Congo : l’épidémie d’Ebola franchit le cap des 2 000 morts

12 août 2026

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Photo : Congo (c) Conflits

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Congo : l’épidémie d’Ebola franchit le cap des 2 000 morts

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  • L’épidémie d’Ebola qui progresse à une vitesse inédite en République démocratique du Congo a fait plus de 2 000 morts.

  • La flambée se rapproche de celle de 2018-2020, la plus meurtrière de l’histoire du pays, sans avoir encore atteint son pic.

  • Insécurité, défiance de la population et coordination défaillante compliquent une riposte jugée « lente et inefficace ».

Par Camille Laffont, Kinshasa (AFP)

L’épidémie d’Ebola qui progresse à une vitesse inédite en République démocratique du Congo (RDC) a fait plus de 2 000 morts et se rapproche ainsi de celle de 2018-2020, la plus meurtrière de l’histoire du pays.

La RDC a déclaré le 15 mai, avec plusieurs semaines de retard, sa 17e épidémie d’Ebola, déjà considérée comme la plus importante de son histoire et susceptible de « devenir la plus grande jamais enregistrée dans le monde », selon Sania Nishtar, directrice de l’Alliance du vaccin Gavi.

Le dernier bilan publié par les autorités sanitaires congolaises mardi fait état de 2 011 décès, sur 4 381 cas confirmés. Le cap des 1 000 décès avait été dépassé le 22 juillet. La flambée la plus meurtrière connue par le pays avait fait près de 2 300 morts pour 3 500 malades recensés entre 2018 et 2020.

Partie de la province de l’Ituri (nord-est), l’épidémie actuelle se propage « plus rapidement que toutes les épidémies précédentes », selon l’OMS. Elle sévit désormais dans plusieurs provinces du nord-est et de l’est, des régions densément peuplées où la présence de l’État est fragile et les infrastructures de santé largement démunies. Le taux de mortalité de cette flambée est estimé à 45,9 % par les autorités sanitaires congolaises.

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« Pas encore le pic »

« Nous n’avons pas encore atteint le pic », a déclaré le ministre de la Santé congolais Samuel Roger Kamba dans une interview retransmise sur X par son ministère mardi. « Dans les trois mois qui viennent, on pense qu’on aura déjà maîtrisé la progression et qu’on va commencer à voir la diminution » du nombre de cas, a-t-il affirmé.

Néanmoins, l’insécurité entretenue par des groupes armés et la défiance de la population compliquent la riposte dans les provinces affectées par l’épidémie. « Nous ne voyons que 30 % des personnes, tandis que 70 % des personnes meurent chez elles », a assuré lundi Mohamed Yakub Janabi, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, lors d’une conférence de presse à Bunia, capitale de l’Ituri. « C’est pour cela que cette épidémie d’Ebola est différente », a-t-il estimé.

« Nous ne voyons que 30 % des personnes, tandis que 70 % des personnes meurent chez elles. »

La riposte « est lente et inefficace », a estimé le virologue congolais et co-découvreur du virus Ebola, Jean-Jacques Muyembe, dans un entretien accordé au journal français Le Monde mardi. « Il y a un problème interne, au niveau de la coordination nationale de la riposte », et « chacun a voulu montrer qu’il faisait quelque chose sans que les choses aient été réellement organisées », a-t-il ajouté.

« La riposte est lente et inefficace. »

Vaccins à l’essai

Les experts de l’OMS ont recommandé vendredi d’évaluer dans un essai clinique le vaccin Ervebo, seul vaccin homologué contre Ebola, faute de vaccin spécifique contre le variant Bundibugyo qui sévit actuellement en RDC. Le chef de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a salué sur X des « bonnes nouvelles ».

Selon les experts de l’OMS, les nombreuses données déjà disponibles, notamment sur la sécurité du vaccin Ervebo, permettent d’envisager une évaluation directement en phase 3, une étape généralement menée à grande échelle auprès de milliers de personnes.

Des doses d’Ervebo provenant du stock mondial de vaccins contre Ebola, créé et financé par l’Alliance du vaccin Gavi, devraient être mises à disposition pour soutenir les essais cliniques, a indiqué l’organisation dans un communiqué publié après celui de l’OMS. Ce stock mondial de l’Ervebo, qui est produit par le laboratoire pharmaceutique américain Merck, compte environ 500 000 doses, dont certaines sont conservées en permanence en RDC en raison de la fréquence des épidémies dans le pays, a détaillé Gavi. Créée en 2000, l’organisation Gavi réunit des donateurs publics et privés afin d’aider les pays en développement à se procurer des vaccins à des prix abordables.

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Le Canada a par ailleurs autorisé le géant pharmaceutique américain Moderna à lancer des essais cliniques pour son vaccin contre Bundibugyo. Deux autres candidats sont également en développement : le vaccin « rVSV Bundibugyo », présenté par l’OMS comme « le plus prometteur » et développé par Hilleman Laboratories, et un vaccin de l’université d’Oxford, dont le premier volontaire a reçu une dose fin juillet.

Les États-Unis ont annoncé mercredi avoir alloué plus de 242 millions de dollars supplémentaires pour lutter contre l’épidémie d’Ebola en RDC.

Ebola, qui se transmet par contact avec les fluides corporels et provoque une fièvre hémorragique, a tué plus de 15 000 personnes en Afrique au cours des 50 dernières années. Selon une étude publiée dans la revue Nature Medicine lundi, la flambée actuelle pourrait être due à une transmission de l’animal à l’homme, plutôt qu’à « une résurgence de variants précédemment identifiés ».

Lire aussi : Congo RDC : l’énorme impasse

© Agence France-Presse

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