L’association Canopée aurait eu recours à des balises GPS pour suivre des engins forestiers

23 juillet 2026

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Photo : Forêt de Tronçais, Allier, (C) Wikipedia

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L’association Canopée aurait eu recours à des balises GPS pour suivre des engins forestiers

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Les tensions entre les associations environnementales et les gestionnaires de forêts sont toujours vives. Sur fond de désaccords dans la façon d’entretenir les forêts françaises

Une enquête publiée par Le Point affirme que l’association environnementale Canopée aurait utilisé, entre 2020 et 2024, plusieurs balises GPS afin de suivre des véhicules liés à la filière forestière. Les informations recueillies par l’hebdomadaire retracent l’achat de ces dispositifs, leur déploiement dans plusieurs régions françaises et leur présence sur des engins de chantier. L’association, de son côté, ne conteste pas directement ces éléments mais indique réserver ses explications aux autorités compétentes.

Des balises achetées et déployées dans plusieurs régions

Les investigations du Point rapportent l’acquisition de douze balises GPS auprès d’une société française spécialisée. Ces appareils, de la taille d’un paquet de cigarettes et dotés d’une autonomie de plusieurs mois, permettent de suivre à distance les déplacements d’un véhicule.

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Cinq d’entre eux auraient été livrés à un administrateur de Canopée installé dans le Morvan, territoire où l’association s’était fortement mobilisée contre certaines pratiques forestières en 2020 et 2021. Les sept autres seraient rattachés à une adresse électronique de l’association ou au téléphone d’un chargé de campagne, qui aurait lui-même réglé une partie des achats. Les données consultées montrent également des passages par le siège de Canopée, à Angers, avant des déplacements vers le Limousin, la Corrèze, la Haute-Vienne ou encore la Creuse.

Les documents examinés font aussi état d’un échange avec le fournisseur dans lequel un membre de l’association évoquerait un dispositif destiné à suivre des véhicules.

Des engins forestiers ciblés

À l’hiver et au printemps 2024, au moins deux de ces balises auraient été retrouvées sur des engins de chantier forestier. L’une se trouvait sur une machine appartenant à Alliance Forêts Bois, première coopérative forestière privée française, avec laquelle Canopée est en désaccord de longue date. Une seconde aurait été installée sur un engin du Comptoir des Bois de Brive.

Les relevés mentionnent également la présence d’une balise dans les Deux-Sèvres à la fin du mois de juin 2023, alors que la contestation autour des retenues d’eau agricoles atteignait son point culminant.

L’usage précis de ces dispositifs demeure toutefois incertain. Les éléments réunis laissent penser qu’ils auraient pu servir à suivre les déplacements d’engins forestiers afin de documenter certaines pratiques, sans qu’il soit possible d’établir avec certitude l’objectif recherché.

Une enquête judiciaire sans poursuite

Interrogée, Canopée a répondu par l’intermédiaire de son avocat, qui a notamment demandé à connaître les sources ayant permis la réalisation de l’enquête. Dans une réponse écrite, l’association indique qu’elle ne souhaite pas commenter ces éléments dans la presse et réserve ses explications aux autorités compétentes. Elle rappelle également condamner « fermement toute violence et toute dégradation », notamment lorsqu’elles visent des engins forestiers.

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L’un des traceurs ayant été découvert par un technicien, une plainte avait été déposée et une information judiciaire ouverte par le parquet de Limoges pour participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un délit. Les investigations ont finalement été classées sans suite, aucun lien n’ayant pu être établi entre la présence des balises et d’éventuelles dégradations d’engins.

Des tensions persistantes autour de la gestion des forêts

Cette affaire intervient dans un climat déjà particulièrement tendu. Depuis plusieurs années, des professionnels de la filière forestière dénoncent une multiplication des intimidations, des dégradations de matériels et des menaces visant leurs salariés. En 2023, l’Union des coopératives forestières françaises avait notamment porté plainte après des menaces de mort proférées contre un collaborateur d’Alliance Forêts Bois lors d’un salon professionnel.

Aucun élément ne permet toutefois d’attribuer ces faits à Canopée. Les désaccords portent avant tout sur les méthodes de gestion des forêts françaises et sur l’opposition de certains collectifs aux coupes forestières menées par les professionnels.

Créée en 2018, Canopée s’est imposée en quelques années parmi les associations les plus visibles sur ces questions. L’organisation revendique une action fondée sur l’évolution des lois et des pratiques des entreprises plutôt que sur la mobilisation militante de masse. Forte de neuf salariés, elle bénéficie du soutien de plusieurs fondations françaises et internationales. Son dernier rapport financier fait état de 938 000 euros de ressources en 2024, soit une progression de 33 % sur un an.

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À propos de l’auteur
Etienne de Floirac

Etienne de Floirac

Étienne de Floirac est journaliste