La réémergence de la Chine : un miracle dans l’histoire humaine

6 mai 2026

Temps de lecture : 41 minutes

Photo : Le vaisseau spatial habité Shenzhou-15 et sa fusée porteuse Longue Marche-2F sont transférés vers la zone de lancement du Centre de lancement de satellites de Jiuquan, dans le nord-ouest de la Chine, le 21 novembre 2022. (Photo : Wang Jiangbo/Xinhua) © SIPA

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La réémergence de la Chine : un miracle dans l’histoire humaine

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  • En quatre décennies, la Chine est passée d’une économie rurale et planifiée à la deuxième puissance mondiale en PIB nominal, en combinant pragmatisme dengiste, planification quinquennale et zones économiques spéciales — un modèle hybride sans précédent dans l’histoire économique.

  • La clef de cette transformation réside dans le refus de la rigidité idéologique : « traverser la rivière en tâtant les galets », expérimenter localement avant de généraliser, et placer l’efficacité au-dessus de la doctrine — une philosophie qui a permis de sortir près de 800 millions de personnes de l’extrême pauvreté.

  • Le « siècle d’humiliations » constitue le moteur psychologique et stratégique profond de cette réémergence : la Chine ne cherche pas seulement à se développer, elle poursuit une forme de réparation historique, guidée par la conviction que jamais plus elle ne doit subir la domination étrangère.

En l’espace de quatre décennies, la Chine a accompli une transformation économique d’une ampleur et d’une rapidité sans précédent dans l’histoire humaine. Comment expliquer une telle ascension ? Quels leviers ont été mobilisés, et selon quelles stratégies ? Quels ressorts, parfois moins visibles, ont permis ce basculement ? Pour le comprendre, il convient de retracer les étapes clés de cette longue marche et d’en décrypter les mécanismes.

Introduction

En l’espace de quatre décennies, la Chine a connu l’une des transformations économiques les plus rapides et les plus profondes de l’histoire. À la fin des années 1970, le pays sort affaibli de plusieurs décennies de crises politiques et économiques : le revenu par habitant était alors comparable à celui des pays les plus pauvres d’Afrique, plus de 80 % de la population vivait en zone rurale et la majorité souffrait d’un niveau de vie très bas. L’économie était encore largement planifiée, inefficace et déconnectée du marché mondial. Le modèle hybride de l’économie chinoise a contribué à sa transformation rapide en une des plus grandes économies mondiales.

Elle a maintenu un taux de croissance économique moyen de près de 10 % par an pendant plusieurs décennies, bien qu’elle connaisse actuellement un taux de 5% face au ralentissement global et au défi de transformation de son économie en profondeur. Elle est devenue selon FMI la deuxième plus grande économie mondiale en termes de PIB nominal en 2025 (~ 19 400 milliards USD) et la première en termes de parité de pouvoir d’achat (PPA : ~ 41 000 milliards de dollars internationaux)1. La classe moyenne chinoise compte environ 350 à 400 millions de personnes, soit plus de 6 fois la population française2.

Au cours des quatre dernières décennies, le nombre de personnes en Chine vivant avec moins de 1,90 dollar par jour – le seuil de pauvreté internationale établi par la Banque mondiale pour mesurer l’extrême pauvreté mondiale – a diminué de près de 800 millions3.

La Chine est passée d’une économie principalement agricole à une puissance industrielle majeure, produisant une large gamme de biens manufacturés et à la hauteur de 30% de la capacité globale. Avec des initiatives comme « Made in China 2025 », la Chine a fait des progrès significatifs dans les secteurs de haute technologie, y compris les véhicules électriques, l’intelligence artificielle et la 5G.

L’empire du milieu a construit un vaste réseau d’infrastructures, y compris des routes, des chemins de fer à grande vitesse (plus de 48 000 km), des ports et des aéroports, facilitant le commerce intérieur et international. Le modèle urbain chinois a permis l’émergence de plusieurs mégapoles modernes, soutenant la croissance économique et améliorant la qualité de vie des citadins. Son projet BRI (Belt & Route Initiative) lancé en 2013, a contribué au développement d’un nombre croissant des pays du Sud global.

Grâce à un système bancaire majoritairement public et à des contrôles rigoureux des capitaux, la Chine a évité certaines des crises financières qui ont touché d’autres économies en développement. La Chine possède les plus importantes réserves de change au monde, offrant une protection contre les chocs économiques externes.

La Chine est devenue le plus grand producteur et consommateur d’énergies renouvelables, avec des investissements massifs dans l’énergie solaire, éolienne et hydraulique

Le gouvernement chinois a mis en place des politiques pour réduire la pollution et promouvoir un développement écologique, bien que des défis subsistent dans ce domaine. La Chine consolide sa place de plus grand investisseur mondial4. Les investissements dans l’énergie s’élèveront à 3.300 milliards de dollars dans le monde en 2025, un montant record. Près des deux tiers financeront des énergies propres, selon l’Agence internationale de l’énergie.

Les capacités de défense ont également fait l’objet d’une modernisation globale, notamment dans les domaines navals et des technologies hypersoniques.

Grâce à une mise en œuvre rigoureuse appuyée sur une dynamique interne, la Chine s’est imposée comme un acteur majeur du secteur spatial, poursuivant des ambitions élevées pour l’avenir.

Comment une telle transformation a-t-elle été possible ? Quelles méthodes ont été mobilisées, quels ressorts plus discrets l’ont rendue durable, et quelles conditions ont été nécessaires à sa réémergence ? Pour le comprendre, il faut retracer les étapes de cette longue marche. C’est une histoire de vision et de stratégie, d’organisation rigoureuse et de méthode, mais aussi de pragmatisme et d’une volonté de revanche.

Combiner les mains « visible et invisible » : le socialisme à caractère chinois5

Avec Mao Zedong, le PCC a lancé toute une série de mouvements visant à « rattraper » les retards par rapport aux pays avancés. L’énergie était pleine mais la méthode a été mauvaise et rigide, par exemple, le Grand Bond en avant utopique a été une catastrophe.

En 1978, Deng Xiaoping, l’architecte de la Réforme et de l’Ouverture, a introduit le pragmatisme comme principe fondamental. La célèbre maxime de Deng Xiaoping, « Peu importe que le chat soit noir ou blanc, pourvu qu’il attrape les souris », illustre parfaitement cet état d’esprit. La main « invisible » du marché et la main « visible » de l’État et de la planification se sont combinées pour atteindre les objectifs. En d’autres termes, l’efficacité a primé sur la pureté idéologique.

Ce modèle hybride explique en grande partie la réussite économique spectaculaire de la Chine au cours des dernières décennies. Il constitue aussi une rupture avec les modèles communistes historiques, souvent marqués par une rigidité doctrinale.

En 1978, sous la direction de Deng Xiaoping, la Chine a initié une série de réformes économiques visant à ouvrir l’économie et à intégrer des éléments de marché tout en maintenant le contrôle centralisé du Parti Communiste Chinois (PCC). La politique de la porte ouverte a encouragé les investissements étrangers et l’exportation, catalysant la transformation économique. Le but de la Chine n’était pas d’implémenter un modèle de l’économie de marché classique préconisée par l’Occident et suivi par Gorbatchev sous l’appellation du Consensus de Washington. Son ambition était de faire face au double défi de moderniser le pays tout en maintenant la stabilité sociale dans la transformation radicale d’une économie obsolète.

Le rôle central joué par l’État dans le décollage de l’économie chinoise rappelle, à bien des égards, le colbertisme tel qu’il s’est développé en France aux XVIIe et XVIIIe siècles ou qu’il s’est pratiqué sous de Gaulle. À partir des réformes engagées à la fin des années 1970, l’État chinois n’a pas abandonné la direction de l’économie, mais a au contraire conservé un rôle stratégique dans l’orientation de la croissance. Il a fixé les grandes priorités industrielles, contrôlé les secteurs jugés essentiels — comme l’énergie, les transports, la finance ou les télécommunications — et mobilisé des outils puissants de planification à moyen et long terme – les plans quinquennaux.

L’État chinois a favorisé l’industrialisation par une politique volontariste : investissements publics massifs, soutien aux entreprises nationales, protection sélective du marché intérieur et encouragement des exportations. Les zones économiques spéciales illustrent cette logique pragmatique, combinant ouverture au capital étranger et encadrement étroit par les autorités publiques. L’objectif principal n’était pas le libre jeu du marché, mais l’accumulation de richesses et de capacités productives au service de la puissance nationale.

La réussite économique est conçue comme un instrument de souveraineté et de rayonnement international. La montée en gamme industrielle, l’innovation technologique et les grands projets d’infrastructures s’inscrivent dans une stratégie étatique de long terme. Ainsi, loin d’un modèle libéral classique, le développement chinois apparaît comme une forme moderne de colbertisme, adapté à la mondialisation, où l’État demeure le moteur principal du décollage économique et de l’affirmation nationale.

Une boîte à outils bien fournie et en dehors de la rigidité idéologique

Un ensemble de leviers pragmatiques a été mobilisé pour piloter cette transformation d’envergure.

« Traverser la rivière en tâtant les galets sous l’eau »

La Chine fonctionne largement selon une logique d’essais et erreurs. Des réformes sont testées à l’échelle locale avant d’être généralisées si elles s’avèrent efficaces, cela revient à « tâter les galets sous l’eau ». Ce mode opératoire a permis au pays d’éviter les chocs brutaux et de corriger progressivement ses politiques.

