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De la guerre économique à la guerre tout court… ?

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De la guerre économique à la guerre tout court… ?

De la guerre économique à la guerre tout court… ?

Cette recension a été publiée dans le numéro 3 de Conflits. Si vous souhaitez acheter ce numéro au format numérique, rendez-vous sur la e-boutique de Conflits en cliquant ici.

Décidément l’heure est aux conflits. Deux ouvrages récents confirment le retour de la guerre économique.

Jean Hervé Lorenzi et Mickaël Berrebi, Un monde de violences

Jean Hervé Lorenzi et Mickaël Berrebi, Un monde de violences

Particulièrement significatif celui de Jean-Hervé Lorenzi et de Mickaël Berrebi symboliquement intitulé « Un monde de violences ». Il est loisible de l’interpréter comme le symptôme d’un changement de mentalités dans nos pays, et dans leurs élites. J.H. Lorenzi n’est en effet pas un révolutionnaire, il se réclame d’un libéralisme progressiste ; il enseigne à Paris Dauphine ; il préside le Cercle des Économistes (qui avait eu le mérite d’étudier il y a quelques années les « ressources rares », un thème essentiel pour qui veut comprendre la guerre économique) ; il a été membre du Conseil d’administration de BNP Paribas Cardif, du Crédit foncier ou d’Eramet… Ce CV impressionnant en fait un parfait représentant de l’élite économique et intellectuelle.

Or que nous dit-il dès les premières pages ? Le monde est confronté à six contraintes : l’accélération de la financiarisation, l’explosion des inégalités, le transfert d’activités vers les pays émergents, le vieillissement, le ralentissement du progrès technique qui aggrave la pénurie de ressources et la stagnation de l’épargne. Et il ajoute : « Ces contraintes ont un nom, celui de conflits. Sur chaque expression si caractéristique du langage des économistes se greffe désormais la confrontation entre pays, entre groupes sociaux, entre générations, sans que nul ne puisse savoir si le compromis est possible. Ce qui est exceptionnel dans ce présent que nous habitons, c’est que nous pressentons les gigantesques difficultés à venir, nous tentons sans grand succès de conceptualiser les menaces, mais nous hésitons à transgresser l’interdit, celui d’évoquer le conflit explicite, dangereux, cruel, celui qu’on appelle la guerre ».

Le cœur de l’ouvrage analyse de façon pédagogique et équilibrée ces six contraintes – signalons que certains chapitres ne seront pas facilement accessibles à ceux qui ignorent tout de l’économie. La conclusion se veut rassurante, sur le thème « éviter la grande crise du XXIe siècle, au risque de quelques platitudes : « recentrer le monde sur sa jeunesse » ou « dompter la rente », vaste programme aurait dit le général de Gaulle. Mais ne gâchons pas notre plaisir – et celui des futurs lecteurs. Il s’agit d’un grand livre et, si la capacité à rompre avec ses propres postulats pour mieux appréhender le réel constitue une forme de courage, J.H. Lorenzi est un homme courageux.

Jean-Yves Carfantan, Le Défi chinois, Les nouvelles stratégies d’un géant

Jean-Yves Carfantan, Le Défi chinois, Les nouvelles stratégies d’un géant

Jean-Yves Carfantan approfondit le même thème en se concentrant sur les matières premières. Sa thèse est bien connue : la croissance de la Chine et plus encore l’enrichissement de sa classe moyenne nécessite des ressources de plus en plus importantes. L’une des préoccupations majeures de Pékin est de sécuriser ses approvisionnements.

Pour cela, elle acquiert des entreprises étrangères qui disposent de droits d’exploration et d’exploitation, elle signe des accords de coopération avec des États et obtient le droit de mettre en valeur les ressources locales. Elle utilise sa force de frappe financière en offrant un prix élevé pour toutes ces transactions et en ajoutant des aides pour la construction d’infrastructures. Contrairement à une idée reçue, la Chine est moins présente en Afrique que dans des pays comme l’Australie ou bien, en ce qui concerne les investissements agricoles, les nations proches, telles la Russie, le Kazakhstan, l’Asie du Sud-Est ou la Mongolie. L’auteur évoque ainsi le cas du Pilbara, à l’ouest de l’Australie, dont les Chinois sont en train de faire un producteur majeur de fer, ou de l’État de Bahia au Brésil où ils étendent la culture du soja.

La boulimie de la Chine relève d’une guerre pour les ressources qui fait partie de la guerre économique. « En garantissant pour demain son accès aux richesses de la terre, la Chine apparaît comme l’ordonnateur des pénuries dont auront fatalement à souffrir bientôt les autres nations du monde. La résolution d’un pays qui paraît assoiffé de tout amplifie et redessine la compétition ouverte pour le contrôle des ressources de la planète. »

Et peut-être d’une guerre tout court puisque l’auteur esquisse, dans son dernier chapitre, deux scenarii pour l’avenir, l’un de coopération internationale, l’autre de tensions accrues débouchant sur un affrontement armé au large de l’Australie, puis dans le Pacifique. Car, « de tout temps la géopolitique s’est appuyée sur la répartition inégale des ressources de la planète pour expliquer les tensions et les conflits internationaux ».

P.G.

Crédit photo : familymwr via Flickr (cc)

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