Uber supprime environ 10 % de ses effectifs — plus de 3 000 postes — dans une vaste réorganisation, et quitte le Nigeria et l’Ouganda.
Objectif affiché : « simplifier », supprimer des niveaux hiérarchiques et dégager des marges pour investir dans les robotaxis autonomes.
Par Théo Marie-Courtois, Washington, États-Unis
La plateforme Uber a annoncé mercredi se séparer d’environ 10 % de ses effectifs dans le cadre d’une vaste réorganisation qui la voit aussi quitter deux pays, en pleine phase d’investissement pour les robotaxis autonomes.
« Aujourd’hui, nous procédons à un certain nombre de changements organisationnels d’ampleur au sein d’Uber », a déclaré Dara Khosrowshahi, le directeur général de l’entreprise américaine, dans un message adressé à ses employés.
« En conséquence, nous allons réduire les effectifs de notre équipe d’environ 10 % », a-t-il ajouté.
L’entreprise avait indiqué, dans un document adressé au gendarme financier américain (SEC), regrouper, avec ses filiales, « environ 34 000 collaborateurs » dans plus de 70 pays.
Avec ces plus de 3 000 départs, Uber cherche notamment à « supprimer des niveaux hiérarchiques » et « simplifier les structures des équipes ».
« Au cours des cinq dernières années et plus, Uber a connu une croissance exponentielle (…) nous sommes devenus une entreprise bien plus grande et plus solide. Mais cette croissance s’est également accompagnée d’une complexité accrue », a souligné M. Khosrowshahi.
— Dara Khosrowshahi, directeur général d’Uber
Fondée en 2009, la société s’est fait connaître via sa plateforme de réservation de voitures de tourisme avec chauffeur (VTC). Son arrivée sur le marché français en 2011 avait fait grand bruit, l’entreprise étant alors ciblée par plusieurs procédures judiciaires, notamment des plaintes pour concurrence déloyale lancées par des chauffeurs de taxis.
Uber s’est depuis élargi à la livraison de repas, avec Uber Eats, et a récemment dévoilé une fonctionnalité permettant de réserver une chambre d’hôtel directement depuis son application.
Robotaxis
« Les changements que nous mettons en œuvre aujourd’hui visent deux objectifs : simplifier et accélérer le fonctionnement d’Uber, et créer davantage de marge de manœuvre pour investir dans notre avenir », a assuré son directeur général.
Les analystes de Wedbush Securities estiment que cette vague de départs permettra à l’entreprise d’économiser environ 1,75 milliard de dollars en rythme annuel.
Uber n’a de son côté pas partagé de chiffre sur les économies réalisées, mais indique vouloir réorienter son capital pour « innover dans l’ensemble de nos activités principales et (…) bâtir l’avenir de la conduite autonome ».
L’entreprise a notamment pour projet de débourser jusqu’à 10 milliards de dollars dans les prochaines années dans les véhicules autonomes, soit l’équivalent de son bénéfice net de 2025.
Pour faire rouler des robotaxis sans chauffeur, elle est déjà associée à plusieurs start-up comme la croate Verne ou la britannique Wayve.
La plateforme compte aussi acheter jusqu’à 50 000 robotaxis du constructeur de véhicules électriques Rivian, dans lequel elle a pris une participation au capital.
Début août, le directeur financier d’Uber a indiqué que les engagements d’achats s’élèvent désormais à environ 120 000 véhicules, toutes marques confondues.
Le géant américain a aussi annoncé son départ, avec effet immédiat, du Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique, et d’Ouganda.
Il a également enjoint à ses salariés de faire leur retour dans ses bureaux, n’autorisant désormais qu’environ « 1 % des collaborateurs » à rester en télétravail.
Le titre prenait 2,25 % à 76,93 dollars à Wall Street vers 16 h 50 GMT.
© Agence France-Presse
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