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L’OCS, une dynamique molle

L’OCS, une dynamique molle

Cette recension a été publiée dans le numéro 9 de Conflits. Si vous souhaitez acheter ce numéro, rendez-vous sur la e-boutique de Conflits en cliquant ici.

Dans quelle mesure l’ombre tutélaire de la Chine, qui s’appuie désormais sur de nouvelles routes de la soie appelées à conforter son leadership économique loin vers l’ouest du continent eurasiatique, peut-elle, en se combinant au jeu d’une Russie transformée en « terre centrale », participer à la construction pacifique d’une nouvelle Asie continentale où les sentiments nationaux sont forts et les volontés de puissance antagonistes ?

C’est à cette question que l’ouvrage collectif L’Organisation de coopération de Shanghai et la construction de la « nouvelle Asie » entend répondre.

L’Organisation de coopération de Shanghai et la construction de la « nouvelle Asie »

L’Organisation de coopération de Shanghai et la construction de la « nouvelle Asie »

Il ressort de la trentaine d’articles, dus dans leur quasi-totalité à des auteurs de la région, que l’Asie a d’ores et déjà su se doter avec l’Organisation de coopération de Shanghai et ses 19 affiliés d’un outil multilatéral multiculturel, systémique et structurant. L’OCS, parce qu’elle transcende les idéologies et les héritages de l’histoire, apparaît en effet comme l’agora d’une nouvelle géopolitique qui, combinée aux efforts consentis par la Chine mais aussi l’Inde ou la Russie, concourt à la mise en place d’infrastructures ferroviaires et portuaires qui unifient la région. Elle tisse ainsi une toile à la fois terrestre et maritime qui désormais vise le Proche-Orient.

Pierre Chabal, qui souligne l’attractivité de l’organisation, adopte cependant, en s’appuyant sur le précédent européen, une approche fonctionnaliste et affirme que l’institutionnalisation de la région va provoquer des effets de déversement (spill over). Il en attend en particulier, après un rôle positif dans la fixation des frontières d’Asie centrale, « l’asianisation » définitive de l’Afghanistan qui devrait contribuer à la fin des présences étrangères et pacifier le jeu de ses grands voisins dans ce « trou noir » du continent.

On peut l’espérer tout en se montrant sceptique, en particulier si l’on pense avec Robert D. Kaplan que la revanche de la géographie est loin d’avoir dit son dernier mot en Asie, d’autant plus que le Japon et les pays de l’ASEAN sont complètement ignorés dans l’ouvrage.

Ce scepticisme est conforté par les réserves de la plupart des auteurs non occidentaux de l’ouvrage, pour lesquels l’OCS, qualifiée à l’occasion de Sainte Alliance ou d’OSCE de l’Est, apparaît surtout comme une organisation régionale multilatérale aux contours flous, aux finalités imprécises, à l’avenir incertain entre les objectifs contradictoires de la Russie et de la Chine… Son mérite premier, si l’on en croit la majorité des intervenants, semble surtout de constituer une structure d’accompagnement de la montée en puissance de la Chine.

Michel Nazet

L’Organisation de coopération de Shanghai et la construction de la « nouvelle Asie », PIE Peter Lang, Bruxelles, 488 pages, 55 €

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