Les Zones économiques spéciales (ZES) ont été créées pour attirer les investissements étrangers et expérimenter des réformes économiques avec une régulation plus souple et des avantages fiscaux. Les premières ZES les plus célèbres sont celles créées sous le gouvernement de Deng Xiaoping, notamment Shenzhen, qui est passée de simple village à une ville de plus de dix millions d’habitants en une vingtaine d’années.

Le succès de Shenzhen a inspiré des politiques similaires dans d’autres régions de Chine. En 2014, la Chine comptait 6 ZES, 14 villes côtières ouvertes, 4 zones pilotes pour le libre-échange et 5 zones pilotes pour la réforme financière. Elle possédait également 31 zones franches, 114 parcs de développement high-tech, 164 parcs de recherche agronomique, 85 parcs éco industriels, 55 zones de démonstration écologique et 283 zones de démonstration des techniques modernes d’agriculture.

Sous le pilotage de SASAC (State-owned Assets Supervision and Administration Commission), les entreprises d’État (SOE) jouent un rôle crucial, particulièrement dans les secteurs stratégiques comme l’énergie, les télécommunications, les transports et les grandes banques et services financiers. Certaines de ces SOE sont cantonnées à un secteur, la moitié d’elles sont des conglomérats géants classés dans les TOP500 mondiaux.

Depuis les réformes, le secteur privé a explosé et contribue significativement à la croissance économique, l’innovation et l’emploi. Les PME et les grandes entreprises privées sont des moteurs importants de l’économie.

Bien que l’économie soit largement orientée vers le marché, la planification centrale reste clé, notamment dans l’allocation des ressources pour les projets de développement infrastructurel et technologique. Les plans quinquennaux et ceux thématiques tels que Made in China 2025 définissent les orientations stratégiques en donnant les objectifs de long terme.

Le gouvernement intervient régulièrement dans l’économie pour stabiliser les marchés, contrôler l’inflation, restructurer les grandes entreprises publiques ou privées et, également, gérer les crises économiques par exemple, pendant la période 2008-2009.

La Chine maintient un contrôle strict sur les flux de capitaux pour éviter les chocs financiers externes. Les grandes banques sont principalement détenues par l’État, ce qui permet une stabilité et un soutien dirigé par l’État aux projets prioritaires. La nomination des patrons des grandes SOE et assimilés est partie importante du contrôle de l’État.

Cette approche expérimentale a été érigée comme une approche principale. Comme pour la réforme, avant de mettre en place un grand projet, on commence par une phase d’expérimentation puis un développement plus large de proche en proche.

Cette approche ne se limite pas à « tâter les galets » au beau milieu de la rivière, elle est un processus entier, incluant en amont l’examen des routes possibles y compris en dehors du sentier battu, la prise de décision courageuse et à temps malgré l’incertitude et la tentative de débats sans fin, l’exécution rapide et avancement en bravant les risques, les corrections et adaptations si on se trompe. Ce n’est pas une tactique temporaire mais une philosophie d’action permanente.

Les plans quinquennaux : la main « visible » de long terme

Créée en 1952 sous le modèle soviétique comme Commission nationale de la Planification, elle a évolué avec les réformes économiques des années 1980 initiées par Deng Xiaoping pour inclure la transition vers une économie de marché.

Le plan quinquennal constitue l’un des instruments les plus emblématiques de la gouvernance économique en Chine. Hérité du modèle de planification soviétique mais profondément adapté au contexte chinois, il s’agit d’un document stratégique élaboré tous les cinq ans par les autorités centrales afin de définir les grandes orientations économiques, sociales et technologiques du pays. Loin d’être un simple outil de planification rigide, le plan quinquennal chinois est devenu au fil du temps un cadre flexible, combinant objectifs macroéconomiques, priorités sectorielles et instruments d’action publique.

Depuis le lancement du premier plan en 1953, la Chine a profondément transformé cet outil. À l’époque, il s’agissait principalement d’organiser une économie centralisée, en fixant des quotas de production et en orientant les ressources vers l’industrialisation lourde. Aujourd’hui, les plans quinquennaux ne dictent plus directement la production, mais ils orientent les politiques publiques et influencent fortement les décisions des acteurs économiques, qu’ils soient publics ou privés. Ils servent de feuille de route globale pour coordonner les actions des différentes administrations et guider les investissements dans des secteurs jugés stratégiques par exemple dans le cas des terres rares.

Les terres rares sont intégrées dès le 7e plan quinquennal (1986-1990) aux orientations industrielles nationales. Dans les années 1990, la création d’entreprises d’État telles que Baotou Steel Rare Earth Group (futur China Northern Rare Earth Group) jette les bases d’un appareil industriel puissant. Ce pilotage centralisé favorise également les fusions et la spécialisation régionale, préparant une montée en puissance rapide.

Le contenu d’un plan quinquennal est généralement très large. Il inclut des objectifs de croissance économique, de développement régional, de transition énergétique, d’innovation technologique par exemple dans le cas de « Made In China 2025 » et d’amélioration du niveau de vie. Par exemple, les plans récents mettent l’accent sur la montée en gamme industrielle, la réduction des inégalités territoriales et le développement durable. La Chine cherche ainsi à passer d’un modèle de croissance fondé sur les exportations et l’investissement à un modèle davantage centré sur la consommation intérieure et l’innovation.

Un aspect central des plans quinquennaux contemporains est la place accordée à la technologie et à l’innovation

Les autorités identifient des secteurs prioritaires, tels que l’intelligence artificielle, les semi-conducteurs, les biotechnologies ou encore les énergies renouvelables. Ces domaines font l’objet de politiques de soutien spécifiques : subventions, crédits préférentiels, programmes de recherche, partenariats public-privé. Cette orientation stratégique vise à renforcer l’autonomie technologique du pays et à réduire sa dépendance vis-à-vis des technologies étrangères.

Les plans quinquennaux jouent également un rôle important dans l’aménagement du territoire. La Chine étant un pays vaste et marqué par de fortes disparités régionales, les autorités utilisent ces plans pour orienter le développement vers certaines zones. Des initiatives comme le développement de l’Ouest chinois ou la création de grandes régions économiques intégrées visent à équilibrer la croissance et à éviter une concentration excessive des richesses dans les zones côtières. Les infrastructures de transport, d’énergie et de communication sont ainsi planifiées à grande échelle afin de soutenir cette dynamique.

Par ailleurs, la mise en œuvre du plan quinquennal repose sur une articulation étroite entre le pouvoir central et les gouvernements locaux. Une fois les grandes orientations définies à l’échelle nationale, les provinces et les municipalités élaborent leurs propres plans en cohérence avec les objectifs centraux. Cette décentralisation relative permet d’adapter les politiques aux réalités locales, tout en maintenant une cohérence globale. Elle favorise également une forme de compétition entre les territoires, chacun cherchant à atteindre ou dépasser les objectifs fixés.

Le plan quinquennal ne se limite pas à des objectifs économiques. Il intègre de plus en plus des dimensions sociales et environnementales. La réduction de la pauvreté, l’accès aux services publics, la qualité de l’air ou encore la lutte contre le changement climatique sont devenus des priorités majeures. Cette évolution reflète la volonté des autorités chinoises de répondre aux attentes croissantes de la population en matière de qualité de vie et de durabilité.

La capacité de la Chine à ajuster ses plans et à corriger ses politiques constitue l’un des points forts de ce modèle.

Le plan quinquennal est bien plus qu’un simple outil de planification : il est au cœur de la stratégie de développement de la Chine. En définissant des priorités claires, en mobilisant les ressources nationales et en coordonnant l’action des différents acteurs, il permet au pays de poursuivre des objectifs de long terme avec une grande cohérence. Dans un contexte international marqué par des incertitudes croissantes, cet instrument demeure un pilier essentiel de la gouvernance chinoise et un facteur clé de sa transformation économique.

L’éducation : la priorité des priorités

Une des décisions prioritaires prises par Deng Xiaoping après son retour au pouvoir fut sans aucun doute la réouverture des universités en Chine. Cette mesure, annoncée en 1977, marque un tournant décisif dans l’histoire contemporaine du pays. Après les années de bouleversements provoqués par la Révolution culturelle (1966-1976), le système éducatif chinois était profondément affaibli, voire désorganisé. Les universités avaient été fermées ou détournées de leur mission initiale, et l’accès à l’enseignement supérieur reposait davantage sur des critères politiques que sur le mérite académique. Dans ce contexte, la décision de restaurer un système d’admission fondé sur les compétences représentait une rupture majeure avec les pratiques du passé récent.

Le rétablissement du concours national d’entrée à l’université, connu sous le nom de « gaokao » en 1977, a constitué un moment symbolique et concret de cette réforme. Ce concours, ouvert à des millions de candidats, a permis de redonner une chance à toute une génération de jeunes, dont beaucoup avaient été privés d’éducation pendant les années de chaos. Des travailleurs, des paysans, des soldats démobilisés, parfois déjà adultes, ont afflué pour tenter leur chance. Le mérite, l’effort personnel et le savoir redevenaient les critères centraux de sélection, remplaçant les considérations idéologiques qui dominaient auparavant.

Au-delà de son aspect éducatif, cette réforme répondait à un besoin stratégique urgent. Deng Xiaoping avait compris que la modernisation de la Chine passait nécessairement par la formation de talents qualifiés. Le pays avait besoin d’ingénieurs, de scientifiques, de médecins, d’économistes et d’enseignants pour reconstruire ses institutions, développer son économie et s’ouvrir au monde. La réouverture des universités n’était donc pas seulement une mesure symbolique, mais une étape essentielle dans la mise en œuvre des « Quatre modernisations » (agriculture, industrie, défense nationale et science et technologie), qui constituaient le cœur du programme de réforme de Deng.

