvelle-Calédonie qu’à Wallis-et-Futuna (îles également françaises à environ 2 000 km au nord-est de la Nouvelle-Calédonie).
10. Cela est d’autant plus frappant que tout laisse à croire, dans un pays où le vote se fait très largement selon des clivages ethnoculturels, que c’est chez les Mélanésiens que l’abstention a été, d’assez loin, la plus importante (et que les indépendantistes ont donc des réservoirs de voix).
11. Cela n’empêche évidemment pas que la question de savoir qui distribue l’argent à qui, sur quelles bases et pour quoi faire, est fondamentale.
12. Les indépendantistes ont été élus sur des listes différentes au Nord, au Sud et dans les Îles, mais se sont regroupés en deux groupes : « Kanaky NC » (le groupe FLNKS, 19 sièges) et l’UNI (7 sièges). L’union Loyaliste-Rassemblement a, elle, déjà implosé puisque deux groupes distincts se sont constitués (18 et 6 élus respectivement).










