Par Damián Jacubovich
- Les États arrêtent des narcotrafiquants, démantèlent des points de vente, saisissent des cargaisons et mobilisent leurs moyens policiers, judiciaires et militaires. Dans certains territoires, les homicides reculent considérablement.
- Pourtant, le commerce de stupéfiants peut se poursuivre, changer de mains ou se déplacer.
- Comment expliquer que ces résultats tangibles ne se traduisent pas nécessairement par une contraction équivalente des marchés ?
Cette question révèle une distinction fondamentale : neutraliser les acteurs d’une économie criminelle ne signifie pas nécessairement affaiblir l’économie elle-même. Tant que la demande persiste et que les conditions d’approvisionnement, de financement et de rentabilité restent favorables, de nouveaux opérateurs peuvent prendre la relève. Les effets d’une intervention sur la violence, la production ou les réseaux de distribution doivent donc être distingués de ses conséquences sur l’ensemble du marché.
Pour examiner ce décalage, nous nous intéresserons à trois situations parmi d’autres : Marseille, où les modes de distribution se diversifient ; Rosario, en Argentine, où les homicides ont fortement reculé ; et l’Afghanistan, où l’interdiction de la culture du pavot a provoqué un effondrement de la production d’opium. Ces exemples permettent d’observer différentes réponses aux interventions étatiques et d’interroger leurs effets économiques, parfois différés ou difficiles à mesurer.
Au-delà des arrestations, des saisies et des baisses de violence, comment évaluer l’impact réel de ces offensives sur le volume et la rentabilité du narcotrafic ? Et surtout, dans quelle mesure les États parviennent-ils à affaiblir durablement ces marchés, plutôt qu’à en modifier les acteurs, les circuits ou les produits ?
Le marché au-delà des trafiquants
L’arrestation d’un dirigeant criminel désorganise ses activités, interrompt des relations et peut entraîner des pertes importantes. Mais elle ne supprime pas automatiquement les clients, les circuits commerciaux, ni les bénéfices espérés par ceux qui envisagent de lui succéder. Il faut distinguer trois réalités : l’organisation, le marché sur lequel elle opère et la rentabilité de ce marché.
Le narcotrafic n’est pas une entreprise ordinaire. L’illégalité augmente les risques de saisie et d’incarcération, complique les transports et prive les acteurs de recours légaux pour faire respecter leurs contrats. Elle peut aussi créer des barrières à l’entrée et contribuer à maintenir des prix élevés. Les violences constituent parfois un instrument de concurrence ou de contrôle territorial, sans être une condition permanente de toute transaction.
Pour évaluer l’évolution du narcotrafic, il faut examiner les quantités de stupéfiants commercialisées, leurs prix et les revenus générés. La diminution des ventes ou de la consommation d’une substance, comme la cocaïne, ne signifie pas nécessairement un recul de l’ensemble du marché : une partie de la demande peut se reporter sur d’autres produits. Il faut donc mesurer ces éventuels déplacements, mais aussi distinguer le chiffre d’affaires des bénéfices réellement dégagés. Les coûts de production, de transport et de distribution, les pertes liées aux saisies et les risques encourus influencent la rentabilité des activités criminelles. Certains réseaux peuvent absorber des pertes importantes lorsque les opérations qui aboutissent restent suffisamment lucratives. Les bénéfices conservés peuvent alors financer de nouveaux circuits d’approvisionnement, la corruption ou des protections territoriales, contribuant à la continuité des activités.
Les États font face à une difficulté supplémentaire : les résultats immédiatement observables ne sont pas toujours ceux qui renseignent le mieux sur l’économie criminelle. Les arrestations, les saisies et les fermetures de points de vente sont quantifiables. Les marges, les revenus nets et les capacités de remplacement des organisations le sont beaucoup moins. Le temps court de la décision politique ne coïncide pas nécessairement avec celui de la transformation des marchés. Il existe ainsi un risque de décalage entre ce qui peut être politiquement présenté comme une victoire et ce qui constitue une transformation durable du marché. Ce décalage ne signifie pas que les résultats annoncés soient fictifs : la visibilité d’une opération et son efficacité économique relèvent de deux évaluations différentes.
