Macron et Chareh vantent un rôle de carrefour énergétique pour la Syrie, malgré le défi sécuritaire

7 juillet 2026

Temps de lecture : 3 minutes

Photo : Syrian President Ahmad al-Sharaa receives French President Emmanuel Macron Photo by Syrian Presidency apaimages//APAIMAGES_APA0626/Credit:Syrian Presidency apaimages/SIPA/2607071231

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Macron et Chareh vantent un rôle de carrefour énergétique pour la Syrie, malgré le défi sécuritaire

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  • À Damas, Ahmad al-Chareh et Emmanuel Macron ont vanté la possibilité de voir la Syrie retrouver un rôle de carrefour du transit énergétique, en alternative au détroit d’Ormuz.

  • Une quinzaine d’accords ont été signés lors de cette visite inédite depuis l’arrivée au pouvoir de la coalition islamiste de M. Chareh en 2024.

  • La question sécuritaire reste prégnante, comme l’illustre le double attentat à la bombe ayant fait dix-huit blessés près de l’hôtel du président français.

Le président syrien Ahmad al-Chareh et son homologue français Emmanuel Macron ont vanté mardi à Damas la possibilité de voir la Syrie retrouver un rôle de carrefour du transit énergétique, comme alternative au détroit d’Ormuz, malgré le défi sécuritaire encore présent.

Lors d’un forum économique au palais présidentiel, le dirigeant de la transition syrienne a dit espérer que la France devienne « le premier partenaire » de son pays dans ce parcours. À ses côtés, Emmanuel Macron a souligné sa « conviction que s’ouvre une nouvelle ère en Syrie » à laquelle la France et ses entreprises veulent « participer ».

Treize années de guerre civile avaient isolé la Syrie sur la scène internationale. L’enjeu est à présent d’offrir des routes maritimes, terrestres et de connectivités alternatives vers l’Irak et le Golfe. Ce rôle peut d’autant plus intéresser les pays de la région et européens que le verrouillage du détroit d’Ormuz par l’Iran pendant la guerre avec les États-Unis montre la dépendance du transit d’hydrocarbures à cette route maritime stratégique.

Conséquence de cette situation, les cours du pétrole se sont envolés ainsi que les prix à la pompe, pesant lourdement sur l’économie mondiale.

La crise d’Ormuz a souligné « l’importance de la géographie de la Syrie, qui recouvre un rôle vital de carrefour incontournable des corridors mondiaux », a affirmé Ahmad al-Chareh.

« Modèle »

« Le partenariat stratégique dont nous jetons les bases aujourd’hui avec la France, depuis le développement des ports et de la navigation aérienne jusqu’aux secteurs de l’énergie, de l’eau et de la santé, est le modèle que nous souhaitons pour nos relations avec l’Europe et avec le monde entier », a ajouté le président syrien.

Emmanuel Macron a lui estimé qu’après la guerre civile, « le défi de la Syrie [était] multiple » en matière de stabilisation et de reconstruction, « et les opportunités, les intérêts des entreprises françaises [étaient] convergents avec ce défi ». Outre la reconstruction, il a affirmé que l’un des enjeux du partenariat était de « faire de la Syrie dans la durée un hub régional […] où des chaînes logistiques nouvelles peuvent se construire, des routes énergétiques ou de données peuvent se bâtir, qui d’ailleurs réduisent les risques » liés aux crises géopolitiques comme celle d’Ormuz.

Parmi les dirigeants d’entreprises françaises qui l’accompagnent figurent ceux du géant mondial du transport maritime CMA-CGM, Rodolphe Saadé, et de TotalEnergies, Patrick Pouyanné. Une quinzaine d’accords ont été signés à l’occasion de cette visite inédite depuis l’arrivée au pouvoir en 2024 de la coalition islamiste de M. Chareh qui a renversé Bachar al-Assad. Parmi eux, un accord-cadre bilatéral de coopération « pour soutenir la reconstruction de la Syrie, renforcer sa sécurité et son retour à la prospérité ».

La question sécuritaire reste prégnante, comme l’illustre le double attentat à la bombe qui a fait mardi dix-huit blessés près de l’hôtel où Emmanuel Macron avait passé la nuit.

« Aujourd’hui, c’est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c’est une belle initiative de venir ici, à Damas », a dit à des journalistes le patron de TotalEnergies avant l’annonce de ces explosions. Selon lui, la Syrie peut, à l’avenir, redevenir un « pays de transit important pour le pétrole qui vient d’Irak vers la Méditerranée », et offrir des « routes alternatives » au détroit d’Ormuz.

Début avril, l’Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la quasi-paralysie du détroit. Bagdad et Damas ont par ailleurs récemment évoqué un projet de restauration de l’oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

Des accords sur la coopération dans la santé, l’aviation civile, le secteur bancaire ou les infrastructures d’eau ou routières ont également été signés. Le groupe CMA-CGM a lui conclu un « partenariat stratégique » avec les autorités syriennes, notamment en matière portuaire.

© Agence France-Presse

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