<i class='fa fa-lock' aria-hidden='true'></i> Le porte-hélicoptères, 20 000 tonnes de diplomatie douce

17 janvier 2024

Temps de lecture : 11 minutes
Photo : Le Puma de la sécurité civile de Fort-de-France, Martinique, effectue des TAG sur le pont d'envoi du PHA Dixmude. (c) Lumir Lugué/Marine Nationale/Défense
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Le porte-hélicoptères, 20 000 tonnes de diplomatie douce

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Navire aux possibilités multiples, le porte-hélicoptères est moins connu que le porte-avions ou la frégate alors qu’il est un bâtiment essentiel de la puissance maritime.

Article paru dans le numéro 49 de janvier 2024 – Israël. La guerre sans fin.

L’expression d’Henry Kissinger, brillant centenaire, est presque rentrée dans le langage courant. « Un porte-avions, c’est 100 000 tonnes de diplomatie », disait naguère l’ancien secrétaire d’État américain sous Johnson et Ford (1973-1977). Différence de tonnage oblige, la traduction française, adaptée au format du Charles-de-Gaulle, se limite à 40 000 tonnes. Le héraut du réalisme expliquait encore que, « dans les crises dont [il a] eu à [s]’occuper, l’emploi des porte-avions s’est révélé presque invariablement décisif ». Ce que Franz-Olivier Giesbert, dans un éditorial du Figaro en 1990, traduisit par la jolie formule : « Avec Saddam Hussein, il faut toujours négocier avec des porte-avions au large, pas avec des bons sentiments[1]. » Le pluriel a son importance. Quand les États-Unis se fâchent, l’US Navy envoie toujours ses supercarrier par paire. Ce fut le cas lors de la troisième crise du détroit de Taïwan (1995-1996), quand les Chinois lancèrent des manœuvres navales et des essais de missiles d’ampleur en face de l’ancienne Formose. Face à une marine chinoise qui était encore fort modeste, le déploiement de l’USS Nimitz et de l’USS Independence dissuada Pékin de tenter toute montée aux extrêmes.

Déploiement en Méditerranée

Aujourd’hui, en Méditerranée orientale (MEDOR), au large d’Israël et de Gaza, et dans le golfe Persique, ce sont respectivement l’USS Gerald R. Ford – tête de la nouvelle classe amenée à remplacer les Nimitz – et l’USS Dwight D. Eisenhower qui calment les ardeurs iraniennes afin d’éviter, là encore, une escalade régionale. Et il ne s’agit pas seulement de deux porte-avions, mais de deux groupes aéronavals au complet. Sont donc aussi déployés cinq ou six destroyers Arleigh Burke et croiseurs Ticonderoga, et au moins deux sous-marins nucléaires d’attaque. Au total, ce ne sont pas seulement 150 aéronefs que l’US Navy peut mettre en œuvre au Proche-Orient, mais aussi plusieurs centaines de missiles de croisière Tomahawk pour attaquer et plusieurs centaines de missiles antiaériens SM2 et SM3 pour se défendre. L’effet est puissamment dissuasif.

En réaction aux attaques du Hamas du 7 octobre en Israël, et contrairement à d’autres moments de l’histoire récente – comme lors de la lutte contre Daech en 2016 ou lors de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 –, la France n’aurait pas pu prêter main forte, à supposer qu’elle le voulût, à son allié américain en déployant « 40 000 tonnes de diplomatie » supplémentaires. Le Charles-de-Gaulle est à Toulon où il achève son arrêt technique dit d’« indisponibilité pour entretien intermédiaire ». Sorti de cale sèche, il fait chauffer ses catapultes et ne pourra repartir en mission que le 1er janvier 2024. Mais le président Emmanuel Macron a eu une autre idée : pourquoi ne pas envoyer l’un des trois porte-hélicoptères amphibies (PHA) de classe Mistral au large de Gaza, afin de faire du « signalement stratégique[2] » ? L’expression, issue du langage de la dissuasion nucléaire, peut paraître abstraite. Elle l’est d’une certaine manière : il s’agit d’adresser, souvent par le biais de l’outil militaire, un signal visant à « démontrer la volonté et la crédibilité de la France à défendre ses intérêts et ceux de ses partenaires », selon une définition donnée par l’IFRI[3]. En l’espèce, l’on pourrait dire : « Un porte-hélicoptères [en tout cas français], c’est 20 000 tonnes de diplomatie. » D’autant que le Tonnerre, envoyé en urgence, a rejoint deux frégates françaises déjà présentes en MEDOR, une FREMM DA (frégate européenne multimissions dotée de capacités de défense aérienne renforcées) de classe Aquitaine (l’Alsace puis la Lorraine) et une plus modeste FLF (frégate légère furtive) de classe La Fayette. Depuis la guerre en Syrie, la France peut s’honorer du déploiement permanent d’au moins une frégate dans cette zone maritime disputée. Autour du porte-avions USS Dwight D. Eisenhower, une autre FREMM, la Languedoc, a par ailleurs rejoint l’escorte du groupe aéronaval américain dans le golfe Persique.