Cette décision a également eu un impact psychologique profond sur la population. Après une décennie marquée par l’incertitude, la peur et le désordre, le retour à un système éducatif structuré a ravivé l’espoir. Pour de nombreuses familles, l’éducation redevenait un moyen légitime d’ascension sociale et d’amélioration des conditions de vie. Les jeunes pouvaient à nouveau envisager l’avenir avec ambition, en se projetant dans des carrières professionnelles fondées sur leurs compétences. Le savoir retrouvait sa valeur, et les intellectuels, longtemps marginalisés, étaient progressivement réhabilités.

Par ailleurs, cette réforme a contribué à rétablir la confiance dans les institutions. En mettant en place un concours national relativement équitable, l’État envoyait un signal fort : celui d’un retour à des règles claires et à une certaine justice sociale. Bien que des inégalités subsistaient, notamment entre les zones urbaines et rurales, le principe d’une sélection fondée sur le mérite représentait une avancée significative. Il renforçait la légitimité du nouveau cap politique adopté par Deng Xiaoping.

Sur le long terme, la réouverture des universités a eu des conséquences considérables sur le développement de la Chine. L’État met l’accent sur les matières scientifiques, la rigueur et l’uniformité des programmes. Les écoles sont très exigeantes, et les devoirs nombreux. Le nombre de diplômés d’université en Chine a dépassé 11,79 millions en 2024. En 2025, ce nombre a atteint environ 12,22 millions dont 30-45 % de diplômés STEM (Sciences, Technologie, Engineering & Mathématiques).

Elle a permis la formation de générations de diplômés qui ont joué un rôle clé dans les transformations économiques et technologiques du pays. Ces talents ont contribué à l’industrialisation rapide, à l’innovation scientifique et à l’intégration de la Chine dans l’économie mondiale. Le système éducatif est ainsi devenu l’un des piliers du succès chinois à partir des années 1980.

La décision de rouvrir les universités en 1977 ne se limite pas à une réforme éducative. Elle incarne un changement de vision, une volonté de tourner la page des excès idéologiques pour privilégier le pragmatisme et le développement. En redonnant à l’éducation sa place centrale, Deng Xiaoping a non seulement répondu à un besoin immédiat de compétences, mais il a aussi insufflé un nouvel espoir à toute une nation. Ce geste a contribué à poser les bases de la Chine moderne, en réconciliant le pays avec le savoir, l’effort et l’avenir.

Promouvoir l’industrialisation et l’autosuffisance

La Chine est passée en quelques décennies du statut « d’usine du monde » à celui de « laboratoire du monde » grâce à une stratégie progressive mêlant industrialisation et innovation visant l’autosuffisance.

La Chine s’est spécialisée d’abord dans une production manufacturière à bas coût et devient un centre industriel mondial.

Dans les années 1990 et 2000, son intégration s’accélère, notamment avec son entrée à l’Organisation mondiale du commerce en 2001. Elle devient un maillon central des chaînes de valeur mondiales, tout en restant dépendante des technologies étrangères.

À partir des années 2000, la Chine amorce une montée en gamme en favorisant les transferts de technologies et en investissant massivement dans l’éducation et la recherche. Ses entreprises commencent à concurrencer les leaders internationaux.

Dans les années 2010, elle adopte une stratégie d’innovation ambitieuse, illustrée par le plan « Made in China 2025 », visant à dominer les secteurs technologiques clés. Elle s’impose progressivement comme une puissance innovante.

Face aux tensions internationales récentes, la Chine cherche à renforcer son autonomie technologique, notamment dans les semi-conducteurs et l’intelligence artificielle.

La place des brevets chinois dans le monde est aujourd’hui dominante, et cela se confirme clairement à travers les chiffres récents. En 2024, environ 3,7 millions de demandes de brevets ont été déposées dans le monde, un niveau record. Sur ce total, la Chine à elle seule représente 1,8 million de dépôts, soit près de la moitié des brevets mondiaux, ce qui en fait de très loin le premier pays innovateur en volume.

Cette avance est considérable si on la compare aux autres grandes puissances : les États-Unis arrivent loin derrière avec environ 501 000 demandes, suivis du Japon (419 000) et de la Corée du Sud (295 000).

Ainsi, la Chine dépose à elle seule plus de brevets que ces trois pays réunis, ce qui montre l’ampleur de son effort en matière de recherche et développement.

Accès au marché vs transfert des technologies : apprendre des autres

La stratégie chinoise de développement économique s’est longtemps appuyée sur une combinaison subtile entre ouverture contrôlée au marché et maîtrise stricte des transferts technologiques. Depuis les réformes initiées à la fin des années 1970, la Chine a cherché à attirer les investissements étrangers tout en évitant une dépendance excessive vis-à-vis des technologies occidentales. Cette approche repose sur un équilibre entre intégration dans l’économie et préservation de sa souveraineté industrielle.

Dans un premier temps, la Chine a utilisé son vaste marché intérieur comme levier de négociation. Les entreprises étrangères souhaitant accéder à ce marché prometteur devaient souvent accepter des conditions spécifiques, telles que la création de coentreprises avec des partenaires locaux ou le partage partiel de leur savoir-faire. Ce mécanisme a permis à la Chine d’acquérir progressivement des compétences techniques dans des secteurs clés comme l’automobile, l’électronique ou l’aéronautique. Toutefois, ce transfert n’était jamais totalement libre : il était encadré et orienté vers les priorités nationales.

Parallèlement, les autorités chinoises ont mis en place une politique industrielle ambitieuse visant à développer des champions nationaux. Grâce à des subventions, des protections réglementaires et un accès privilégié au marché domestique, ces entreprises ont pu apprendre, imiter, puis innover. Cette montée en gamme progressive a réduit la dépendance technologique vis-à-vis de l’étranger.

La stratégie chinoise combine habilement utilisation du marché, contrôle des échanges technologiques et développement interne. Le développement du nucléaire civil en Chine constitue un exemple emblématique de sa stratégie. Face à une demande énergétique croissante et à la nécessité de diversifier ses sources d’énergie, la Chine a choisi, dès les années 2000, de s’appuyer sur des partenariats avec des acteurs étrangers pour acquérir des technologies de pointe.

Dans une première phase, les autorités chinoises ont autorisé l’entrée de grandes entreprises internationales comme EDF ou Framatome, notamment pour la construction de réacteurs de troisième génération tels que l’EPR (European Pressurized Reactor). Ces coopérations n’étaient toutefois pas de simples contrats commerciaux : elles étaient assorties d’exigences précises en matière de localisation de la production, de formation des ingénieurs chinois et de partage de savoir-faire technique.

Ce cadre a permis à la Chine d’acquérir progressivement des compétences clés dans la conception, la construction et l’exploitation de centrales nucléaires. Les entreprises nationales, telles que China National Nuclear Corporation et China General Nuclear Power Group, ont ainsi pu assimiler les technologies importées tout en développant leurs propres capacités d’ingénierie.

Dans un second temps, la Chine est passée d’une logique d’imitation à une logique d’innovation. Elle a conçu ses propres modèles de réacteurs, dont le Hualong One, qui intègre des éléments de technologies étrangères tout en reposant sur des standards nationaux. Cette évolution marque une étape importante vers l’autonomie technologique.

Aujourd’hui, la Chine ne se contente plus de répondre à ses besoins internes : elle cherche à exporter son savoir-faire nucléaire, notamment vers des pays en développement. Cette ambition illustre la réussite de sa stratégie initiale : utiliser l’accès à son marché comme levier pour acquérir des technologies, puis bâtir une industrie nationale compétitive.

En somme, le nucléaire civil chinois met en lumière une démarche structurée en trois étapes — acquérir, maîtriser, innover — qui reflète plus largement la politique industrielle du pays en matière de souveraineté technologique.

L’urbanisation et le programme de « réduction ciblée de la pauvreté »

La réduction spectaculaire de la pauvreté en Chine constitue l’un des phénomènes économiques et sociaux les plus marquants de la fin du XXe siècle et du début du XXIe siècle. En l’espace de quelques décennies, le pays est parvenu à sortir des centaines de millions de personnes de l’extrême pauvreté.

L’urbanisation

Avant les réformes, la majorité de la population chinoise vivait en milieu rural : en 1978, 81,8 % des habitants étaient ruraux contre 18,2 % en zone urbaine. Aujourd’hui, la population urbaine atteignait près de 70 %. Cette urbanisation massive s’est accompagnée d’une réduction spectaculaire de la pauvreté : environ 760 millions de personnes sont sorties de la pauvreté absolue selon les critères de la Banque Mondiale.

Cette transformation s’inscrit dans une stratégie progressive : partir d’un niveau de développement faible, résoudre d’abord les problèmes essentiels, puis poursuivre la montée en gamme économique. L’urbanisation a favorisé l’émergence de grandes régions urbaines dynamiques, comme le delta de la rivière des Perles ou celui du Yangtsé, devenus des pôles majeurs de production, d’innovation et de concentration de talents.

Sous l’effet de cette dynamique, le réseau urbain chinois s’est profondément transformé : le nombre de grandes villes et de métropoles a fortement augmenté, tout comme celui des villes moyennes. Ce système urbain hiérarchisé et en expansion continue constitue aujourd’hui un pilier essentiel du développement économique du pays.