Un membre d’une préfecture française m’avait un jour décrit la lutte contre le narcotrafic par une formule saisissante : « C’est comme tondre le gazon, ça repousse toujours. » Cette image évoque la succession des opérations et la capacité de nouveaux acteurs à prendre la relève. Mais elle soulève surtout une question : qu’est-ce qui permet à cette économie de se reconstituer malgré les interventions répétées des États ?
Cette capacité d’adaptation possède également une dimension géopolitique. Lorsqu’un État renforce ses contrôles sur un territoire, les réseaux criminels peuvent chercher d’autres routes, déplacer certaines activités vers des pays voisins ou faire appel à de nouveaux intermédiaires. Une opération peut ainsi réduire le trafic dans une zone tout en contribuant à son déplacement vers une autre. Mais cette réorganisation n’est ni automatique ni sans coût : elle dépend des possibilités concrètes dont disposent les organisations.
Marseille : un marché de la drogue aux circuits de distribution multiples
Marseille offre un premier terrain d’observation pour comprendre les limites d’une évaluation du narcotrafic fondée sur ses manifestations les plus visibles. Dans cette ville, les points de vente de stupéfiants installés dans l’espace public constituent une dimension importante du trafic, mais ils ne représentent pas l’ensemble des circuits de distribution.
Ces points de vente peuvent contribuer au contrôle d’un quartier, générer des nuisances et exposer les habitants à l’intimidation ou aux affrontements. Leur démantèlement peut donc améliorer concrètement la sécurité et la vie quotidienne. Reste à déterminer si les achats diminuent réellement ou s’orientent vers d’autres circuits.

L’antenne Raid de Montpellier. de Toulouse et de Marseille participe a une intervention de la Brigade des Stupefiants de Montpellier. 2018 (c) 00859562_000010
Les observations du dispositif TREND de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) décrivent, à Marseille et en Provence-Alpes-Côte d’Azur, plusieurs modalités d’approvisionnement : vente de rue, vendeurs indépendants, usagers-revendeurs et sites internet. Elles soulignent surtout l’essor, depuis 2020, des applications et messageries sécurisées utilisées pour communiquer les prix, les horaires et les promotions, ainsi que pour organiser les livraisons.
Cette diversification ne saurait être attribuée exclusivement aux opérations policières : elle s’inscrit également dans des transformations technologiques et commerciales plus larges. Elle montre néanmoins que la distribution des stupéfiants peut devenir moins dépendante des lieux de vente visibles. La fermeture d’un point de vente ne signifie donc pas nécessairement la disparition de sa clientèle, qui peut éventuellement se tourner vers la livraison ou d’autres vendeurs.
Il serait cependant tout aussi imprudent de supposer que chaque vente empêchée est intégralement remplacée. Les observations disponibles montrent une diversification des modes de distribution, sans établir d’équivalence chiffrée entre les points de vente supprimés et les transactions réalisées ailleurs. Pour déterminer si le marché se contracte réellement, il faudrait suivre l’évolution des quantités commercialisées, des prix, de la disponibilité des substances et des comportements d’achat.
Marseille illustre ainsi une difficulté centrale : une intervention peut réduire la présence visible du trafic dans l’espace public sans que l’on puisse en déduire, à elle seule, une diminution équivalente de l’activité économique du marché.
Rosario : la baisse des homicides signifie-t-elle un recul du narcotrafic ?
Rosario, grande ville portuaire argentine et carrefour logistique stratégique, constitue un exemple particulièrement révélateur des difficultés à évaluer les résultats de la lutte contre le narcotrafic. Depuis plusieurs années, la ville est confrontée à une violence alimentée notamment par les rivalités entre organisations criminelles pour le contrôle des territoires et des marchés locaux de stupéfiants. Début 2024, le conflit a pris une dimension supplémentaire : dans un contexte de durcissement des politiques de sécurité et du régime pénitentiaire, plusieurs civils ont été assassinés lors d’attaques attribuées à des groupes criminels cherchant à intimider la population et à faire pression sur les autorités.