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Mais quelle diplomatie ? Certes, les frégates (surtout la FREMM), et leurs puissants capteurs, permettent à Paris de mettre en œuvre une utile capacité de renseignement afin de disposer d’une certaine autonomie dans l’évaluation de la situation régionale. Mais quid du porte-hélicoptères ? Emmanuel Macron a tranché, peut-être un peu trop vite. Le Tonnerre servirait à porter assistance aux hôpitaux de Gaza, débordés. Dans les éléments de langage élyséens, le PHA, pour l’occasion, a été rebaptisé « navire-hôpital ». Première erreur, car ce navire multimissions naguère qualifié de « bâtiment de projection et de commandement » n’en est pas un. Seules les marines américaine (classe Mercy), chinoise (classe Daishan Dao) et russe (classe Ob), ainsi que certaines ONG (comme l’Africa Mercy) disposent de tels navires spécialisés. Les Mistral disposent malgré tout en matière hospitalière de capacités qui sont loin d’être négligeables puisque leur incombe le « rôle 3 » dans la classification du service de santé des armées, soit celui d’hôpital médicochirurgical : concrètement, ces navires de 200 mètres de long mettent en œuvre un hôpital embarqué équipé de deux blocs opératoires pouvant fonctionner simultanément et d’une grosse soixantaine de lits. Aucune marine européenne ne dispose de trois navires offrant de telles possibilités.

Coup sanitaire ou coup médiatique ?

Mais, de la théorie à la pratique, il y a parfois un écart, lequel a mené l’Élysée à commettre une seconde erreur. Le 2 novembre, un reportage de Franceinfo a ainsi révélé que le Tonnerre ne pouvait prendre en charge lors de son arrivée en Méditerranée orientale que « quatre blessés graves, dont deux très graves ». Alors que toute la communication gouvernementale avait été fondée sur ce « soutien hospitalier », ce chiffre étonnamment faible pour qui n’avait pas les détails de l’opération a fait vivement réagir. C’était pourtant injuste pour le Tonnerre et son équipage : le porte-hélicoptères, qui a appareillé de Toulon le 25 octobre en direction de Gaza, a achevé seulement le 19 octobre l’exercice européen de gestion de crise MILEX 23, qui s’est déroulé au large de la base otanienne de Rota en Espagne, avec la participation à cette occasion d’un important détachement de l’armée de terre et de l’armée de l’air. Le temps de repasser par son port d’attache de Toulon, le PHA n’a eu que quelques heures pour préparer son nouveau déploiement, alors même que pointe déjà pour le navire le début de la traditionnelle mission Jeanne d’Arc de fin de formation des nouveaux officiers de l’École navale. Il était donc logique que le Tonnerre appareillât à vide, sans pouvoir mettre en œuvre l’intégralité de ses capacités hospitalières.