Le programme de « réduction ciblée de la pauvreté »

À partir des années 2000, le gouvernement chinois a mis en place des politiques plus ciblées pour atteindre les populations les plus pauvres. Le programme de « réduction ciblée de la pauvreté », mis en avant sous la direction de Xi Jinping à partir de 2013, marque une évolution importante dans la stratégie chinoise de lutte contre la pauvreté. Contrairement aux approches précédentes, plus générales et fondées sur la croissance globale, cette politique repose sur un principe central : intervenir de manière précise, individualisée et adaptée à chaque situation locale.

Concrètement, les autorités chinoises ont mis en place un système d’identification très détaillé des ménages pauvres. Des enquêtes ont été menées à grande échelle pour recenser les familles en difficulté, en tenant compte de multiples critères (revenus, conditions de logement, accès aux services de base, niveau d’éducation, santé, etc.). Chaque ménage a ainsi fait l’objet d’un suivi individualisé, souvent consigné dans des bases de données nationales. Des responsables locaux étaient directement chargés d’accompagner ces familles, ce qui permettait d’assurer une mise en œuvre concrète et un contrôle régulier des progrès réalisés.

Dans ce cadre, plusieurs types de mesures ont été déployés :

Les transferts financiers directs

L’État a accordé des aides financières ciblées aux ménages les plus pauvres afin de garantir un niveau de vie minimum. Ces transferts pouvaient prendre la forme de subventions, d’allocations sociales ou encore de soutiens spécifiques pour des dépenses essentielles (logement, alimentation, chauffage). L’objectif était non seulement de réduire immédiatement la pauvreté extrême, mais aussi de donner aux bénéficiaires les moyens de stabiliser leur situation économique.

Le développement de l’éducation et de la formation professionnelle

La Chine a considéré l’éducation comme un levier fondamental pour sortir durablement de la pauvreté. Des efforts importants ont été réalisés pour améliorer l’accès à l’école dans les zones rurales, réduire l’abandon scolaire et offrir des aides financières aux familles pour la scolarisation des enfants. Parallèlement, des programmes de formation professionnelle ont été développés afin de permettre aux adultes d’acquérir des compétences adaptées au marché du travail, notamment dans l’industrie ou les services. L’objectif était de favoriser l’employabilité et d’assurer des revenus plus stables à long terme.

L’amélioration de l’accès aux soins de santé

Les dépenses médicales étant une cause majeure de pauvreté, le gouvernement a renforcé les systèmes d’assurance maladie, en particulier dans les zones rurales. Des subventions ont été mises en place pour réduire le coût des soins, et des infrastructures médicales ont été développées dans les régions les plus défavorisées. Cette politique visait à éviter que des maladies ou des accidents ne replongent les ménages dans la pauvreté, tout en améliorant globalement les conditions de vie.

La relocalisation des populations

Une mesure particulièrement marquante a été la relocalisation de millions de personnes vivant dans des zones isolées, montagneuses ou écologiquement fragiles, où les conditions de développement économique étaient très limitées. Ces populations ont été déplacées vers des zones mieux connectées, avec un accès facilité aux infrastructures, aux emplois et aux services publics. Cette politique, bien que controversée en raison de ses impacts sociaux et culturels, a permis d’offrir de nouvelles opportunités économiques à des populations auparavant marginalisées.

Au-delà de ces actions, la « réduction ciblée de la pauvreté » repose aussi sur une forte responsabilisation des autorités locales, chargées d’atteindre des objectifs précis. Ce modèle combine ainsi une planification centralisée avec une mise en œuvre décentralisée, ce qui a contribué à son efficacité.

Ici, l’orientation socialiste de la Chine a été soulignée par les effets de cette politique

La compétition locale : la gouvernance entrepreneuriale

Il est indéniable que l’administration locale chinoise joue un rôle central dans la dynamique d’innovation du pays, en mobilisant des moyens financiers, institutionnels et humains considérables. Contrairement à de nombreux modèles occidentaux où l’innovation repose largement sur des initiatives privées, la Chine adopte une approche beaucoup plus volontariste, dans laquelle les autorités locales agissent comme de véritables catalyseurs du développement technologique. Cette stratégie se manifeste de manière particulièrement visible dans certaines grandes métropoles, à l’image de Hangzhou, devenue un pôle majeur de l’économie numérique.

L’exemple de Hangzhou est emblématique avec l’émergence des « Six Petits Dragons », un groupe de jeunes entreprises technologiques innovantes soutenues activement par les autorités locales. Ce phénomène illustre la capacité des gouvernements municipaux à identifier des secteurs stratégiques, puis à concentrer leurs ressources pour favoriser la croissance rapide d’entreprises prometteuses. Les aides prennent des formes variées : subventions directes, allègements fiscaux, accès privilégié à des terrains ou à des infrastructures, mais aussi accompagnement administratif. Cette intervention massive réduit considérablement les barrières à l’entrée pour les start-ups et leur permet de se concentrer sur le développement technologique et commercial.

Au-delà des aides financières, les autorités locales mettent également en place des écosystèmes complets dédiés à l’innovation. Des zones de développement économique et des parcs technologiques sont créés pour regrouper entreprises, centres de recherche et investisseurs dans un même espace. Ces clusters favorisent les synergies, les échanges de connaissances et l’accélération des projets. À Hangzhou, par exemple, la proximité avec des géants comme Alibaba Group renforce l’attractivité de la ville et crée un effet d’entraînement pour les jeunes pousses.

Par ailleurs, l’accès au financement constitue un autre levier majeur de cette politique. Les gouvernements locaux facilitent l’obtention de crédits via des banques publiques ou semi-publiques, et encouragent la création de fonds d’investissement dédiés aux technologies émergentes. Dans certains cas, ils participent directement au capital des entreprises. Cette implication réduit le risque pour les investisseurs privés et attire davantage de capitaux vers les secteurs jugés prioritaires, comme l’intelligence artificielle, les biotechnologies ou les technologies vertes.

Un autre aspect essentiel de cette stratégie réside dans la simplification des procédures administratives. Les autorités locales s’efforcent de réduire les délais de création d’entreprise, d’octroi de licences ou de validation de projets. Cette efficacité administrative constitue un avantage compétitif important, notamment face à des environnements réglementaires plus lourds dans d’autres régions du monde. Elle permet aux entrepreneurs de lancer rapidement leurs activités et d’adapter leurs projets en fonction des évolutions du marché.

Cependant, cette dynamique ne peut être pleinement comprise sans prendre en compte la forte compétition entre les villes chinoises. Chaque métropole cherche à se positionner comme un centre d’innovation incontournable, ce qui entraîne une véritable course aux talents, aux investissements et aux projets technologiques. Des villes comme Shenzhen, Shanghai ou Beijing ou Hangzhou rivalisent d’initiatives pour attirer les entrepreneurs et les ingénieurs les plus qualifiés. Cette concurrence stimule l’innovation, mais elle peut également conduire à des duplications d’investissements ou à une allocation parfois inefficace des ressources.

La coopération entre universités et entreprises constitue aussi un pilier fondamental de cet écosystème. En Chine, les relations entre le monde académique et le secteur privé sont souvent étroites, pragmatiques et orientées vers des applications concrètes. Les universités ne se contentent pas de produire des connaissances théoriques : elles participent activement à la création de start-ups, au dépôt de brevets et au transfert de technologies. Des institutions prestigieuses comme Zhejiang University à Hangzhou ou Tsinghua University à Beijing jouent un rôle clé dans la formation des talents et l’émergence de projets innovants.

Cette collaboration se traduit notamment par la création de laboratoires communs, d’incubateurs universitaires et de programmes de recherche appliquée financés conjointement par les pouvoirs publics et les entreprises. Les étudiants et chercheurs sont encouragés à transformer leurs travaux en projets entrepreneuriaux, ce qui favorise une circulation rapide des idées vers le marché. Ce modèle contribue à réduire le décalage entre recherche et innovation industrielle, souvent observé dans d’autres contextes.

En définitive, l’action des administrations locales chinoises s’inscrit dans une stratégie globale visant à faire de l’innovation un moteur central de la croissance économique. En combinant soutien financier, infrastructures, simplification administrative, concurrence territoriale et coopération académique, la Chine parvient à créer des écosystèmes dynamiques et performants. Si ce modèle présente certaines limites, notamment en termes d’efficacité de l’allocation des ressources, il n’en demeure pas moins un facteur clé de la montée en puissance technologique du pays sur la scène internationale.

La BRI : établir une supply chain globale et préparer les marchés de demain

L’initiative des « Nouvelles Routes de la Soie », également appelée Belt and Road Initiative (BRI), lancée par la Chine en 2013, constitue l’un des projets économiques et géopolitiques les plus ambitieux du XXIe siècle. Son objectif dépasse largement la simple construction d’infrastructures : il s’agit de structurer une supply chain globale, d’améliorer la fluidité des échanges internationaux et de préparer les marchés de demain. À travers un vaste réseau de corridors terrestres et maritimes, la BRI redessine les dynamiques du commerce mondial.

Construire une supply chain globale intégrée

Au cœur de la BRI se trouve la volonté de connecter les zones de production, de transformation et de consommation à l’échelle mondiale. Cette initiative vise à réduire les coûts logistiques, à raccourcir les délais de transport et à sécuriser les approvisionnements. En investissant dans des infrastructures stratégiques – ports, chemins de fer, autoroutes, pipelines – la Chine cherche à créer un réseau logistique cohérent et performant.

Traditionnellement, les chaînes d’approvisionnement mondiales étaient fortement dépendantes de certaines routes maritimes, notamment via le canal de Suez ou le détroit de Malacca. La BRI introduit des alternatives, en développant des corridors terrestres reliant l’Asie à l’Europe, ou encore des hubs logistiques en Afrique et au Moyen-Orient. Cela permet de diversifier les routes commerciales et de limiter les risques liés aux points de congestion ou aux tensions géopolitiques.

