Olivier Hanne, Les Seuils du Moyen-Orient. Histoire des frontières et des territoires

30 novembre 2017

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Olivier Hanne, Les Seuils du Moyen-Orient. Histoire des frontières et des territoires

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Olivier Hanne, Les Seuils du Moyen-Orient. Histoire des frontières et des territoiresAu Moyen-Orient, la frontière est un seuil, à savoir une barrière mentale et géographique. Sykes-Picot est un seuil, tout comme les limites du front de l’État islamique. Le Sinaï sous occupation israélienne fut un espace-seuil depuis 1967 jusqu’à son retour complet à l’Égypte en 1982.

Appelé à faire date, ce brillant essai se veut un éclairage historique sur la situation contemporaine du Moyen-Orient. Par son érudition et son originalité, il nous invite à penser la région sur le temps long : de l’Égypte des Pharaons, au royaume assyrien, à la civilisation perse, aux Sassanides, au royaume parthe, à Byzance, au mirage de l’unification islamique, à la période d’hégémonie ottomane.

Plus proche de nous, la période coloniale européenne, l’internationalisation des conflits intérieurs et la greffe israélienne font l’objet d’une attention particulière. Dressant un panorama de ces «seuils », en distinguant les fractures les plus anciennes et les plus profondes qui traversent la région, l’auteur arrive à cette conclusion : la frontière est seuil parce qu’elle définit le sol de la communauté, et donc celle-ci; elle est seuil en tant que passage entre le semblable et l’étranger, quand bien même l’étranger est un cousin. Or, après des phases d’accalmie, les fractures se réveillent, cycliquement, notamment au rythme des interventions étrangères.

Depuis Alexandre le Grand les intrusions étrangères sont une constante : certaines y ont apporté une idéologie, un principe (hellénisme) ou une religion (islam, catholicisme, protestantisme…), exploitant des clientèles locales (maronites, arméniens, druzes…) en échange de leur protection.

Loin de se contenter d’une analyse purement factuelle de la reconfiguration inachevée des frontières arabes, Olivier Hanne illustre son propos par un grand nombre de cartes afin de mieux identifier des éléments géopolitiques enracinés dans le passé.

Islamologue, chercheur-associé à l’université d’Aix-Marseille, l’auteur ne croit pas à l’hypothèse d’un nouveau redécoupage territorial préalable à une sortie de crise. À ses yeux, l’État-nation importé ne peut plus s’appliquer à la lettre (comme en Syrie, en Libye et au Yémen). L’enjeu et la légitimité politique passeraient donc par l’exploration d’autres voies, l’élaboration d’architectures multiples mêlant anciennes pratiques de pouvoir et hiérarchies intermédiaires) selon lui garantes d’une meilleure prise en compte des intérêts des populations, mais aussi de respect des seuils. Moyen-Orient : des frontières absurdes ?

H.D.

[colored_box bgColor= »#DCEDC8″ textColor= »#222222″]Olivier Hanne, Les Seuils du Moyen-Orient. Histoire des frontières et des territoires, Éditions du Rocher, 538 p., 26 €[/colored_box]

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