Ouzbékistan : le développement de l’entrepreneuriat comme clé du dynamisme de l’économie

7 septembre 2022

Temps de lecture : 3 minutes
Photo :
Abonnement Conflits

Ouzbékistan : le développement de l’entrepreneuriat comme clé du dynamisme de l’économie

par

 L’Ouzbékistan souhaite tourner la page de l’époque communiste en ouvrant son économie et en favorisant l’entrepreneuriat et le secteur privé. D’importantes réformes sont conduites, notamment dans le secteur de l’énergie, afin de devenir un pays majeur en Asie centrale.

Un pays qui s’ouvre et souhaite atteindre les standards internationaux doit aujourd’hui pousser non seulement le secteur privé à se développer mais favoriser la création d’un tissu entrepreneurial solide et ce dans un contexte propice à sa pérennité.

L’Ouzbékistan, qui aspire à devenir un tigre économique en Asie centrale, cherche surtout à être un pays attractif pour les investisseurs, pour les organisations internationales et pour les touristes, afin de faire tourner ses entreprises et leur assurer des débouchés.

Ancien pays communiste, les premières réformes économiques récentes doivent permettre la libéralisation de l’économie, la privatisation de nombreux secteurs clés, la mise en place de la libre concurrence, la fin des grands monopoles d’État, mais également la capacité d’attirer en masse les investissements étrangers. Le pays s’est fixé pour les cinq prochaines années l’augmentation du PIB par habitant de 60%. Pour que tout cela fonctionne, il faut créer un contexte favorable, notamment pour les entreprises, afin de décupler le produit intérieur brut. Il faut donc aider à la création et apporter des aides de départ pour lancer leurs activités.

Résultats économiques

Les résultats commencent à arriver. Ainsi, l’année dernière, plus de 55 000 immeubles commerciaux sont sortis de terre et le nombre d’entreprises qui ont dépassé le chiffre d’affaire symbolique d’un million de dollars en un an est passé de 5 000 à 26 000. De plus, plus de 200 entreprises ouzbèkes ont dépassé le seuil des 100 millions de dollars par an. L’État a récemment mis en place une politique ciblée afin d’aider ces différentes entreprises et ce en fonction de leur importance et de leur revenu annuel. C’est la première fois qu’une typologie précise des entreprises vient d’être mise en place afin de mieux cibler les besoins et afin d’adapter au mieux le soutien public, et faciliter l’activité de chacune d’entre elle. Les micro-entreprises devraient voir leur taxation plafonnée à 4% de leur chiffre d’affaires, alors qu’auparavant elle pouvait monter jusque 25%.

En ce qui concerne les sociétés de taille moyenne, leur imposition sera divisée par deux pendant un an, la taxation ayant été bien trop lourde pendant des années pour nombre d’entre elle. Cela concerne actuellement près de 400 000 entrepreneurs ouzbeks. Avec la Covid-19, beaucoup d’entreprises se sont endettées pendant la pandémie.  Une grande partie de la dette de celles-ci a été annulée pour soutenir le secteur économique et ne pas devoir faire face à de nombreuses faillites.

Un tissu d’entreprises doit se bâtir aussi autour des plus petites entreprises, qui représentent par exemple en France près de 70% du total des entreprises. C’est l’artisanat, le commerce local, celui auquel nous sommes confrontés chaque jour. Un soutien a été annoncé à des projets de petites entreprises afin de les aider à se développer et à s’installer. Le pays vise aussi un soutien des institutions financières internationales pour augmenter le tissue entrepreneurial moyen dans tout l’Ouzbékistan.

Enfin, ces derniers temps le gouvernement ouzbèque s’occupe du désenclavement du pays et tente d’apporter un soutien économique aux régions plus en difficulté que d’autres, notamment en matière de subventions aux entreprises, de facilitations d’accès à l’emprunt, d’octroi de garanties, etc. C’est comme cela qu’un pays peut se développer sur l’ensemble de son territoire de manière plus équitable.

Afin de mettre tout cela en pratique, le pays est en train de créer un Conseil public de soutien à l’entrepreneuriat, ce qui permettra de centraliser les initiatives et de porter la stratégie souhaitée par le gouvernement.

À propos de l’auteur
Henri Fournis

Henri Fournis

Journaliste indépendant
La Lettre Conflits
3 fois par semaine

La newsletter de Conflits

Voir aussi

Pin It on Pinterest