Par ailleurs, la digitalisation joue un rôle clé dans cette transformation. L’intégration des technologies numériques (big data, intelligence artificielle, blockchain) permet d’optimiser la gestion des flux, d’améliorer la traçabilité des marchandises et de renforcer l’efficacité globale des supply chains.

Fluidifier les trafics et réduire les frictions commerciales

Un autre objectif majeur de la BRI est la fluidification des échanges. En améliorant les infrastructures de transport, l’initiative permet d’accélérer la circulation des biens et des services. Par exemple, les liaisons ferroviaires entre la Chine et l’Europe réduisent considérablement les délais par rapport au transport maritime, tout en étant plus économiques que le transport aérien.

La fluidité ne concerne pas uniquement les infrastructures physiques. Elle implique également une harmonisation des normes, des procédures douanières et des réglementations. Dans ce cadre, la BRI encourage la coopération entre les États participants afin de simplifier les formalités administratives et de faciliter le commerce transfrontalier.

Cette réduction des frictions est particulièrement importante pour les pays en développement, souvent freinés par des infrastructures insuffisantes ou des systèmes logistiques inefficaces. En améliorant leur connectivité, la BRI leur permet de mieux s’intégrer dans les échanges mondiaux, d’attirer des investissements étrangers et de stimuler leur croissance économique.

Préparer les marchés de demain

Au-delà de l’optimisation des échanges actuels, la BRI vise à anticiper les évolutions futures du commerce mondial. En investissant dans des régions encore peu développées, elle contribue à faire émerger de nouveaux marchés. L’Afrique, l’Asie centrale ou certaines parties de l’Europe de l’Est deviennent ainsi des zones stratégiques pour les décennies à venir.

Cette dynamique s’inscrit dans une logique de projection à long terme. En développant les infrastructures aujourd’hui, la Chine prépare les flux commerciaux de demain. Elle sécurise également ses propres approvisionnements en matières premières et ouvre de nouveaux débouchés pour ses entreprises.

Par ailleurs, la BRI accompagne les transformations structurelles de l’économie mondiale. L’essor du e-commerce, par exemple, nécessite des réseaux logistiques rapides et fiables. De même, la transition énergétique implique la mise en place de nouvelles infrastructures, notamment pour le transport de l’énergie ou des technologies vertes.

La BRI contribue également à redéfinir les équilibres géopolitiques. En renforçant les interconnexions entre les pays, elle favorise l’émergence d’un monde multipolaire, dans lequel les centres de gravité économique se déplacent progressivement vers l’Asie.

Une liberté d’expression relative

Partout dans le monde, la liberté d’expression est encadrée par des lois, des normes sociales et des conditions politiques. En Chine, ce principe se vérifie également, une liberté d’expression relative y est appliquée. La liberté n’est donc pas seulement un droit juridique, mais aussi une pratique sociale guidée par des conventions et des responsabilités.

Les citoyens disposent d’une large liberté d’expression dans la vie quotidienne, comparable à celle des sociétés occidentales sur certains aspects, mais cette liberté est encadrée par l’État dans des domaines sensibles, comme la politique, la sécurité nationale ou les affaires publiques.

Dire que la liberté d’expression est « relative » signifie qu’elle n’est jamais totale. Les restrictions sont destinées à protéger la société et à maintenir un certain ordre. La même logique s’applique en Chine, où l’État définit les frontières de l’expression publique en fonction de la stabilité sociale et de la sécurité nationale. Ainsi, parler librement de sujets comme la vie quotidienne, la culture, la technologie ou le sport est possible, mais certains débats politiques sensibles sont étroitement encadrés.

Cette relativité est également culturelle. Dans de nombreuses sociétés, la liberté d’expression est conditionnée par le respect des normes sociales et des valeurs collectives. En Chine, la tradition confucéenne valorise l’harmonie sociale et le respect des institutions, ce qui influe naturellement sur la manière dont les individus exercent leur parole.

Une liberté d’expression large dans la vie quotidienne

Dans la vie de tous les jours, les Chinois jouissent effectivement d’une grande liberté d’expression. Ils peuvent échanger des idées sur la famille, le travail, les loisirs, la culture, la gastronomie ou les voyages. Les discussions sur Internet, sur les réseaux sociaux ou les plateformes de messagerie, sont extrêmement dynamiques, créatives et diversifiées. Les citoyens peuvent exprimer leurs opinions, critiquer certaines pratiques locales ou débattre de sujets scientifiques et technologiques sans contrainte.

Cette liberté permet l’innovation culturelle et économique. Les jeunes Chinois, en particulier, participent activement à la création de contenus numériques, aux forums en ligne et aux mouvements artistiques. Les artistes, écrivains et journalistes peuvent aussi aborder de nombreux sujets, tant que ceux-ci ne touchent pas aux questions jugées sensibles par l’État.

Les limites et encadrements de l’expression publique

En revanche, certaines limites existent et sont strictement appliquées. Les sujets liés à la politique centrale, à la sécurité nationale, à certaines affaires judiciaires ou aux critiques directes de l’État sont fortement encadrés. Les médias et les réseaux sociaux sont surveillés, et des directives officielles peuvent interdire la publication de contenus jugés « perturbateurs ». Ces restrictions sont justifiées par le gouvernement comme nécessaires pour préserver la stabilité sociale, prévenir la désinformation et éviter les conflits.

Une liberté en pratique et en évolution

Malgré ces limites, la liberté d’expression en Chine est dynamique et en constante évolution. Les citoyens trouvent des moyens créatifs pour exprimer leurs opinions, par le biais d’humour, de métaphores ou d’initiatives culturelles. La croissance rapide des plateformes numériques, des blogs et des communautés en ligne offre de nouveaux espaces de débat et de discussion. Ainsi, la liberté d’expression n’est pas absente, mais elle est exercée dans un cadre particulier, souvent différent de celui des sociétés occidentales.

Les autorités elles-mêmes semblent conscientes de l’importance de permettre un certain débat public, notamment pour identifier les problèmes sociaux ou pour encourager l’innovation. Le contrôle est donc ciblé, plutôt que total, ce qui permet aux citoyens de bénéficier d’une liberté large dans leur vie quotidienne.

Nous constatons que la boîte à outil à la disposition du PCC est bien fournie. Le point commun de ces leviers est le pragmatisme et la recherche de l’efficacité au lieu de la rigidité idéologique. Ils sont au service des intérêts nationaux et du peuple et non utilisés dans les luttes des intérêts particuliers des fractions. Cela a rapport au pilote, bien différent des autres, qui décide l’utilisation de ces outils.

Les élites du Parti communiste gèrent le pays

Ce qui est en vigueur en Chine pour piloter la gouvernance, n’est pas le régime libéral basé sur les élections périodiques. Elle suit un système et une logique radicalement différents.

D’où vient la légitimité du pilote ?

Les trois piliers de la réussite du Parti communiste chinois ont été, d’une part, la mise en place d’une méritocratie politique, d’autre part, une gouvernance expérimentale et entrepreneuriale, enfin, une forte capacité de réforme et d’adaptation dans un contexte de bouleversements mondiaux.

La méritocratie se manifeste par un système de sélection et de promotion des cadres reposant, au moins en principe, sur les compétences, l’expérience et les résultats obtenus, plutôt que sur la seule loyauté personnelle. Cette logique a permis au Parti de s’entourer de technocrates capables de gérer des dossiers complexes, d’encadrer la croissance et de conduire de grands projets.

La gouvernance expérimentale et entrepreneuriale renvoie à la manière dont le Parti teste ses politiques à petite échelle avant de les généraliser. Les autorités locales sont encouragées à innover, à expérimenter de nouvelles mesures économiques ou sociales, puis les « bonnes pratiques » sont reprises et intégrées au niveau national. Cette approche pragmatique, proche d’une logique d’essais-erreurs, confère au système une certaine agilité.

La capacité de réforme et d’adaptation lors des bouleversements mondiaux constitue un atout décisif. Face à la mondialisation, aux crises financières, aux tensions géopolitiques ou aux révolutions technologiques, le PCC a souvent su redéfinir ses priorités, ajuster ses modèles de développement et réorienter ses politiques industrielles et sociales. Cette flexibilité stratégique a permis à la Chine de maintenir sa trajectoire ascendante tout en limitant les chocs internes.

La méritocratie dans la sélection des cadres

En Chine, la sélection des cadres du Parti communiste repose sur un système méritocratique où les responsables doivent gravir progressivement les échelons administratifs. La carrière politique commence souvent au niveau le plus local, comme chef de village ou de bourg, où l’on gère quelques milliers d’habitants. Les performances en matière de gestion publique, de développement local et de maintien de la stabilité servent de premier critère d’évaluation.

Les cadres performants peuvent ensuite être promus au niveau du comté ou du district, supervisant cette fois plusieurs centaines de milliers de personnes. Les responsabilités y sont plus vastes : planification économique, gestion budgétaire, programmes sociaux et coordination administrative. Les résultats quantifiés — croissance, réduction de la pauvreté, efficacité des services — jouent un rôle important dans la sélection.

Le niveau supérieur correspond à la direction des villes-préfectures et des capitales provinciales, où les responsables administrent plusieurs millions d’habitants et gèrent des projets industriels ou urbains majeurs. Une étape décisive est l’accès aux fonctions provinciales, équivalent à diriger un territoire pouvant dépasser 100 millions d’habitants. À ce stade, on attend des cadres une vision stratégique solide et une capacité à mettre en œuvre les directives nationales.

