Pangolin Défense : renouveler le gilet pare-balles

11 mai 2022

Temps de lecture : 3 minutes
Photo :
Abonnement Conflits

Pangolin Défense : renouveler le gilet pare-balles

par

Pangolin Défense est une start-up industrielle qui développe et vend des protections balistiques révolutionnaires sur le marché de la défense et de la sécurité. Fondée par quatre jeunes associés en 2020, elle entend notamment équiper les ministères français des Armées et de l’Intérieur de ses gilets pare-balles, et bientôt attaquer le marché international. La jeune entreprise a choisi de s’implanter en Haute-Marne, près de Langres, et de produire entièrement en France. Un bel exemple de réindustrialisation locale dans un contexte où l’autonomie stratégique devient une priorité politique.

Pouvez-vous résumer en quelques mots la création et le développement récent de Pangolin Défense ?

Nous avons créé Pangolin en janvier 2020 juste avant que la crise sanitaire ne sévisse ! Le projet a germé lors de nos études aux Arts et Métiers autour de travaux étudiants. Nous nous sommes alors intéressés à une application étonnante du verre afin de réduire le poids des blindages actuels ainsi que leurs prix. Nous avons déposé un brevet et recruté le dernier associé qui nous a rejoints alors qu’il travaillait chez Arquus dans la direction financière. Le Covid nous a permis de concrétiser notre business plan. En effet, nous avons véritablement commencé nos travaux en septembre 2020. Un an et demi après, nous avons un projet Rapid en cours, plusieurs produits déjà en vente et de nombreux projets à venir.

En quoi les nouvelles technologies sur lesquelles vous travaillez diffèrent de celles qui jusque-là étaient vendues sur le marché ?

La flexibilité, le poids, le prix, la performance, la fabrication souveraine ! La véritable innovation repose d’abord sur la flexibilité de nos protections individuelles qui apportent un confort inégalé dans un port quotidien, tout en protégeant notamment contre des munitions perforantes de fusils d’assaut, que l’on a retrouvées lors du Bataclan par exemple. Ensuite, nous fabriquons exclusivement dans notre usine en Haute-Marne avec des matériaux de fournisseurs européens. Enfin, nous travaillons véritablement à construire nos produits en lien direct avec les forces (militaires et sécurité) au plus proche de leurs besoins et des problématiques rencontrées sur le terrain.

À lire également

État de l’industrie française de l’armement

Y a-t-il d’autres applications ou d’autres développements technologiques sur lesquels vous aimeriez vous concentrer ?

En effet, notre grand axe de recherche se porte sur la protection à base de verre pour laquelle nous avons obtenu un financement de 1,3 million d’euros auprès de l’Agence Innovation Défense qui nous permettra de mûrir cette technologie pendant trois ans. Autrement, nous envisagerons de construire également des solutions adaptées à certains besoins : boucliers balistiques flexibles, kits modulaires pour véhicules…

À qui s’adressent vos produits, aujourd’hui et à terme ?

Nos produits s’adressent à un large marché dans le secteur de la sécurité défense, mais également dans le secteur civil. En ce qui concerne la protection individuelle, nous ciblons les forces armées et de sécurité en France et à l’étranger, mais également la sécurité privée. Nous avons également pour ambition de protéger le combattant au travers des véhicules, des aéronefs, des navires, des drones, etc.

Comment faites-vous pour entamer aujourd’hui une production industrielle de défense ? Êtes-vous aidés ?

Nous avons fait le choix de nous installer en Haute-Marne pour avoir accès à des infrastructures adaptées pour une activité industrielle et un accompagnement personnalisés. Cela nous permet d’être véritablement accompagnés par les acteurs locaux (la région et le département, Bpifrance, les réseaux Entreprendre et Initiative). Ensuite, l’attrait autour de l’innovation dans ce secteur est formidable, ce qui nous a permis d’avoir accès à des accélérateurs spécialisés (Defstart à Bourges et Generate du GICAT), de remporter des concours d’innovation lors de salons de premier ordre (Sofins, Milipol) et enfin d’approcher rapidement les organes d’innovation des ministères des Armées et de l’Intérieur. Enfin, les aides à l’innovation et à l’investissement sont très conséquentes en France, d’autant plus dans la défense, et permettent de créer des sociétés industrielles sereinement.

À lire également

Comment l’industrie de défense prépare-t-elle la guerre d’après ?

À propos de l’auteur
Louis du Breil

Louis du Breil

Louis du Breil est journaliste.
La Lettre Conflits
3 fois par semaine

La newsletter de Conflits

Voir aussi

Pin It on Pinterest