Les gouvernements national et provincial avaient engagé une offensive sécuritaire, notamment à travers le Plan Bandera, lancé en janvier 2024. Les homicides ont ensuite fortement diminué. Selon les statistiques officielles de la province de Santa Fe, le département Rosario a enregistré 262 victimes en 2023, 92 en 2024 et 115 en 2025. Malgré la remontée de 2025, la baisse par rapport à 2023 reste considérable. Elle représente une amélioration majeure pour les habitants, même si l’importance respective des mesures de sécurité et des autres facteurs dans cette évolution demeure à établir.

Homicides à Rosario depuis 2023 : une baisse qui signifie le recul du narcotrafic ? (C) Conflits/Santa Fe.
Cette diminution constitue-t-elle pour autant un affaiblissement du narcotrafic ? La violence meurtrière et la puissance d’une organisation criminelle ne suivent pas nécessairement la même évolution. Une baisse des homicides peut traduire une perte de capacités, mais également une stabilisation des rapports de force ou une transformation des stratégies des groupes. Le contrôle de territoires, les revenus tirés des stupéfiants et les capacités de recrutement peuvent évoluer différemment du nombre de morts.
L’expérience d’autres territoires latino-américains invite à considérer une autre possibilité : celle d’une réduction de la violence résultant d’accords de non-agression entre organisations criminelles. Dans certains contextes, des arrangements explicites ou tacites avec des représentants des autorités peuvent également contribuer à limiter les affrontements tout en préservant des activités illicites. Les travaux de José Miguel Cruz et Angélica Durán-Martínez sur le Salvador et Medellín, ainsi que ceux de Chris van der Borgh et Wim Savenije sur la trêve salvadorienne de 2012, documentent de telles configurations. Ces précédents éclairent les mécanismes possibles de réduction de la violence ; ils ne constituent toutefois aucune preuve de l’existence d’arrangements comparables à Rosario.
L’enjeu est donc de déterminer ce qui a réellement changé au-delà des statistiques d’homicides. Les organisations ont-elles perdu leur emprise sur les quartiers ? Leurs capacités de financement et de recrutement ont-elles diminué ? Les volumes de stupéfiants commercialisés et les bénéfices tirés de ces activités ont-ils reculé ? Sans réponses documentées à ces questions, la réduction de la violence ne permet pas de conclure à une contraction du marché criminel. Elle demeure néanmoins un résultat essentiel pour la sécurité publique, dont la portée économique et territoriale doit être évaluée séparément.
Afghanistan : l’effondrement de la production a-t-il réduit le marché de l’héroïne ?
En avril 2022, les talibans ont interdit la culture du pavot à opium. L’effet sur la production afghane a été exceptionnel. Selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), les superficies cultivées sont passées de 232 000 hectares en 2022 à 10 200 en 2025. Pour 2025, l’ONUDC estime la production potentielle d’opium à 296 tonnes, tandis qu’Alcis avance environ 414 tonnes. Ces différences méthodologiques ne remettent pas en cause l’ampleur de la contraction.
Ce cas montre qu’une décision étatique peut bouleverser les conditions de production d’un marché illicite. Pourtant, la chute des récoltes ne s’est pas traduite immédiatement par une disparition comparable de l’héroïne sur les marchés européens. Il faut ici distinguer la production annuelle, les stocks disponibles, les flux effectivement acheminés et la consommation finale.
Selon l’Agence de l’Union européenne sur les drogues (EUDA), le maintien relatif de la disponibilité de l’héroïne en Europe s’explique notamment par les stocks d’opium accumulés, les pratiques de transformation et de dilution, ainsi que la gestion de l’offre par les réseaux. Une étude d’Alcis pour l’agence évaluait les réserves afghanes à environ 12 000 tonnes d’opium en 2025. Cette estimation modélisée ne doit pas être confondue avec un inventaire observé.
L’ajustement peut aussi être géographique. L’EUDA signale l’essor de cultures de pavot au Baloutchistan pakistanais, où l’analyse satellitaire suggère quelque 9 100 hectares en 2025, ainsi que des déplacements de compétences et d’activités depuis l’Afghanistan. La proximité de routes maritimes internationales donne à cette évolution une portée stratégique.