Tout au long de leur parcours, les responsables passent des évaluations strictes : examens politiques, formations idéologiques, audits de performance, rotations régionales et contrôles disciplinaires. La progression repose donc à la fois sur les compétences techniques, l’expérience accumulée et la loyauté envers le Parti.

Ainsi, la méritocratie chinoise fonctionne comme une ascension graduelle : pour accéder aux plus hauts postes, il faut avoir démontré sa capacité à diriger à des niveaux inférieurs, en passant d’une gestion de quelques milliers de personnes à celle de dizaines ou de centaines de millions. Ce modèle cherche à garantir que les dirigeants nationaux disposent d’une solide expérience de terrain et d’une maîtrise progressive des enjeux administratifs.

Le Parti communiste chinois est composé de 11 millions de cadres, de 80 millions de membres répartis dans 3,9 millions d’organisations de base. Le parti présente toujours une « organisation pyramidale » : le congrès est à sa tête. Les membres du congrès sont « théoriquement élus mais en réalité désignés ». Le congrès nomme les membres du comité central, de celui-ci est issu le bureau politique qui désigne enfin les membres du comité permanent. Ce dernier échelon détient le pouvoir suprême.

Depuis la fondation de la République populaire de Chine en 1949, le Parti communiste chinois (PCC) a toujours joué un rôle central dans la direction du pays. Mais c’est à partir de la fin des années 1970, avec l’arrivée au pouvoir de Deng Xiaoping, que s’impose une nouvelle manière de gouverner : celle de la voie médiane et de la realpolitik. Cette approche, fondée sur le pragmatisme et la recherche du bien-être collectif, a permis à la Chine de se transformer en une puissance mondiale tout en maintenant la stabilité de son système politique.

Pour l’intérêt du collectif : la finalité du pragmatisme

Au cœur de cette approche, se trouve un objectif constant : le bien-être de la majorité du peuple chinois. Le Parti communiste, tout en demeurant autoritaire dans son organisation, justifie sa légitimité par les résultats concrets de sa gouvernance. La croissance économique rapide, la réduction massive de la pauvreté et l’amélioration du niveau de vie ont permis de renforcer la confiance du peuple dans ses dirigeants.

Cette logique du résultat – plus que celle du discours – est typique du pragmatisme politique chinois. Le gouvernement ne prétend pas incarner une vérité universelle ; il cherche plutôt à trouver les solutions les plus efficaces à chaque problème. C’est ce qui explique la capacité du pays à s’adapter rapidement aux défis : qu’il s’agisse de la transition écologique, de la révolution numérique ou de la lutte contre les inégalités, la Chine avance par expérimentation, correction et ajustement, plutôt que par idéologie.

Ce pragmatisme s’appuie sur un principe moral hérité de la tradition chinoise : la responsabilité du gouvernant envers le peuple. Dans la pensée confucéenne, un bon dirigeant est celui qui agit pour le bien commun et qui sait maintenir l’harmonie sociale. Les élites du Parti, formées à la fois à la culture traditionnelle et à la pensée marxiste, revendiquent cette double filiation. Elles se présentent comme les gardiennes de l’unité nationale et du progrès collectif.

La continuité du modèle : un équilibre fragile mais durable

Aujourd’hui encore, la voie médiane et la realpolitik constituent les piliers de la gouvernance chinoise. Sous la direction de Xi Jinping, la Chine affirme davantage son identité propre tout en poursuivant la modernisation de son économie et de ses institutions. Le défi pour les élites du Parti est de maintenir cet équilibre entre le contrôle politique et la liberté économique, entre la tradition confucéenne et l’adaptation à la mondialisation.

Cet équilibre est fragile, mais c’est aussi la clé du succès du modèle chinois. La stabilité politique, la discipline du Parti et le pragmatisme économique ont permis à la Chine de devenir la deuxième puissance mondiale en moins d’un demi-siècle. Cette réussite repose sur la capacité des dirigeants à éviter les extrêmes, à corriger leurs erreurs dont certaines étaient de taille et à ajuster leur trajectoire selon les besoins du pays.

La gestion du pays par les élites du Parti communiste chinois illustre une synthèse unique entre tradition et modernité, idéologie et pragmatisme. En choisissant la voie médiane et la realpolitik, la Chine a su inventer un modèle original de gouvernance : un socialisme à la chinoise, tourné vers le développement et la stabilité. Loin d’être une simple stratégie politique, cette approche exprime une philosophie profonde : celle d’un pouvoir qui cherche avant tout le bien-être du peuple, non par la parole, mais par les actes. C’est cette combinaison de sagesse ancienne et de réalisme moderne qui continue, encore aujourd’hui, à guider la Chine sur la voie de son ascension pacifique.

Le Parti avant l’État

Le Parti communiste chinois (PCC) a été fondé avant même la proclamation de la République populaire de Chine en 1949, ce qui constitue une particularité majeure de l’architecture politique chinoise. Dès l’origine, le Parti s’est imposé comme l’acteur central de la conquête du pouvoir et comme la source principale de légitimité politique. Après la victoire communiste, le régime s’est inspiré du modèle soviétique en mettant en place un système de répartition fonctionnelle des pouvoirs, reposant sur trois pôles : le Parti, le gouvernement et les institutions représentatives, notamment l’Assemblée nationale populaire. En théorie, cette organisation suggérait une certaine différenciation des rôles entre direction idéologique, administration de l’État et fonction législative.

Toutefois, cette séparation est demeurée largement formelle, le Parti conservant un droit de regard constant sur l’ensemble des institutions. Sous la direction de Xi Jinping, cette logique s’est profondément transformée. Le PCC a été explicitement replacé au sommet de tous les pouvoirs, qu’ils soient politiques, administratifs ou militaires. La fusion accrue entre le Parti, l’État et l’Armée populaire de libération marque un tournant vers une centralisation extrême du pouvoir.

Cette centralisation permet une mobilisation rapide et massive des ressources, qu’elles soient matérielles, financières ou humaines, au service d’objectifs définis comme prioritaires.

Cependant, cette même force constitue également sa principale vulnérabilité. Si le « pilote » adopte une direction erronée, c’est l’ensemble du pays qui se retrouve entraîné dans une impasse, faute de contre-pouvoirs capables de corriger la trajectoire. L’histoire récente offre quelques exemples marquants : le Grand Bond en avant, aux conséquences économiques et humaines dramatiques, la politique de l’enfant unique, dont les effets démographiques se font encore sentir. Dans ces cas, l’unité décisionnelle, qui en d’autres circonstances peut être un atout, s’est transformée en facteur de fragilité.

2. L’arme secrète du Parti Communiste Chinois : son réseau d’écoles du Parti6

L’un des instruments les plus stratégiques du Parti Communiste Chinois (PCC) est son vaste réseau national d’écoles du Parti, qui en compte environ 2 700. Placées directement sous l’autorité du Comité central du PCC, ces écoles ont pour mission principale de former les cadres dirigeants d’un Parti rassemblant aujourd’hui plus de 100 millions de membres. Au-delà de leur rôle pédagogique, elles – et plus particulièrement l’École centrale du Parti à Pékin – constituent également un moteur clé dans l’élaboration des initiatives politiques.

L’École centrale a été fondée en 1933 dans le Jiangxi (Ruijin) et dans le cadre de la République soviétique chinoise, créée sous la direction de Mao Zedong. Son objectif principal était d’éduquer les membres du Parti sur le marxisme-léninisme, la stratégie révolutionnaire contre le Parti des nationalistes (KMT) et les principes organisationnels. Son slogan est (Shí shì qiú shì : Rechercher la vérité à partir des faits).

Après la Longue Marche (1934-1935), l’école a été relocalisée à Yan’an, dans la province de Shaanxi, qui était devenu la nouvelle base de pouvoir du Parti communiste. À Yan’an, l’école est devenue un centre clé pour la diffusion de la pensée maoïste, formant des cadres qui joueraient des rôles importants dans la révolution chinoise.

L’École centrale a connu des interruptions pendant des périodes troublées, notamment pendant la Révolution culturelle (1966-1976). Durant cette période, l’accent sur l’enseignement et la formation a été éclipsé par des luttes internes au sein du Parti et des purges idéologiques. La Révolution culturelle a désorganisé les structures institutionnelles et l’école a temporairement cessé ses activités.

Après 1978, sous la direction de Deng Xiaoping, l’École centrale a été réorganisée pour répondre aux besoins d’une Chine en transition économique et politique. Son rôle a évolué pour inclure une formation plus large sur les questions économiques, administratives et géopolitiques, tout en maintenant un enseignement idéologique.

La nouvelle priorité est de préparer les cadres du Parti aux défis de la modernisation économique de la Chine. L’École a joué un rôle important dans la campagne d’émancipation pour aligner les cadres dirigeants du Parti sur la politique de réforme et d’ouverture de Deng Xiaoping. Des sujets tels que la gestion, les sciences économiques et le droit ont été intégrés aux programmes.

Aujourd’hui, l’École centrale du Parti est une institution clé du système politique chinois. Elle forme les hauts responsables et les cadres montants du Parti communiste chinois, les préparant à des fonctions de leadership à l’échelle nationale.

Les stagiaires

L’École du Parti Central forme différents profils de cadres : dirigeants au niveau provincial ministériel et département-bureau, jeunes cadres et cadres d’âge moyen, membres issus des minorités ethniques, dirigeants des grandes entreprises publiques et universités d’État, secrétaires de comité du PCC, fonctionnaires de Hong Kong et Macao.

