Le signal du déclassement économique de la France est clair.
Dans le livre Nous les Français, Franck Dedieu a recensé les vingt entreprises qui ont créé le plus d’emplois depuis 20 ans et celles qui en ont le plus supprimé. Quand on regarde les chiffres rapidement on voit que le bilan est positif : 209 000 postes créés contre 147 000 supprimés.
Le problème, c’est que les entreprises qui ont créé des emplois peu qualifiés l’ont fait dans le secteur des services qui ne produisent rien d’exportable ou à forte valeur ajoutée. Il s’agit d’Amazon, de McDonald’s, de Restaurant Brands (Burger King), Mulliez (Flunch, Kiabi, Auchan, Decathlon…), Yum Brands (KFC, Pizza Hut).
Les entreprises qui ont détruit des emplois sont majoritairement industrielles. Ce sont des grands noms du CAC 40 : PSA Peugeot Citroën (Stellantis), Air France KLM, Société Générale et Renault. Quant à Schneider, qui a supprimé plus de 3 000 emplois, il s’est agi d’une relocalisation en Asie puisque son président dirige sa société à partir de Hong Kong.
En fait, depuis vingt ans la France supprime des postes d’ouvriers spécialisés dans l’industrie, de chercheurs et d’ingénieurs pour les remplacer par des caristes chez Amazon. Au total, l’industrie est en plein déclin : autour de 9 % du PIB contre 20 % en Suisse. Les emplois de service à faible valeur ajoutée sont en plein essor, les profils les plus qualifiés ne trouvent plus d’emploi en France et sont obligés de s’expatrier. Bien sûr, tout n’est pas noir, car la France participe encore, même modestement, à la course à l’Intelligence Artificielle. Il reste quelques entreprises d’ingénierie et LVMH.
On aimerait bien que ce sujet du déclassement des emplois soit mentionné de temps en temps dans les débats de la campagne présidentielle.