Au Myanmar, l’ONUDC estime les cultures de pavot à 53 100 hectares en 2025, contre 45 200 en 2024. Cette progression ne prouve pas un remplacement mécanique de la production afghane : les débouchés, les itinéraires et les contraintes régionales diffèrent.
La résistance apparente de l’approvisionnement ne garantit pas sa stabilité future. Une pénurie différée peut modifier les prix, la qualité des produits et les usages ; elle peut aussi favoriser le recours à d’autres opioïdes, notamment synthétiques, avec de nouveaux risques sanitaires. L’Afghanistan illustre donc moins l’impuissance des États que la différence entre un choc spectaculaire sur la production et ses conséquences, plus lentes et incertaines, sur les marchés de consommation.
La demande : l’un des ressorts de la résistance du narcotrafic
Les situations observées à Marseille, Rosario et en Afghanistan montrent que les interventions étatiques peuvent modifier profondément les conditions du trafic sans entraîner nécessairement une contraction équivalente des marchés. Parmi les facteurs qui expliquent cette capacité de résistance, la demande occupe une place essentielle. Tant que des consommateurs cherchent à se procurer des substances interdites, leur approvisionnement représente une possibilité de revenus pour de nouveaux opérateurs. Encore faut-il que ceux-ci puissent répondre à cette demande dans des conditions suffisamment rentables.
Mais pourquoi cette demande persiste-t-elle malgré les interdictions et les risques connus ? Les motivations de la consommation sont multiples : recherche du plaisir, sociabilité, expérimentation, désinhibition, mais aussi volonté d’atténuer une souffrance, de supporter l’angoisse ou de s’évader momentanément d’une réalité difficile. Certains usages touchent à une dimension plus profonde de l’expérience humaine : le rapport à la douleur, à la solitude, au sentiment de vide ou au désir de modifier son état de conscience. Ces motivations ne se retrouvent ni chez tous les consommateurs ni dans toutes les pratiques. Leur diversité rappelle néanmoins que la demande possède des ressorts psychologiques, sociaux et parfois existentiels que la répression des fournisseurs ne suffit pas à supprimer.
Cette diversité influence aussi les réactions aux politiques publiques. Une hausse des prix, une raréfaction des produits ou la menace d’une sanction peuvent décourager certains achats, tandis que d’autres se poursuivent, notamment lorsque la dépendance rend l’arrêt difficile. Certains consommateurs réduisent ou interrompent leur usage ; d’autres changent de fournisseur, de circuit d’approvisionnement ou de substance. Ces déplacements peuvent préserver une partie de l’activité commerciale et modifier les risques sanitaires, sans compenser nécessairement les ventes perdues. La demande n’est donc ni immuable ni uniformément sensible aux interventions de l’État.
La pénalisation de l’usage ou de la détention pour consommation personnelle pose une question distincte de la répression du trafic. Selon les pays, ces comportements relèvent de sanctions pénales, administratives ou de réponses sanitaires. La sanction peut viser à dissuader la consommation, mais son efficacité doit être appréciée à partir de ses effets réels, et non de sa seule sévérité. Elle peut également, dans certaines circonstances, éloigner des usagers des dispositifs de prévention et de soins. À l’inverse, la dépénalisation ne garantit ni une diminution de la demande ni une amélioration automatique de la situation sanitaire. Les conséquences de chaque politique dépendent de ses modalités et du contexte dans lequel elle s’applique.
Du côté de l’offre, la persistance des achats possibles entretient l’incitation à remplacer les fournisseurs neutralisés. Mais la demande ne suffit pas à assurer cette relève. Les nouveaux opérateurs doivent disposer de produits, de financements, de compétences et de circuits de distribution, tout en supportant les coûts de la clandestinité, les saisies et les risques judiciaires. Ces contraintes peuvent rendre certaines activités non rentables et provoquer une contraction du marché. Dans d’autres circonstances, les prix et les bénéfices attendus restent suffisamment élevés pour encourager la reconstitution des réseaux.