En plus de son rôle pédagogique, l’institution organise des séminaires sur les enjeux idéologiques, politiques et géopolitiques. Elle emploie également des professeurs chargés de fournir des services de recherche et de conseil à la direction centrale du PCC. Certains conférenciers étrangers ont été invités à partager leur expertise.

L’École du Parti Central publie le Study Times (学习时报 : Xuéxí Shíbào), qui éclaire les relations entre les directives du Comité central du PCC et leur fondement théorique et idéologique.

Une classe spéciale

Elle est dédiée aux cadres âgés de 45 à 50 ans, pressentis pour devenir la future élite gouvernementale. Ce programme dure un an. Premiers mois consacrés aux bases idéologiques, avec l’étude d’ouvrages tels que Le Capital de Karl Marx. Ensuite, les enseignements portent sur des aspects pratiques : système législatif, élaboration budgétaire, contrôle des finances, politique étrangère, management, gestion des ressources humaines, lutte contre la corruption et résolution des conflits.

Par ailleurs, elle supervise les écoles du Parti à l’échelle locale, en encadrant leur fonctionnement, leur personnel et leurs ressources pédagogiques.

Les programmes

Examinons les cours proposés par l’École centrale du Parti (Académie nationale d’administration) afin de voir comment PCC s’adapte aux nouveaux défis.

Cours d’éducation théorique

Les principaux modules comprennent : Marxisme-léninisme, Pensée de Mao Zedong et de Deng Xiaoping, Système théorique du socialisme aux caractéristiques chinoises et Pensée de Xi Jinping sur le socialisme à la chinoise de la nouvelle ère ainsi que la théorie des « Trois Représentations7 ».

Cours d’éducation à la moralité du Parti

Ces cours portent sur la Constitution et la discipline du Parti, l’éducation aux idéaux et aux convictions, les principes fondamentaux du Parti, l’histoire du Parti et de la nation, les traditions révolutionnaires, l’éthique et la morale, la pensée juridique, ainsi que la lutte contre la corruption et la promotion de l’intégrité.

Cours sur « Le monde contemporain »

Ils couvrent des thématiques comme Économie mondiale contemporaine, Politique mondiale contemporaine, Science et technologie contemporaines, État de droit dans le monde contemporain, Questions militaires contemporaines, Courants de pensée contemporains, et Religions et ethnies dans le monde contemporain. Ces enseignements visent à informer sur les évolutions récentes dans divers domaines et à élargir la vision internationale des apprenants.

Rapports sur « Situation et missions »

Ces sessions sont conçues en fonction des décisions stratégiques majeures du Comité central du Parti et du Conseil des affaires d’État, ainsi que des enjeux nationaux et internationaux actuels. Des dirigeants du Parti et de l’État ainsi que de hauts responsables des organes centraux sont invités à intervenir afin d’aider les participants à mieux comprendre les défis et missions du développement économique et social chinois, renforçant ainsi leur engagement à mettre en œuvre les politiques du Parti.

Cours de formation aux compétences

Un module intitulé Renforcement des capacités de gouvernance aborde le développement des compétences en pensée stratégique, administration selon la loi, prise de décision, orientation de l’opinion publique, gestion de crise, leadership politique et innovation en matière de réforme. Ces enseignements visent à améliorer l’adaptabilité des cadres aux exigences du développement du socialisme à la chinoise dans la nouvelle ère.

Cours de formation aux connaissances

Des conférences sont proposées sur l’économie, la politique, la culture, la société, la civilisation écologique, l’histoire, les ethnies, les religions et les arts. Elles visent à enrichir la culture scientifique et humaniste des participants et à renforcer leur polyvalence.

On constate clairement que le programme ne se limite pas aux cours idéologiques, mais englobe en quantité considérable les compétences essentielles requises pour la modernisation du pays.

Influence et rôle stratégique

L’École centrale du Parti reste un outil stratégique pour maintenir l’autorité et l’unité du PCC. En centralisant la formation, elle agit comme un levier pour diffuser les orientations politiques du Comité central et maintenir la cohérence au sein du Parti.

En outre, l’École centrale à Pékin joue également le rôle de thinktank – conseiller interne du PCC, au travers des discussions au sein de l’établissement. Par exemple, en 2008, l’École a publié un plan de réforme politique, incluant la liberté de la presse. Très récemment, des séminaires ont été lancés visant à approfondir le partage des connaissances entre les chercheurs et les membres du Comité permanent du Politburo du Parti communiste chinois.

L’École du Parti a joué un rôle crucial dans l’histoire et l’évolution du PCC, au fil des décennies, pour répondre aux besoins du Parti, en formant les élites dirigeantes, notamment pendant la réémergence de la Chine.

LI Junru, ancien président de l’École du Parti, résume bien son importance : « Dans un pays comptant une population aussi nombreuse et un si grand nombre de membres du Parti, le PCC a su maintenir son unité et mener des actions efficaces. Son ‘arme secrète’ réside dans le système bien structuré des écoles du Parti à travers tout le pays. »

3. Le département de l’organisation du Parti

Le département de l’organisation du Parti communiste chinois (PCC) constitue l’un des piliers les plus stratégiques du système politique chinois. Moins visible que d’autres institutions, il joue pourtant un rôle central dans la sélection, la nomination, l’évaluation et la promotion des cadres du Parti et de l’État. À travers ce contrôle étroit des élites administratives et politiques, il garantit la cohérence du pouvoir, la mise en œuvre des politiques publiques et la stabilité du régime.

Une institution clé au cœur du système politique

Le département de l’organisation dépend directement du Comité central du PCC. Il agit comme une véritable « direction des ressources humaines » du Parti, mais avec une portée bien plus large que dans une organisation classique. Il supervise la gestion de millions de cadres à tous les niveaux : du village rural jusqu’aux plus hautes sphères de l’État.

Son rôle principal est de s’assurer que les postes clés — politiques, administratifs, économiques — sont occupés par des individus jugés compétents, loyaux et alignés avec les orientations du Parti. Cette centralisation du pouvoir de nomination constitue un levier essentiel pour maintenir le contrôle politique sur l’ensemble du pays.

Le département ne se limite pas à une fonction bureaucratique : il est un instrument de gouvernance. En contrôlant les carrières, il influence directement les comportements des responsables locaux et garantit leur conformité aux objectifs nationaux.

Le système de gestion des cadres : sélection et promotion

Au cœur du fonctionnement du département se trouve le système de gestion des cadres (nomenklatura), inspiré du modèle soviétique mais profondément adapté au contexte chinois. Ce système repose sur des listes de postes clés pour lesquels le Parti détient le pouvoir de nomination.

La sélection des cadres repose sur plusieurs critères : compétences administratives et techniques, économique (croissance, investissements, innovation), respect des directives politiques et loyauté envers le Parti. Les candidats passent par un long processus d’évaluation, incluant des examens, des entretiens et des périodes de formation dans des écoles du Parti.

La promotion est souvent progressive et territoriale : un cadre peut commencer à un niveau local, puis gravir les échelons en passant par différentes provinces ou secteurs. Ce système favorise l’acquisition d’une expérience diversifiée et renforce la capacité de gestion des élites.

L’évaluation des performances : un outil de contrôle efficace

L’efficacité du département de l’organisation repose en grande partie sur son système d’évaluation des performances. Les cadres sont régulièrement évalués selon des indicateurs précis, qui ont évolué au fil du temps.

Dans les années 1990 et 2000, l’accent était mis principalement sur la croissance économique. Les responsables locaux étaient incités à attirer des investissements et à développer leur région. Cette logique a contribué à la croissance spectaculaire de la Chine, mais elle a aussi engendré des effets négatifs, comme des inégalités régionales ou des problèmes environnementaux.

Aujourd’hui, les critères d’évaluation sont plus diversifiés : développement durable, réduction de la pauvreté, stabilité sociale et innovation technologique.

Ce système crée une forte incitation à la performance. Les cadres savent que leur carrière dépend directement de leur capacité à atteindre les objectifs fixés. Cela favorise une mise en œuvre rapide et efficace des politiques publiques.

Rotation et contrôle des élites

Un autre aspect clé du fonctionnement du département est la rotation régulière des cadres. Les responsables sont fréquemment déplacés d’une région à une autre ou d’un secteur à un autre. Cette pratique vise plusieurs objectifs : éviter la formation de réseaux de pouvoir locaux trop puissants, limiter la corruption et élargir l’expérience des cadres.

Cette mobilité contribue à maintenir la discipline au sein du Parti et à renforcer le contrôle central. Elle permet également de diffuser les bonnes pratiques d’une région à l’autre.

Par ailleurs, le département travaille en étroite collaboration avec les organes de discipline du Parti pour surveiller le comportement des cadres. Les campagnes anti-corruption, particulièrement intensifiées sous la direction de Xi Jinping, s’appuient sur ces mécanismes pour sanctionner les abus et renforcer la légitimité du système.

Une efficacité au service de la gouvernance

Le département de l’organisation est souvent considéré comme l’un des éléments expliquant l’efficacité de la gouvernance chinoise. En assurant une sélection rigoureuse des élites et en alignant leurs intérêts sur ceux du Parti, il permet une mise en œuvre cohérente des politiques à grande échelle.

Cette efficacité se manifeste dans plusieurs domaines : développement rapide des infrastructures, réduction massive de la pauvreté et capacité à mobiliser des ressources pour des projets stratégiques.

