Revolut : la BCE entre en scène face aux fintechs et freine la croissance du géant britannique en Europe

28 juillet 2026

Temps de lecture : 3 minutes

Photo : Christine Lagarde, présidente de la Banque Centrale Européenne © CHINE NOUVELLE/SIPA Numéro de reportage : 00949605_000002

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Revolut : la BCE entre en scène face aux fintechs et freine la croissance du géant britannique en Europe

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Selon le Financial Times, la BCE aurait pour la première fois interdit à Revolut d’acquérir de nouveaux clients ou de racheter des sociétés hors d’Europe.

Francfort s’inquiéterait de la rapidité de la croissance de la fintech britannique et exigerait un audit indépendant de ses fonctions de conformité et de gestion des risques.

Revolut, qui vise une valorisation de 200 milliards de dollars, reste également sous le coup d’une amende de 11,5 millions d’euros infligée par l’autorité italienne de la concurrence.

La Banque centrale européenne renforce sa vigilance à l’égard des fintechs. Après les inquiétudes suscitées par Mythos, le dernier modèle d’intelligence artificielle d’Anthropic capable de contourner les systèmes informatiques des banques, Francfort aurait limité les possibilités pour Revolut de lancer de nouveaux produits en Europe. L’institution dirigée par Christine Lagarde s’inquiéterait de la rapidité avec laquelle la fintech se développe sur le Vieux Continent.

Ainsi, en juillet 2025, selon le Financial Times, l’autorité de surveillance aurait réduit la marge de manœuvre de la division européenne de Revolut jusqu’à ce que celle-ci remédie à certaines « lacunes » internes dans le processus d’approbation des nouveaux services et fasse réviser ses fonctions de gestion des risques, de conformité et juridiques par un auditeur indépendant.

Pour la première fois de son histoire, la BCE aurait interdit à Revolut d’acquérir de nouveaux clients ou de racheter des sociétés dans des pays hors d’Europe.

De plus, toujours selon le Financial Times, la BCE aurait, pour la première fois de son histoire, interdit à Revolut d’acquérir de nouveaux clients ou de racheter des sociétés dans des pays hors d’Europe. Un sérieux coup d’arrêt pour ceux qui, à l’instar du PDG Nik Storonsky, visent des chiffres toujours plus impressionnants afin d’entrer en bourse avec une valorisation de 200 milliards de dollars. La société est aujourd’hui valorisée à environ 115 milliards de dollars, soit davantage que la plupart des grands établissements bancaires européens.

Les initiatives de Revolut

Les dirigeants britanniques auraient, dès le départ, adopté une attitude de coopération avec les autorités de Francfort, où celles-ci s’inquiètent de la croissance extrêmement rapide des fintechs, dont le modèle de développement diffère de celui des banques traditionnelles et nécessite un suivi prudentiel adapté. Selon plusieurs sources, Revolut aurait immédiatement renforcé ses processus internes en mettant en place des contrôles plus stricts. On ignore toutefois si la BCE s’est déclarée satisfaite de ces mesures et si elle a, en conséquence, levé tout ou partie des restrictions.

« Nous entretenons un dialogue continu et constructif avec les autorités de surveillance et nous nous engageons à respecter les normes les plus élevées en matière de gouvernance et de gestion des risques », s’est contentée de répondre Revolut au Financial Times.

La croissance de la fintech se poursuit néanmoins en Europe, où elle a lancé de nouveaux produits, tels que des prêts immobiliers et des comptes destinés aux jeunes, tout en continuant à attirer un nombre croissant d’utilisateurs, ce qui laisse entrevoir une issue favorable.

Lire aussi : Est-ce la fin de la fintech ?

L’histoire de la fintech

Fondée en 2015, Revolut revendique aujourd’hui 75 millions de clients dans le monde. L’entreprise a clôturé l’année 2025 avec un bénéfice avant impôts de 1,7 milliard de livres sterling (+ 57 %) et un chiffre d’affaires de 4,5 milliards de livres (+ 46 %).

La fintech a obtenu sa licence bancaire au Royaume-Uni, définitivement accordée en mars, après plusieurs années d’impasse liées aux préoccupations des autorités britanniques concernant l’adéquation de ses dispositifs de gestion des risques.

Une demande similaire a été déposée aux États-Unis en mars, tandis que, dans l’Union européenne, la licence bancaire a été délivrée par la Banque centrale de Lituanie, qui supervise Revolut conjointement avec la BCE. Dans ce contexte, l’objectif de Francfort est de s’assurer que les niveaux de fonds propres et de liquidités de la fintech ne soient pas fragilisés par le lancement de nouveaux produits et demeurent suffisants pour soutenir sa croissance future.

Mais le différend avec la BCE n’est pas le seul défi auquel Revolut est confrontée en Europe. En Italie, en avril, l’Autorité garante de la concurrence et du marché (AGCM) a infligé à la société une amende de 11,5 millions d’euros pour pratiques commerciales déloyales, lui reprochant d’avoir fourni des informations jugées trompeuses sur certaines commissions ainsi que sur les conditions applicables à ses produits d’investissement.

Lire aussi : Pourquoi l’euro et la BCE ruinent l’Europe

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Giovanni D'avanzo

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