Le bloc de l’opposition au Premier ministre Benjamin Netanyahu est arrivé en tête mardi des premières élections législatives en Israël depuis le 7 octobre 2023. Le scrutin a été marqué par une forte mobilisation de la minorité arabe, en passe de décrocher un nombre record de sièges, selon de premières estimations.
- D’après les sondages réalisés à la sortie des urnes par les chaînes 11, 12 et 13, le « bloc du changement » emmené par le centriste Gadi Eisenkot obtiendrait 52 ou 53 des 120 sièges de la Knesset, le Parlement israélien, contre 50 pour la coalition sortante de M. Netanyahu.
- Les deux listes arabes israéliennes, créditées de 17 ou 18 sièges, un net progrès, s’imposent comme de possibles faiseurs de rois.
Aucun bloc n’atteint 61 sièges : les listes arabes décident de l’issue
Projection des 120 sièges de la Knesset d’après les sondages de sortie des urnes, élections du 27 octobre 2026. Le siège hachuré est celui que se disputent le bloc du changement et les listes arabes.
M. Netanyahu reste toutefois à la tête du premier parti du pays : selon les premières estimations, le Likoud obtiendrait 24 ou 25 sièges, juste devant Yashar, le parti de M. Eisenkot.
- Ces estimations ne sont pas définitives, mais faute de majorité, les partis vont se lancer dans des semaines d’intenses tractations pour atteindre les 61 sièges nécessaires à la formation d’une coalition gouvernementale.
- La Commission électorale publiera les résultats au fur et à mesure à partir de la nuit de mardi à mercredi. Le processus pourrait durer plusieurs jours.
Participation record. On n’avait pas vu une telle participation depuis plusieurs décennies, signe que de nombreux Israéliens le jugent décisif.
Faiseurs de rois. Ces élections se tiennent alors que les critiques internationales se multiplient. Elles portent sur la conduite de la guerre à Gaza, mais aussi sur les violences et l’expansion des colonies en Cisjordanie occupée, sous le gouvernement le plus à droite de l’histoire d’Israël.
Le monde entier suivra les résultats de près : M. Netanyahu multiplie de nouveau les menaces contre l’Iran, au risque d’aggraver un conflit dont les répercussions dépassent largement le Moyen-Orient.
- Face à l’impasse, la minorité arabe israélienne pourrait être l’une des clés d’une majorité gouvernementale. Elle représente près de 20 % de la population et se dit plus discriminée que jamais.
- C’est d’ailleurs cette minorité que M. Netanyahu a prise pour cible. Mardi, il a accusé le parti Raam de vouloir « voler l’élection », après l’arrestation de trois hommes porteurs d’enveloppes remplies d’argent liquide.
- Les autorités électorales ont parlé d’un « cas isolé ». M. Eisenkot a accusé M. Netanyahu de « préparer le terrain » pour contester les résultats. Le chef de Raam, Mansour Abbas, a dénoncé des « mensonges » du Premier ministre, destinés selon lui à mobiliser l’électorat de droite.
L’ombre du 7 octobre 2023. Le souvenir de l’attaque du Hamas a pesé lourd dans ce scrutin. M. Eisenkot, qui tient le Premier ministre pour responsable des défaillances sécuritaires, a promis de créer une commission d’enquête indépendante s’il arrive au pouvoir.
- Tout au long de la campagne, M. Netanyahu a cherché à convaincre qu’il avait depuis affaibli les ennemis d’Israël en menant plusieurs guerres, dont celle qui a réduit Gaza en ruines.
- En cas de victoire, il a promis de « finir le travail » en Iran. Il a aussi mis en avant sa proximité avec le président américain Donald Trump, qui lui a apporté son soutien.
Pour les opposants à la coalition sortante, ce scrutin est décisif pour sauver la démocratie israélienne. Benjamin Netanyahu, jugé pour corruption, n’a cessé de s’en prendre au pouvoir judiciaire.
Gadi Eisenkot a quant à lui mené une campagne plus discrète que le Premier ministre. Il a misé sur la sobriété et le sérieux, et promis de « rassembler à nouveau tous les Israéliens ».