La demande constitue ainsi l’un des ressorts de la résistance du narcotrafic, aux côtés de la rentabilité, des capacités logistiques et des possibilités de réorganisation des organisations criminelles. Agir sur les consommations suppose de tenir compte de leurs motivations, de la prévention, de l’accès aux soins et du traitement des dépendances, tandis que l’action contre les réseaux vise à perturber l’approvisionnement et à augmenter les coûts du trafic. Ces politiques peuvent se renforcer, mais leurs résultats doivent être distingués : réduire les dommages sanitaires, diminuer la consommation et affaiblir l’économie criminelle ne sont pas nécessairement une seule et même chose.
Mesurer les victoires des États : que mesure-t-on réellement ?
La lutte contre le narcotrafic poursuit des objectifs distincts : protéger les populations, réduire la violence, reprendre le contrôle des territoires, démanteler les organisations criminelles, limiter la circulation des stupéfiants et prévenir les dommages sanitaires. Ces objectifs peuvent se renforcer, mais leur réalisation ne se mesure pas à l’aide des mêmes indicateurs.
Les arrestations, les saisies et les démantèlements renseignent sur l’action des autorités et sur les pertes imposées à certains opérateurs. Les statistiques d’homicides permettent d’apprécier une dimension de la sécurité publique ; les données relatives aux cultures et à la production éclairent l’évolution de l’offre. Ces résultats peuvent être majeurs sans suffire à établir ce qui advient du marché dans son ensemble.
Pour évaluer celui-ci, il faut suivre autant que possible les quantités effectivement commercialisées, les prix, la disponibilité et la composition des substances, ainsi que les comportements de consommation. Il faut également préciser le périmètre observé : une substance, un territoire ou plusieurs marchés considérés ensemble. Une diminution de l’activité dans un segment peut s’accompagner de déplacements vers d’autres produits ou d’autres circuits, sans que ces substitutions soient automatiques ni nécessairement complètes.
Une autre distinction concerne le volume des ventes, leur valeur et les bénéfices générés. Des quantités plus faibles peuvent être vendues à des prix plus élevés ; à l’inverse, des transactions maintenues peuvent devenir moins rentables lorsque les coûts de production, de transport et de distribution augmentent. Les profits restent particulièrement difficiles à estimer dans une économie clandestine, et les indicateurs disponibles n’en offrent souvent qu’une représentation partielle.
La difficulté est donc autant conceptuelle que statistique : savoir précisément quel résultat est établi, à quelle échelle et avec quel degré d’incertitude. C’est à cette condition que les succès de l’action publique peuvent être reconnus pour ce qu’ils sont, sans leur attribuer des conséquences économiques qui restent à démontrer.
Sources principales
OFDT, TREND Marseille et PACA, observations 2025 (publication 2026) : https://www.ofdt.fr/publication/2026/substances-psychoactives-usagers-et-marches-tendances-recentes-marseille-et-en
Observatorio de Seguridad Pública de Santa Fe, Informe anual de homicidios 2025 : https://www.santafe.gob.ar/ms/osp/wp-content/uploads/sites/46/2026/01/25.12-Informe-Anual-HOMICIDIOS-2025.pdf
EUDA, European Drug Report 2026, « Heroin and other opioids » : https://www.euda.europa.eu/publications/european-drug-report/2026/heroin-and-other-opioids_en
ONUDC, Myanmar Opium Survey 2025 : https://www.unodc.org/documents/crop-monitoring/Myanmar/Myanmar_Opium_Survey_2025.pdf
Cruz, José Miguel et Durán-Martínez, Angélica (2016), « Hiding violence to deal with the state: Criminal pacts in El Salvador and Medellin », Journal of Peace Research, 53(2), 197-210 : https://doi.org/10.1177/0022343315626239
Van der Borgh, Chris et Savenije, Wim (2019), « The Politics of Violence Reduction: Making and Unmaking the Salvadorean Gang Truce », Journal of Latin American Studies, 51(4), 905-928 : https://doi.org/10.1017/S0022216X19000890












