Liban : nouvelles frappes israéliennes, le Hezbollah fait état de combats directs dans le sud

28 mai 2026

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Liban : nouvelles frappes israéliennes, le Hezbollah fait état de combats directs dans le sud

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  • Malgré la trêve théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, Israël a frappé de nouveau le Liban, dont les abords de Tyr, après un appel à évacuer. Le Hezbollah fait état de combats « directs » avec l’armée israélienne au nord du Litani.

  • L’armée israélienne a déclaré considérer comme « zone de combat » toute la zone du territoire libanais au sud du Zahrani, fleuve situé à une quarantaine de kilomètres de la frontière — étendant significativement son périmètre d’action.

  • Depuis que le Hezbollah a rouvert un front le 2 mars, les frappes israéliennes ont tué plus de 3 200 personnes selon les autorités libanaises. Une délégation militaire libanaise doit rencontrer vendredi des officiers israéliens au Pentagone.

Israël a de nouveau frappé le Liban mercredi, dont les abords de la ville côtière méridionale de Tyr, après un appel à évacuer, le Hezbollah pro-iranien faisant lui état de combats « directs » avec l’armée israélienne dans le sud. Malgré la trêve théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, Israël avait annoncé lundi intensifier ses opérations, avant une réunion militaire entre les deux pays prévue vendredi au Pentagone et de nouvelles sessions de négociations sous parrainage américain les 2 et 3 juin.

L’armée israélienne a averti mercredi soir qu’elle considérait comme une « zone de combat » toute la zone du territoire libanais située au sud du Zahrani, fleuve s’écoulant à une quarantaine de kilomètres de la frontière. Des frappes ont été menées dans le sud et la vallée de la Bekaa, deux régions où l’armée israélienne a indiqué viser des « sites d’infrastructure du Hezbollah », alors que de nombreux Libanais tentaient de célébrer l’Aïd al-Adha. Les autorités ont averti que les abris étaient débordés, exhortant les déplacés à se diriger vers Beyrouth. Mardi, les frappes ont fait au moins 31 morts selon les autorités libanaises.

Affrontements directs au nord du Litani

Des combattants « se sont livrés à des affrontements directs avec les forces ennemies » à Zawtar el-Charqiyé, au nord du fleuve Litani, à près de 10 km du point de la frontière israélienne le plus proche, au-delà de la zone contrôlée par Israël dans le sud du Liban, a annoncé le Hezbollah. Le mouvement a aussi revendiqué depuis mardi des tirs et attaques de drone contre des forces israéliennes tentant de s’infiltrer dans cette localité, stratégique pour sa proximité avec Nabatiyé.

Zawtar el-Charqiyé se situe à la lisière de la ligne jaune délimitant la bande d’une dizaine de kilomètres dont l’armée israélienne a pris le contrôle dans le sud du Liban, y interdisant l’accès aux habitants et y menant de larges opérations de démolition. L’armée israélienne avait déclaré mardi étendre ses opérations au sol au-delà de cette ligne jaune.

« Le Liban a été aspiré dans la guerre au Moyen-Orient quand le Hezbollah a rouvert le 2 mars un front contre Israël, en soutien à l’Iran attaqué le 28 février par les États-Unis et Israël. Depuis, les frappes israéliennes ont tué plus de 3 200 personnes selon les autorités libanaises. »

Lire aussi : Au bord du gouffre. Peut-on éviter une guerre totale entre Israël et le Hezbollah ?

La Bekaa menacée de devenir un arrière-front

À Burj al-Shemali, près de Tyr, où au moins 15 habitants ont été tués mardi selon le maire, des secouristes extrayaient mercredi un corps des décombres tandis qu’une pelleteuse dégageait des amas de gravats. Dans l’ouest de la Bekaa, la localité de Machghara, qui abritait des centaines de familles déplacées, est désormais déserte après plusieurs jours de bombardements israéliens. Son maire, Iskandar Barakeh, fait part à l’AFP de sa crainte de voir la région, par où transitent combattants et matériel du Hezbollah, « se transformer en arrière-front ».

L’armée libanaise a indiqué mercredi qu’un de ses soldats figurait parmi les personnes tuées mardi dans l’est. Le Liban s’emploie malgré tout à consolider le cessez-le-feu : une délégation militaire présidée par le directeur des opérations de l’armée, le général Georges Rizkallah, doit rencontrer vendredi des militaires israéliens au Pentagone.

Lire aussi : « Le Hezbollah est en train de réussir l’amalgame de ses intérêts avec ceux de l’État libanais »

« Étendre l’autorité de l’État »

Une source militaire libanaise a indiqué à l’AFP que la délégation « insistera sur la nécessité de mettre fin aux hostilités et présentera le plan de l’armée visant à restreindre les armes du Hezbollah et étendre l’autorité de l’État sur le territoire libanais ». Cette formulation traduit l’ambition du nouveau gouvernement libanais de reprendre le contrôle de zones longtemps sous emprise du mouvement chiite — ambition rendue plus crédible par l’affaiblissement militaire du Hezbollah depuis 2024, mais rendue plus difficile par les destructions massives que les frappes israéliennes infligent au territoire même que l’armée libanaise est censée récupérer.

« Israël et le mouvement chiite s’accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu, poursuivant des attaques quotidiennes malgré la trêve théoriquement en vigueur depuis le 17 avril. »

Le Liban a été aspiré dans la guerre au Moyen-Orient quand le Hezbollah a rouvert le 2 mars un front contre Israël, en soutien à l’Iran attaqué le 28 février par les États-Unis et Israël. Depuis, Israël et le mouvement chiite s’accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu, poursuivant des attaques quotidiennes. La réunion au Pentagone de vendredi et les négociations des 2 et 3 juin sous parrainage américain constitueront un test décisif sur la capacité des parties à sortir d’un cycle d’escalade qui, chaque jour, rend un peu plus difficile le retour à une stabilité durable au Liban.

Lire aussi : « Sans l’Iran, le Hezbollah n’existerait plus aujourd’hui »

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