Les infrastructures pétrolières iraniennes, colonne vertébrale stratégique du régime

3 février 2026

Temps de lecture : 2 minutes

Photo : Réseau de pétrole en Iran (c) AFP

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Les infrastructures pétrolières iraniennes, colonne vertébrale stratégique du régime

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Cette carte met en évidence la géographie dense et profondément stratégique des infrastructures pétrolières iraniennes. Raffineries, pipelines et axes d’exportation dessinent un réseau vital, à la fois économique, politique et militaire, qui structure le territoire iranien et conditionne sa place dans les rapports de force régionaux et internationaux.

Premier enseignement : la concentration spatiale des infrastructures. Les raffineries et les principaux nœuds de pipelines se situent majoritairement dans l’ouest et le sud du pays, à proximité des grands bassins de production et des zones d’exportation. Le sud-ouest, autour du Khuzestan, apparaît comme le cœur énergétique de l’Iran. Cette région frontalière de l’Irak concentre champs pétroliers, raffineries et réseaux de transport, héritage d’une longue histoire industrielle mais aussi point de vulnérabilité majeur, exposé aux tensions régionales.

La carte montre également l’importance de l’axe nord-sud, reliant les zones de production méridionales à la région de Téhéran et à la mer Caspienne. Ce maillage interne permet à l’Iran de limiter sa dépendance exclusive aux terminaux du golfe Persique, en assurant une redistribution nationale des hydrocarbures et, potentiellement, des débouchés alternatifs vers l’Asie centrale. Cette logique de redondance territoriale répond à une contrainte stratégique centrale : la menace permanente pesant sur les voies maritimes du sud.

Réseau de pétrole en Iran (c) AFP

Le détroit d’Ormuz, visible en périphérie de la carte, reste en effet le point névralgique du dispositif iranien. Une part essentielle des exportations énergétiques iraniennes transite par cette étroite voie maritime, par laquelle passe environ un cinquième du commerce mondial de pétrole. La densité des pipelines convergeant vers la façade sud illustre à la fois l’importance de cette ouverture et la fragilité qu’elle induit. Toute fermeture ou perturbation du détroit aurait des conséquences immédiates sur l’économie iranienne, mais aussi sur les marchés énergétiques mondiaux, ce qui confère à Téhéran un puissant levier de dissuasion.

La carte révèle par ailleurs un choix stratégique assumé : privilégier les infrastructures terrestres. Dans un contexte de sanctions internationales et de pressions militaires récurrentes, le réseau de pipelines permet à l’Iran de maintenir une capacité de circulation interne du pétrole et du gaz, même en cas de blocage partiel des exportations. Cette profondeur territoriale renforce la résilience du système énergétique iranien face aux frappes ciblées ou aux sabotages.

Enfin, l’ensemble du dispositif souligne la dimension géopolitique du pétrole iranien. Plus qu’une simple ressource économique, il constitue un outil de souveraineté et de projection régionale. Les infrastructures pétrolières soutiennent non seulement l’économie nationale, mais aussi la capacité du régime à financer ses politiques intérieures, son appareil sécuritaire et ses alliances régionales. Leur dispersion contrôlée sur le territoire traduit une logique de survie stratégique dans un environnement perçu comme hostile.

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