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L’erreur est bien davantage politique, dans la mesure où cette limitation technique était connue. Une mise en garde de la note de l’IFRI à propos du « signalement stratégique » peut être étendue à ce fiasco entourant l’envoi d’un navire-hôpital, ce que n’est pas le Tonnerre : « Cependant, pour être efficace, c’est-à-dire correctement perçu par les alliés comme par les adversaires, ce signalement stratégique doit être en adéquation avec les moyens dont dispose la France, et avec une stratégie cohérente qui peine encore à être définie sur le long terme. » Cette communication officielle imprécise est d’autant plus regrettable que le déploiement en urgence du Tonnerre n’était pas absurde sur le plan opérationnel, bien au contraire : le PHA a d’abord été envoyé en MEDOR afin d’être pré-positionné sur zone en cas de lancement d’une opération d’évacuation des ressortissants (Resevac) français (et alliés) au Liban, qui ne pouvait être exclue si le conflit entre Israël et le Hamas s’était étendu au sud de ce pays où est installé le Hezbollah, principal « proxy » de l’Iran dans la région. Cela n’était pour l’instant pas le cas début décembre – la dissuasion des deux porte-avions américains a pour l’instant réussi, peut-on supposer, sans le démontrer absolument – mais pouvait-on en être certain a priori ? Évidemment, une telle raison d’envoyer le Tonnerre était diplomatiquement moins glorieuse, alors qu’Emmanuel Macron, le jour de l’appareillage du PHA, achevait sa brève tournée en Israël, en Cisjordanie, en Jordanie et en Égypte. Depuis, l’Élysée a cherché à corriger le tir en soulignant le déploiement d’A-400M, qui ont apporté du fret humanitaire à Gaza, via l’Égypte. Surtout, le Dixmude, sister-ship du Tonnerre, a à son tour appareillé de Toulon, cette fois muni de capacités hospitalières complètes, pour arriver en MEDOR dans les derniers jours de novembre.

Malgré la polémique, qui incombe en réalité au politique et non au militaire, cet épisode du Tonnerre aura en tout cas attiré l’attention sur le rôle très particulier du porte-hélicoptères lors des crises internationales. Dans son ouvrage de référence Le Meilleur des ambassadeurs, Hervé Coutau-Bégarie insistait déjà sur le rôle prépondérant des moyens amphibies dans la diplomatie navale, qui ne rayonne pas seulement par l’aura des porte-avions, si puissante depuis la Seconde Guerre mondiale[4]. Ce n’est pas pour rien qu’un PHA de classe Mistral, son radier ouvert pour laisser passer un chaland, illustre la couverture de son essai… Le porte-hélicoptères amphibie (qui sera demain plus largement un porte-drones) est l’aboutissement d’un demi-siècle de progrès en matière d’opérations entre la mer et la terre, dont la liaison est facilitée par les airs. Si le porte-hélicoptères représente 20 000 tonnes de diplomatie, ce n’est pas la même diplomatie que celle des 40 000 tonnes d’un porte-avions. Par sa puissance de projection, le Charles-de-Gaulle, lorsqu’il est déployé, envoie un message à la fois simple et fort. Comme les Américains à Taïwan en 1996 ou aujourd’hui au large de Gaza, c’est une hard diplomacy qui ne souffre d’aucune ambiguïté possible : l’objectif politique est de dissuader qui les Chinois, qui les Iraniens de se lancer dans une escalade militaire incontrôlée, au risque de devoir se confronter à plusieurs escadrons de F/A-18 et aujourd’hui de F-35C.

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Même s’ils déplacent moins d’eau que leurs grands frères sur lesquels apontent des aéronefs à voilure fixe, les porte-hélicoptères en imposent malgré tout par leur tonnage, mais déploient dans leur sillage une diplomatie bien plus douce, que l’on pourrait qualifier de soft diplomacy. D’ailleurs, leurs missions, certes militaires, sont souvent de nature humanitaire. En témoignent structurellement les PHA, conçus majoritairement selon les normes civiles de construction – pour le plus grand confort de l’équipage d’ailleurs. En avril 2020, escorté par la FLF Guépratte, le Mistral a bousculé le programme de sa mission Jeanne d’Arc pour porter secours lors de l’épidémie de Covid-19 à La Réunion afin de renforcer les capacités hospitalières et de soutenir logistiquement l’île ultramarine. Le Tonnerre faisait de même au large de la Corse pour évacuer des malades.

