La présence de la police municipale demeure très inégale selon les territoires en France, comme le montre la répartition des communes dotées d’agents municipaux en 2023. Si certaines zones disposent d’effectifs relativement importants rapportés à leur population, d’autres en sont presque dépourvues, révélant de fortes disparités territoriales en matière de sécurité de proximité.
Dans les communes les mieux dotées, on compte plus d’un policier municipal ou garde champêtre pour 1 000 habitants. Ces communes se concentrent principalement dans les zones urbaines et périurbaines, ainsi que sur les façades littorales, en particulier sur l’arc méditerranéen et une partie du littoral atlantique. Les grandes agglomérations et leurs périphéries apparaissent également comme des espaces où la police municipale est plus présente, notamment en Île-de-France.
À l’inverse, une large majorité de communes disposent de moins d’un policier municipal pour 1 000 habitants, voire d’aucun effectif dédié. Cette situation concerne surtout les territoires ruraux et une grande partie du centre du pays, où la sécurité repose essentiellement sur la gendarmerie nationale. Dans ces zones, le choix de ne pas se doter d’une police municipale s’explique souvent par des contraintes budgétaires, mais aussi par une moindre densité de population et des priorités locales différentes.
Les territoires d’outre-mer présentent eux aussi des contrastes marqués. Certaines communes de Guadeloupe, de Martinique ou de La Réunion disposent d’une police municipale relativement étoffée, tandis que d’autres en sont très faiblement dotées. À Mayotte, où les données de population reposent sur des chiffres plus anciens, la présence municipale reste limitée au regard des enjeux de sécurité spécifiques du territoire.
Cette cartographie met en lumière la montée en puissance progressive de la police municipale dans certaines communes, souvent à l’initiative des maires, qui y voient un outil de proximité complémentaire aux forces de sécurité de l’État. Elle souligne toutefois une réalité persistante : la sécurité municipale demeure largement dépendante des capacités financières et des choix politiques locaux, contribuant à une géographie très contrastée de la présence policière sur le territoire.











