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Des milliers de travailleurs espagnols et britanniques vont voir leur quotidien simplifié avec l’entrée en vigueur d’un traité de libre circulation entre l’enclave de Gibraltar et l’Espagne.
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Scellé entre l’Union européenne et le Royaume-Uni, l’accord supprime les barrières physiques et les contrôles, intégrant le Rocher à l’espace Schengen.
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Un aboutissement après des années de négociations difficiles dans la foulée du Brexit, sans que l’Espagne renonce à sa revendication de souveraineté née du traité d’Utrecht.
Par Daniel Silva, Madrid, Espagne
Finies les files interminables et les longues minutes d’attente : des milliers de travailleurs espagnols et britanniques vont voir leur vie quotidienne simplifiée avec l’entrée en vigueur mercredi d’un traité de libre circulation entre l’enclave britannique de Gibraltar et l’Espagne.
Cet accord, scellé entre l’Union européenne et le Royaume-Uni et qui sera signé mardi à Bruxelles, vise à supprimer les barrières physiques et les contrôles sur les personnes et biens circulant entre l’Espagne et l’enclave, située à l’extrême sud de la péninsule Ibérique, comme dans le reste de l’espace Schengen.
Gibraltar, minuscule territoire britannique de près de 40 000 habitants à l’extrême sud de la péninsule Ibérique, accueille chaque jour quelque 15 000 travailleurs espagnols, soit près de la moitié de sa main-d’œuvre.
Une « frontière fluide va faciliter la vie » ainsi que le recrutement et la fidélisation, par les entreprises de Gibraltar, des travailleurs qui vivent en Espagne, souligne Owen Smith, président de la Fédération des petites entreprises de Gibraltar, auprès de l’AFP.
L’accord a été conclu après des années de négociations difficiles dans la foulée des tensions entre Londres et Bruxelles après le Brexit.
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« Abattre le dernier mur »
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez doit se rendre dans la zone frontalière mercredi, où des ouvriers démontent depuis plusieurs semaines l’ancienne clôture métallique et les postes-frontières séparant l’enclave de l’Espagne.
« Enfin, après des centaines d’années, il va être possible d’abattre le dernier mur qui subsiste au sein de l’Union européenne », a-t-il salué1.
Le chef du gouvernement de Gibraltar, Fabian Picardo, a estimé que cet accord permettait de lever « les barrières physiques d’une époque révolue marquée par les tensions », tout en conservant « les clés de notre propre porte d’entrée ».
Les tensions avaient été à leur comble en 1969, lorsque le général Francisco Franco avait fermé la frontière après que Gibraltar avait voté massivement lors d’un référendum en faveur du maintien sous la souveraineté britannique. La frontière n’avait totalement rouvert qu’en 1985.
Tensions diplomatiques
Depuis cette réouverture, de longues files d’attente se formaient au gré des tensions diplomatiques entre Madrid et Londres sur la souveraineté de ce territoire, conduisant l’Espagne à renforcer ses contrôles.
Souvent, « de nombreux travailleurs ne savaient pas quand ils devaient partir de chez eux pour arriver à l’heure au travail » ni ne savaient à quelle heure ils allaient rentrer chez eux, a expliqué un responsable syndical de la région espagnole Campo de Gibraltar, Manuel Triano Paulete.
« Il est important que cette épée de Damoclès disparaisse », a ajouté ce secrétaire général de la CCOO (Confédération syndicale des Commissions ouvrières).
Avec une économie fondée sur les services financiers et les jeux d’argent en ligne, Gibraltar — plus petit que le bois de Vincennes à Paris — affiche l’un des revenus par habitant les plus élevés au monde.
Le Royaume-Uni a quitté l’Union européenne en 2020, laissant non résolue la relation entre Gibraltar — historiquement une base militaire importante pour les Britanniques — et le bloc européen.
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Fin 2020, Madrid et Londres sont parvenus in extremis à un accord provisoire, afin de maintenir la liberté de mouvement à la frontière entre l’Espagne et le Rocher. Mais la signature d’un accord définitif tardait à se concrétiser.
L’Espagne a cédé Gibraltar à la couronne britannique en 1713 dans le cadre du traité d’Utrecht, mais elle n’a depuis jamais cessé d’en revendiquer la souveraineté, ce qui donne lieu à des tensions régulières entre Madrid et Londres.
© Agence France-Presse
1. Visiblement, Pedro Sánchez ne sait pas qu’un mur coupe Chypre en deux depuis l’occupation turque. Chypre est pourtant un pays membre de l’UE. (NDLR)