En août et en septembre 2020, c’est encore le Tonnerre qui a été déployé au Liban après l’explosion du port de Beyrouth, afin d’apporter du fret humanitaire et de débarquer des unités spécialisées. Le déploiement du PHA, là aussi, avait permis de soutenir la diplomatie du président de la République, Emmanuel Macron s’étant rendu dans la capitale libanaise seulement deux jours après le drame. Les PHA sont aussi régulièrement déployés dans le cadre de l’opération navale Corymbe dans le golfe de Guinée, lancée en 1990. La permanence d’un navire de la marine nationale dans cette zone sert aussi bien la protection des intérêts économiques français que la diplomatie navale avec les pays de la région ou la lutte contre la piraterie et les divers trafics qui y fleurissent.

De diplomatie navale, il est encore question dans le cadre de la mission annuelle Jeanne d’Arc dévolue à tour de rôle aux trois PHA, escortés à chaque fois d’une FLF. Ils reprennent le flambeau du mythique porte-hélicoptères Jeanne d’Arc, désarmé en 2010. Chaque année, ce petit groupe aéronaval réalise un demi-tour du monde, vers l’Afrique, l’Amérique ou l’Asie. C’est l’occasion pour un porte-aéronefs français de faire escale dans les plus grands ports de tous les pays amis ou au moins partenaires de la France. Aucun autre pays européen n’est capable de projeter tous azimuts aussi régulièrement et aussi loin 20 000 tonnes de diplomatie navale. Dans certains cas, le message délivré par la présence d’un porte-hélicoptères est un subtil équilibre entre fermeté et souplesse. Que l’on pense à la mission Jeanne d’Arc en 2021 : le PHA Tonnerre a ainsi traversé la mer de Chine méridionale en longeant les îles et les récifs revendiqués par Pékin, mais s’est ensuite séparé de sa conserve, la FLF Surcouf, qui a seule passé le détroit de Taïwan, tandis que le porte-hélicoptères restait sagement en mer des Philippines.

Reste un autre emploi crucial du porte-hélicoptères amphibie, qui est diplomatiquement paradoxal : ce sont les Resevac, brièvement évoqués dans le cas du Liban. Paradoxal dans la mesure où de telles évacuations sont quelque part la marque d’un échec diplomatique, qu’il nous incombe directement ou indirectement. À notre connaissance, sur les trois PHA, seul le Mistral a participé à une opération d’évacuation de ressortissants, en 2006 au Liban, dans le cadre de l’opération Baliste lors de la guerre israélo-libanaise. Au Tchad en 2008, en Libye en 2011, en Afghanistan, en 2021, au Soudan et au Niger en 2023, la voie aérienne a été privilégiée. En 2014 en Libye, une opération navale d’évacuation a été menée, mais ce sont deux frégates – les Montcalm et Courbet – qui l’ont réalisée. En raison de leurs capacités amphibies et aéronavales, les PHA sont particulièrement pensés pour les Resevac et réalisent en la matière des exercices réguliers. Symboles de la diplomatie navale, ces navires sont donc en même temps les bâtiments les mieux conçus pour faire face à un échec grave de la diplomatie et/ou de la force qui nécessiterait le rapatriement de civils ou le repli de forces militaires.

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Messages diplomatiques

Mais, pour conclure, les porte-hélicoptères ne sont-ils que les messagers d’une soft diplomacy ? Ne sont-ils pas pourtant le potentiel vecteur naval d’une force de débarquement terrestre appuyée par un soutien aérien ? Tel est certes le cas, en théorie. Équipé d’un centre de commandement, un PHA est capable de projeter un demi-millier de soldats et une soixantaine de blindés (dont des chars) grâce à l’emploi de deux à quatre chalands de débarquement, et peut mettre en œuvre 16 hélicoptères. C’est à la fois beaucoup et bien peu. Que l’on pense à la guerre en Ukraine. En février 2022, la Russie n’a certes pas déployé au large de l’Ukraine de porte-hélicoptères – la France ayant justement annulé en 2014 la vente de deux Mistral, revendus à l’Égypte – mais a massé en mer Noire 12 navires d’assaut amphibie (4 000 à 6 000 tonnes chacun) pouvant ensemble faire débarquer environ 150 blindés et 3 000 à 4 000 hommes. Soit l’équivalent d’une brigade. Face à un littoral entièrement miné et aux capacités de défense côtières antinavires adverses, cette force de projection était incapable de mener à bien sa tâche. Et qu’aurait-elle représenté, de toute façon, face aux 200 000 soldats qui ont franchi par la terre les frontières de l’Ukraine ?