4. Anticorruption

Les campagnes anti-corruption en Chine constituent un élément central de la gouvernance politique contemporaine du pays. Depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping en 2012, la lutte contre la corruption a été intensifiée de manière spectaculaire, devenant à la fois un outil de réforme administrative et un levier politique majeur. Présentée comme une mesure pour restaurer la confiance du peuple envers le Parti communiste chinois (PCC), cette politique vise officiellement à sanctionner les abus de pouvoir, les détournements de fonds et les pratiques clientélistes qui minent l’efficacité de l’État.

L’une des caractéristiques les plus marquantes de ces campagnes est leur ampleur. Les autorités chinoises affirment cibler à la fois les « tigres » et les « mouches », c’est-à-dire aussi bien les hauts responsables politiques que les fonctionnaires de rang inférieur. Des milliers de cadres ont ainsi été enquêtés, sanctionnés ou emprisonnés. Cette stratégie permet d’envoyer un signal fort : aucun niveau de pouvoir n’est censé être à l’abri des poursuites. En parallèle, des mécanismes de contrôle interne ont été renforcés, notamment via la Commission centrale de discipline, qui joue un rôle clé dans les enquêtes.

Cependant, ces campagnes suscitent également des critiques. Certains observateurs estiment qu’elles servent aussi à consolider le pouvoir central et à éliminer des rivaux politiques. En l’absence d’un système judiciaire totalement indépendant, les procédures peuvent manquer de transparence, et les droits de la défense ne sont pas toujours garantis. De plus, la peur des sanctions peut parfois entraîner une certaine paralysie administrative, les fonctionnaires hésitant à prendre des initiatives par crainte d’être accusés de faute.

Malgré ces limites, les campagnes anti-corruption ont eu des effets visibles. Elles ont contribué à réduire certaines pratiques abusives, notamment dans les marchés publics ou l’administration locale. Elles ont également renforcé l’image d’un pouvoir déterminé à imposer une discipline stricte au sein du Parti. À long terme, leur efficacité dépendra toutefois de la capacité des autorités à instaurer des institutions durables, transparentes et équitables, plutôt que de s’appuyer uniquement sur des campagnes ponctuelles.

La lutte contre la corruption en Chine illustre finalement un équilibre complexe entre volonté de réforme, contrôle politique et enjeux de légitimité. Elle reste un pilier de la stratégie de gouvernance du Parti et, donc, du pays.

Un moteur extrêmement puissant : le siècle d’humiliations

D’où vient l’énergie formidable de la Chine, qui lui a permis réussir un tel chantier en si peu de temps ? Le « siècle d’humiliations » constitue l’un des chapitres les plus douloureux et structurants de la mémoire collective chinoise et, en même temps, le moteur le plus puissant de la réémergence.

Il renvoie à une période durant laquelle la Chine, longtemps convaincue de sa centralité et de sa supériorité civilisationnelle, a été contrainte de céder face aux puissances étrangères, perdant non seulement des territoires et des richesses, mais aussi une part essentielle de sa confiance en elle-même. Ce traumatisme historique n’est pas resté figé dans le passé : il est devenu un moteur puissant de la réémergence du pays, une source d’énergie politique et psychologique qui continue d’influencer la Chine contemporaine.

Les événements qui composent cette période sont nombreux et profondément marquants. Les guerres de l’opium ouvrent brutalement la Chine aux puissances occidentales, imposant des traités inégaux et entraînant notamment la cession de Hong Kong au Royaume-Uni. Le sac du Palais d’Été symbolise quant à lui une humiliation culturelle majeure : des trésors inestimables, fruits de siècles de raffinement, sont pillés et détruits. À cela s’ajoute la défaite lors de la première guerre sino-japonaise, qui se solde par la perte de Taïwan. Enfin, l’invasion japonaise dans les années 1930 et 1940, marquée par des atrocités comme le massacre de Nankin, plonge le pays dans une souffrance extrême faite de violences, de destructions et d’humiliations répétées. Cette accumulation d’épreuves renvoie l’image d’une Chine affaiblie, dominée et fragmentée, une image qui s’est profondément inscrite dans la conscience nationale.

Lorsque Mao Zedong proclame en 1949, à Pékin, la fondation de la République populaire de Chine, l’événement dépasse largement le simple changement de régime. Il s’agit d’une déclaration symbolique : la Chine « s’est levée ». Pourtant, derrière cette affirmation, subsiste une lucidité partagée par de nombreux Chinois : le redressement est encore inachevé. Le pays reste pauvre, fragilisé, et doit reconstruire ses fondations économiques, sociales et politiques. La fierté retrouvée coexiste avec la conscience des défis immenses à relever.

Aujourd’hui encore, ce « siècle d’humiliations » agit comme un fil invisible mais omniprésent dans la conscience chinoise. Il nourrit une fierté nationale intense, mais aussi une détermination farouche à ne plus jamais revivre une telle période. Cette mémoire ne se limite pas à un discours officiel : elle est enseignée dans les écoles, mise en scène dans les musées, et régulièrement évoquée dans la sphère publique. Contrairement à certaines lectures extérieures qui pourraient y voir uniquement un outil de propagande, il s’agit d’un récit largement intériorisé par la population, qui façonne en profondeur la perception du monde et des relations internationales.

Ce passé explique en grande partie certaines orientations majeures de la Chine contemporaine. Le slogan implicite — « cela ne doit plus jamais se reproduire » — guide de nombreuses politiques, qu’il s’agisse du renforcement militaire, de la quête d’indépendance technologique ou de la volonté d’assurer une souveraineté économique complète. Il alimente également une vigilance constante face aux ingérences extérieures et une sensibilité particulière aux questions de respect et de reconnaissance sur la scène internationale.

Ainsi, le souvenir du siècle d’humiliations agit comme un moteur à la fois psychologique et stratégique dans la montée en puissance du pays. La Chine ne cherche pas seulement à se développer ou à prospérer : elle poursuit aussi une forme de réparation historique. Cette dimension émotionnelle et symbolique est essentielle pour comprendre ses choix et ses ambitions. Restaurer la place du pays dans le monde, retrouver un statut digne de son histoire, et garantir qu’aucune puissance étrangère ne puisse à nouveau l’assujettir constituent des objectifs profondément ancrés.

Le « siècle d’humiliations » est bien plus qu’une période du passé : c’est une clé de lecture fondamentale de la Chine contemporaine. Il structure la mémoire collective, influence les décisions politiques et nourrit une volonté de puissance durable. Ignorer ce facteur reviendrait à passer à côté d’un élément central de la compréhension du pays. Car au-delà des discours officiels, ce passé reste vivant dans les esprits et continue d’alimenter une détermination profonde : celle de ne plus jamais subir, et de s’imposer comme une puissance respectée, souveraine et incontournable au XXIe siècle.

En guise de conclusion

Guidée par un principe de pragmatisme et s’appuyant sur un ensemble de méthodes concrètes et efficaces, la Chine a opéré une transformation économique d’une ampleur exceptionnelle. En quelques décennies, elle est passée d’une économie largement rurale et planifiée à l’une des principales puissances économiques mondiales.

Deux idées majeures se dégagent de cette évolution :

La primauté de l’efficacité sur l’idéologie : les réformes ont été menées de manière progressive et expérimentale, en privilégiant les solutions qui fonctionnent, même si elles s’écartent des doctrines initiales.

La centralité du bien-être de la population : la croissance économique a été pensée, comme un moyen d’améliorer les conditions de vie et de réduire la pauvreté à grande échelle.

Dès lors, peut-on parler d’un « modèle chinois » ? Et surtout, cette trajectoire est-elle reproductible ailleurs ? La réponse reste nuancée. Compte tenu des spécificités historiques, culturelles et géopolitiques propres à la Chine et des celles relatives au Pilote – PCC, il apparaît difficile, voire impossible, de reproduire ce parcours de manière rigide dans d’autres pays.

En revanche, certains principes peuvent inspirer d’autres économies : l’importance d’une vision à long terme, le rôle actif de l’État dans l’orientation du développement, ou encore l’expérimentation progressive des réformes. Toutefois, une transposition intégrale serait inadaptée, toute stratégie de développement doit être ajustée aux réalités locales et aux contraintes propres à chaque pays.

Notes

  1. Cf. FMI : https://www.imf.org/en/publications/weo/issues/2025/10/14/world-economic-outlook-october-2025
  2. https://www.europastar.ch/le-dossier/le-marche-horloger-chinois/130-la-classe-moyenne-chinoise-c-est-six-fois-la.html
  3. World Bank press release : Lifting 800 Million People Out of Poverty – New Report Looks at Lessons from China’s Experience, April 1st, 2022.
  4. Énergie : la Chine consolide sa place de plus grand investisseur mondial, Les Echos, par Claude Fouquet, publié le 5 juin 2025.
  5. Cf. Alex Wang, « Apprendre des expériences étrangères » #3 : Le modèle hybride chinois », Contrepoints Archives, le 14 août 2024.
  6. Cf. Alex Wang, « L’arme secrète du Parti Communiste Chinois : son réseau d’écoles du Parti », Revue Conflits, le 28 février 2025.
  7. Les Trois Représentations (chinois simplifié : 三个代表 ; chinois traditionnel : 三個代表 ; pinyin : sāngè dàibiǎo) est une politique développée par Jiang Zemin pour le Parti communiste chinois.

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À propos de l’auteur
Alex Wang

Alex Wang

Titulaire de deux doctorats (philosophie et ingénierie) et familier des domaines clés de la NTIC, Alex Wang est ancien cadre dirigeant d’une entreprise high tech du CAC 40. Il est également un observateur attentif des évolutions géopolitiques et écologiques.