« Un poids plume de la diplomatie, mais un navire à multiples missions. »

L’on en revient aux limites inhérentes de la projection amphibie, la mer restant un obstacle naturel puissant, et le débarquement par la mer, une opération militaire hautement risquée et coûteuse. Les Chinois le savent bien, eux qui lorgnent sur Taïwan et construisent une armada destinée à rivaliser avec l’US Navy. Pékin possède actuellement trois porte-hélicoptères (type 075) de 40 000 tonnes, huit Landing Platform Dock (type 071) de 20 000 tonnes et une trentaine de navires de débarquement (type 072) de 4 000 tonnes. Il n’est même pas certain que cette gigantesque flotte amphibie puisse mener plus de 20 000 hommes et 1 000 blindés sur la terre de l’ancienne Formose – à supposer que tous ces navires survivent à la traversée du détroit. Ce serait certes la première vague d’assaut, car la Chine dispose par ailleurs d’une vaste flotte commerciale qui pourrait servir à des fins militaires. Mais l’on réalise malgré tout le coût inhérent aux opérations amphibies.

Et ce d’autant plus que, sur les côtes et les littoraux, les moyens de lutte asymétriques se développent rapidement avec la démocratisation des drones aériens et navals kamikazes, et des missiles antinavires. Là encore, la guerre en Ukraine l’illustre, la flotte russe de la mer Noire étant mortellement harcelée alors même que Kiev ne dispose plus de navires de guerre. Dans ce contexte, nos PHA pourraient-ils seulement s’approcher d’une zone de conflit sans risquer d’être coulés ? En matière d’autodéfense, le Mistral « n’est pas au top », confessait son ancien commandant en 2006 au Liban. Les PHA ne disposent en effet que de deux systèmes antiaériens à très courte portée Simbad. Le 20 octobre 2023, le destroyer USS Carney a intercepté en mer Rouge trois missiles et huit drones houthis dans le cadre du conflit entre Israël et le Hamas. Une FREMM française sans défense aérienne renforcée n’emporte à son bord que 16 missiles antiaériens Aster. Pourrait-elle protéger un PHA quasiment sans défense ?

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Un porte-hélicoptères, c’est donc 20 000 tonnes de diplomatie douce, adjectif qualificatif intimement lié à sa fonction civilo-militaire, à sa polyvalence et à sa capacité de projection. Dans un monde où les crises humanitaires se succèdent, les Mistral et leurs équivalents ailleurs dans le monde montrent chaque jour leur utilité sans cesse renouvelée. Même les Portugais, en novembre, ont annoncé leur intention d’en construire un, centré autour de la projection de drones. Mais dans un environnement militaire qui en même temps se densifie dans tous les milieux, particulièrement entre la terre et la mer, les porte-hélicoptères montrent également leurs limites : s’ils sont les vecteurs d’une soft diplomacy, c’est aussi qu’ils apparaissent bien incapables de projeter de façon crédible une hard diplomacy, qui restent l’apanage de leurs grands frères les porte-avions.  

[1] Alain Oudot de Dainville, « Le porte-avions en débat », revue Défense nationale, 2017/8 (no 803).

[2] Nicolas Barotte, Amaury Coutansais, « Guerre Israël-Hamas : le signalement stratégique, principale arme du porte-hélicoptères Tonnerre », Le Figaro, 28 octobre 2023.

[3] Jérémy Bachelier, Héloïse Fayet, « Le signalement stratégique : un levier pour la France dans la compétition entre puissance ? », IFRI, Focus stratégique n°114, 16 mai 2023.

[4] Hervé Coutau-Bégarie, Le Meilleur des ambassadeurs. Théorie et pratique de la diplomatie navale, éd. ISC-Economica, 2010.

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À propos de l’auteur
Alexis Feertchak

Alexis Feertchak

Journaliste, diplômé de Sciences Po Paris, Alexis Feertchak est chef de service au Figaro et créateur du journal iPhilo.ff
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